Le bon départ

Elle est sur le pas de la porte, les joues roses, les yeux embrumés de larmes, avec un petit sourire mêlé d’émotion, de tristesse, de tendresse. Malgré tout, on sent aussi l’excitation en elle. Je la serre dans mes bras une dernière fois. L’émotion m’étreint, moi aussi. Je voudrais lui dire des mots, tous ces mots que ne lui dirai pas, car comme si souvent, ils restent prisonniers au fond de ma gorge.  Pourtant, je ne suis pas trop triste ce soir, car je sais que ce départ-ci, c’est le bon, qu’elle part pour une destination qu’elle a choisi librement, après mûre réflexion, pour y vivre l’expérience qu’elle a longtemps attendu : retourner aux Etats-Unis, revivre une année là-bas, retrouver les sensations de « l’American way of life » et ses valeurs qu’elle a fait siennes. Et puis, elle ne part pas seule, cette fois. Son fiancé l’accompagne. Il a quitté son job de sommelier en France pour partir avec elle vivre cette grande aventure. J’ai confiance en eux. C’est un gros challenge qui les attend tous les deux, mais justement ils sont deux pour le relever, ils pourront se soutenir mutuellement. Et ils ont l’exaltation de leur jeunesse. Continue Reading

Et de cent ! Youpie !!

Et oui, voici donc ma centième chronique sur « Namasté Delhi ». J’ai pris un jour de congé aujourd’hui, tout spécialement pour rédiger ce billet. C’est une bonne manière de célébrer l’événement, n’est-ce pas ? Il était temps me direz-vous … C’est vrai que je n’ai pas été très prolixe ces derniers temps. Mais j’ai des excuses. Je suis passé par une période de forte turbulence, question santé, dont les péripéties que je racontais dans ma précédente chronique n’étaient que les prémisses. Je vous relaterai tout cela un jour, peut-être, mais en tous cas, je vous rassure : ça va beaucoup mieux. Je pense même que le bout du tunnel est enfin en vue.

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Qui c’est? C’est le plombier! *

Il y a quelques jours, j’ai traversé la salle d’attente du 4ème étage de l’Apollo Hospital de Delhi les fesses à l’air.

Si, si je vous assure ! D’ailleurs, si vous ne me croyez pas, regardez la photo ci-contre : ne suis-je pas resplendissant dans le pyjama très seyant que l’on m’avait fait endosser ? Ce modèle me mettait très en valeur, je trouve. Et ce grand trou béant, découvrant mon auguste postérieur, n’est-il pas du plus bel effet ? En tous cas, je ne suis pas passé inaperçu, croyez-moi… Mais vous vous demandez sûrement ce que je faisais dans un tel appareil, n’est-ce pas ?

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T’étais pas un saint, Papa !

T’étais pas un saint, Papa. Je me souviens quand nous étions gosses et que tu nous enfumais tous les trois avec tes cigarillos nauséabonds, à l’arrière de la voiture, les vitres fermées … Tu parles d’un égoïste ! Et grognon comme pas deux. Tu râlais pour un oui ou pour un non, et même parfois pour moins que cela. Sans qu’on comprenne pourquoi, et sans un mot d’explication, on était partis pour trois jours avec l’image et sans le son ! Et maniaque avec cela : les rares fois où tu me prêtais la voiture – la petite Polo verte – si j’avais le malheur de laisser quelque chose traîner, c’était la toute grosse engueulade ! Et puis têtu comme une mule ! Quand t’avais une idée en tête, on pouvait toujours danser sur la tête  pour te faire changer d’avis …  Autant pisser dans un violon ! Curieux comme une fouine, aussi. Les soirs où je sortais, je savais que le lendemain, j’étais bon pour l’interrogatoire en règle : « Avec qui j’étais, et où j’étais allé, et ce que qu’on avait fait … Et patati et patata ! » C’était l’inquisition… Et puis, t’avais tes têtes ! Quand t’avais pris quelqu’un en grippe, tu ne savais vraiment pas le cacher… Continue Reading

Oops… We did it again !!

Certains parmi vous se souviendront peut-être de ce nouvel an 2007 resté dans les annales, où nous avions failli bouter le feu à notre cottage de Kingwood, au Texas, par la faute d’une « star ball contribution » qui avait malencon-treusement terminé sa course folle dans la gouttière du toit de notre maison. Pour vous rafraichir la mémoire, je vous renvoie à la chronique que j’avais consacrée à cet incident:

 http://houstonbayous.wordpress.com/2007/01/01/2007-commence-dans-les-flammes-a-kingwood/

Cette fois, c’est sur l’île paradisiaque de Bali, en Indonésie, que la même mésaventure a bien failli nous arriver. Nous y avions loué une magnifique villa avec piscine et jardin tropical dans la charmante petite ville d’Ubud, foyer artistique et culturel de Bali, niché en plein centre de l’ile, dans un écrin de verdure composée de rizières et de forêts tropicales, loin des plages et des boites de nuits bruyantes de la côte. Continue Reading

Il est venu !

Je parle de Saint-Nicolas, bien sûr ! Il est même venu un jour à l’avance à Delhi. Normal ! Nous habitons quand même assez loin,  et nous ne voulions surtout  pas le mettre en retard pour tous les petits enfants belges et hollandais. Donc nous lui avons demandé gentiment de passer chez nous un jour plus tôt. Du coup, Luna et Tom ont été un peu pris par surprise pour leur dessin, car il était évidemment hors de question de ne pas déposer un petit dessin pour Saint-Nicolas près de leur pantoufle. Comme vous pouvez le voir ci-contre, Luna n’a pas vraiment fignolé son oeuvre, mais elle a quand même pris la peine d’écrire un petit mot d’excuse au verso. Des fois que Saint-Nicolas aurait été fâché… Je vous livre le texte ci-dessous in extenso : Continue Reading

Souvenirs, souvenirs …

C’est le long week-end du Thanksgiving qui commence aujourd’hui. Comme vous voyez, nous sommes en Inde, mais nous continuons à vivre au rythme du calendrier américain, école oblige… Bref ! J’en ai donc profité pour faire un peu de classement et de rangement. Et devinez ce que j’ai retrouvé ? Le petit texte que Julie avait lu lors du baptême de Luna à l’Eglise d’Uccle. C’était en juin 2001. Il y a déjà presque 10 ans. Émotions …

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« Windia » : L’Inde qui gagne …

Elle nous a vraiment fait plaisir cette Inde-là, celle qui gagne, qui rayonne du bonheur et de la fierté retrouvés. Pendant les quinze premiers jours d’octobre, des dizaines de milliers de cœurs ont vibré de concert dans les stades de Delhi. Nous étions de la partie, Catherine, Tom, Luna et moi, à partager ces grands moments de joie, Indiens de cœur parmi les Indiens, entraînés par la foule qui s’enflammait des exploits de ses athlètes.

Je sais que cela fait déjà un petit bout de temps que je vous rebats les oreilles avec les Jeux du Commonwealth, et je vous promets que ce sera la dernière fois. Mais à la suite de ma précédente chronique aux accents apocalyptiques, il me semble que je vous devais bien un petit update …

Donc voilà, nous en étions restés, si vous vous souvenez bien, à un scénario catastrophe.  À 7 jours de l’inauguration des Jeux, une passerelle métallique venait de s’effondrer, les infrastructures sportives apparaissaient largement inadaptées, la ville n’était qu’un immense chantier inachevé, les premières délégations qui étaient arrivées avaient refusé de s’installer dans « le village des jeux » jugé insalubre, une épidémie de fièvre dingue couvait, des terroristes d’Al-Qaeda faisaient planer de lourdes menaces sur la sécurité et, par dessus le marché, les pluies diluviennes de la mousson semblaient ne jamais devoir s’arrêter.  Franchement dit, cela s’annonçait mal… Continue Reading

Oups !

Plus que sept fois dormir avant le grand jour : celui de l’inauguration des jeux du Commonwealth à New Delhi ! Malheureu-sement, les choses ne se présentent pas vraiment au mieux; c’est un euphémisme. J’avais déjà évoqué précédemment la question dans ma chronique Six mois pour sauver Delhi. A ce moment, on se disait que, comme souvent en Inde, tout finirait par rentrer dans l’ordre à la dernière minute. Mais depuis lors, il faut bien dire que les choses se sont sérieusement dégradées. Le dernier gros incident en date : une passerelle en construction de 100 mètres de long, surplombant une voie expresse, et destinée à permettre aux spectateurs de gagner, depuis les parkings, le stade Jawaharlal Nehru flambant neuf, s’est effondrée de tout son long (voir la photo ci-dessus). Un des piliers de support a lâché et patatras ! Franchement dit, cela fait un peu désordre. «Oups !» s’est écrié l’ingénieur en Chef du  Département des Travaux Publics de la Municipalité de Delhi (ou plutôt «Ooops !» car il l’a dit en anglais), ajoutant immédiatement devant les caméras de télévision qu’il s’agissait, certes, d’un contretemps, mais au fond, rien de vraiment grave. D’après lui, la passerelle sera réparée bien avant l’ouverture des jeux. Quant au Ministre du Développement urbain, il a exprimé sa totale confiance que les jeux se dérouleront sans autre incident. Bah ! S’ils le disent, c’est surement vrai, n’est-ce pas ? Et après tout, il n’y a eu que 27 blessés, des ouvriers pour la plupart. Pas la peine d’en faire tout un plat, surtout que si la passerelle est tombée, c’est sûrement leur faute à ces fainéants qui ne pensent qu’à faire grève pour un oui ou pour un non. Ils n’ont qu’à apprendre leur métier, et la joie du labeur accompli, tous ces bons à rien. Non, mais sans blague … Continue Reading

Confidences de Tom, en direct de la route du Tour …

Calfeutré à l’abri du vent derrière sa grande carcasse, je tente de reprendre mon souffle. Cela faisait  bien dix kilomètres que je roulais devant. Cette route en faux plat, vers Sisteron (Haute provence), n’en finit pas. Si ça continue nous allons rater le départ de la 11ème étape du Tour de France ! Il est loin le temps de mes « exploits » cyclistes… Cela me fait tout drôle de me retrouver ainsi, à vélo, avec mon fils. Les derniers kilomètres sont les plus durs ; la pente est rude sur la fin, nous avons le vent de face et mon petit Tom n’en peut plus. Enfin … “petit”, c’est une façon de parler, bien sûr ! Il n’a que 16 ans mais a déjà une demi tête de plus que moi.  Il a poussé comme cela, tout d’un coup, sur ses 14 ans, peu après notre arrivée en Inde. Maintenant, il me regarde de haut, avec un petit air supérieur, vaguement condescendent. Je suis devenu “son petit Papa” … Mais, aujourd’hui, “son petit Papa” est en train de lui donner une sacrée leçon de vélo. Le “vieux” a encore de bons restes, dirait-on… Continue Reading

Voyage avec ma cousine

La chemise détrempée et collée à la peau, je me déleste enfin de nos valises devant le comptoir d’enregistrement de la compagnie SpiceJet. Mes mains sont en sang. Je suffoque dans la fournaise du petit aéroport de Khajurâho, dans l’état de Madhya Pradesh. Derrière moi, j’entends une voix familière soupirer : « Oh ! Je vois tout en noir, avec des étoiles ! ».

 L’employée de SpiceJet s’est levée comme un seul homme de derrière son comptoir. A sa mine effarée, je devine que quelque chose vient de se produire. Allons, bon ! Qu’est-ce qui lui arrive à ma cousine ? Je me retourne, et la découvre affalée sur le sol.  Autour d’elle, c’est l’effervescence. Deux jeunes touristes espagnoles se sont précipitées pour la relever. Mais ma petite Catherine les a précédées et les rassure d’un geste posé, genre : « Laissez-moi faire, j’en ai vu d‘autres! ». Elle a empoigné les chevilles de ma chère cousine et les tient aussi haut que possible. « Respire, respire », lui dit-elle ! Ma cousine a les yeux quasiment révulsés, elle est blanche comme un linceul et respire fébrilement comme une femme prête à accoucher. « Merde, elle n’est quand même pas enceinte ? », me dis-je in petto ! Mais non, je suis bête ! Avec elle, on peut s’attendre à tout, ou presque, mais tout de même …   Continue Reading

Six mois pour sauver Delhi

Delhi 2010Dans six mois, Delhi accueillera les 19èmes jeux du Commonwealth. Pas  de quoi fouetter un chat, me direz-vous ? D’accord, ce ne sont pas les J.O. ni l’expo universelle, mais, croyez-moi, ici on prend cela très au sérieux. Car il s’agit pour la capitale indienne de ne pas rater sa chance de se profiler sur la scène internationale. Conséquence, la ville n’est plus qu’un immense chantier, un véritable enfer pour les malheureux résidents que nous sommes. Nombreux sont ceux qui doutent que les infrastructures sportives, hôtelières et de transport seront prêtes à temps. Mais il y a plus grave: la grosse angoisse viendrait surtout du côté des mauvaises manières des habitants. On craint le pire lorsque des dizaines de milliers de supporters et d’athlètes internationaux vont débarquer à Delhi et constater l’ampleur du désastre. Une « task force » (c’est le mot à la mode actuellement …) a donc été constituée au sein de la Commission de Préparation des Jeux pour identifier les problèmes et tenter d’y remédier. Six mois pour sauver Delhi; six mois pour éduquer sa population …C’est pas gagné, croyez-moi …

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Le Grand Dérangement

J’ai été malade comme un chien. Le genre d’infection bactérienne qui vous retourne les tripes à l’envers comme une vulgaire chaussette et vous laisse livide au bout d’une nuit interminable. L’aube s’était levée sur ma déconfiture. Mon corps tout entier n’était que souffrance. Pas un organe qui ne soit douloureux.  Mais, pas de doute à ce sujet, la racine du mal provenait de mon estomac. En fait, mon estomac était partout en moi: il semblait avoir pris possession de mon corps, de la racine de mes cheveux jusqu’au bout de mes orteils. Je n’étais plus qu’un énorme estomac tout douloureux. Je voulais mourir, et, de préférence, le plus rapidement  possible. Mais mon agonie semblait ne pas devoir finir. Je passais en revue pour la centième fois les aliments ingérés la veille, cherchant parmi eux celui qui aurait bien pu être la cause de mon supplice. En vain, bien sûr, car je n’avais rien mangé de vraiment spécial et j’étais le seul malade de la famille. En fait, la solution tenait en deux mots : « Delhi Belly » (littéralement : « le ventre de Delhi ») … Tout le monde ici en est frappé à intervalle régulier, quelles que soient les précautions que l’on prenne en matière d’hygiène alimentaire. Delhi est un vrai bouillon de culture à ciel ouvert ! Continue Reading

Surmenage à Golconde

golconde bob moraneJe viens de passer une nuit à Hyderabad, capitale de l’Etat d’Andhra Pradesh. Un voyage éclair. Départ de Delhi le dimanche soir, retour dans la soirée du lundi. Tout s’est décidé très vite. Un rendez-vous avec un homme d’affaires indien que j’essayais de décrocher depuis longtemps et une conférence sur le thème des startups technologiques à laquelle j’avais été invité.

 Ce qu’il y a de plus extraordinaire à Hyderabad, c’est sans doute son aéroport. Écrin blanc ultra moderne, surgi de nulle part … Mais il a été conçu à l’indienne. La planification n’est pas leur fort, c’est bien connu. Le gars de l’hôtel qui est venu me prendre sur le coup de 10 heures du soir, m’annonce que les parkings sont situés à 10 bonnes minutes de marche. Il me demande donc de patienter le temps qu’il ramène la voiture  En pestant, je poireaute dans la chaleur étouffante de la nuit tropicale en regardant les taxis qui embarquent des passagers devant moi. Mauvaise idée que j’ai eue de réserver la voiture de hôtel, je serais déjà en route depuis longtemps si j’avais pris un taxi. Pour tromper mon attente, je téléphone à Catherine pour la rassurer que je suis bien arrivé.

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Les bougies sont en berne à Delhi

Bougies en berne à Delhi

Et oui, comme vous pouvez  vous en rendre compte sur la photo ci-contre, les bougies sont en berne à Delhi ! Et ne croyez surtout pas que ce soit à cause de la mort inopinée [1] de ce pauvre Michael Jackson.

Non, en fait, c’est la canicule qui est en cause. Comme vous pouvez voir sur les gros plans en bas de page, ce serait comme qui dirait la bérézina question bougies … C’est la musaraigne [2] qui va être tristounette en découvrant la scène (NB : les photos sont celles du meuble bibliothèque de la chambre de Julie, qui est pourtant la plus fraîche de la maison). Figurez-vous qu’il fait 48° à l’ombre au moment où j’écris ces lignes, et qu’on nous en annonce 50 pour demain.

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Nirvana au-dessus du Gange

trident-de-shiva-et-poudre-de-sindurVoici donc, comme promis la suite de nos aventures du mois de novembre dernier dans l’état d’Uttarakhand, au nord est de Delhi.

J’avais quitté le camp King Elephant de Rajaji avec un sentiment mêlé de crainte et d’excitation. Certes, l’aventurier qui sommeille en moi est toujours à l’affut de découvertes pétillantes qui feront la joie de mes lecteurs assidus; mais dans le même temps, j’appréhendais la suite. Nous avions mis le cap sur « l’Himalayan River Runners Camp » où j’allais devoir affronter les eaux tumultueuses du Gange en rafting et ensuite passer la nuit sous tente, sur les berges du fleuve.

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Helly Holi !

holi-mars-2009Le temps file … je n’ai pas eu une minute depuis le mois dernier pour me mettre à ma plume (enfin …je veux dire mon clavier !) et terminer enfin l’histoire de notre petit week-end zen (?) à Rishikesh. Mais j’y pense souvent, rassurez-vous, et sachez que vous ne perdez rien pour attendre !

Entre temps, et pour vous aider à patienter, voici une petite séquence vidéo amusante : « Helly Holi », une production “Namaste Delhi”, en exclusivité, rien que pour vous ! Petits veinards, va !

Vous allez en voir de toutes les couleurs …

:-)

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Pas de chichis à Rajaji

Camp King Elephant

J’avais besoin de souffler, de faire un break, de prendre quelques jours de repos. Le hasard faisant bien les choses, j’avais justement reçu une publicité alléchante dans ma boîte à mail. Je la reprends ici pour que vous puissiez vous rendre compte par vous même. On y parlait de week-end paresseux, de safari-aventures, de promenades dans la nature, de descente du Gange en rafting, d’initiation au yoga. Tout ça ! Cela avait vraiment l’air super. Les enfants avaient quatre jours de congés pour Thanksgiving, notre décision avait été vite prise. Adieu le smog, la grisaille, le stress et le chaos de Delhi, et à nous la petite retraite parfaite pour nous revitaliser : trois jours d’aventures dans le parc national de Rajaji, un jour et une nuit sous la tente le long des berges du Gange, et en prime un petite visite découverte de Rishikesh, la capitale indienne du yoga et des babas cools. La combinaison parfaite : aventures et exotisme, relaxation et spiritualité, bref, le meilleur de l’Inde à portée de main, et tout cela à un prix très raisonnable. Nous aurions eu tort de nous gêner.

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Luna : Je voudrais être blonde et avoir des poils

luna-16-nov-2008A la demande générale, nous avons décidé de renouer avec une vieille habitude : l’interview des enfants, et dans le cas présent, de la benjamine de la famille : Luna. Surtout qu’elle a de grandes choses à nous raconter : elle était, en effet, parmi les 5 enfants qui ont eu l’immense honneur d’accueillir le roi Albert II et la reine Paola à leur arrivée à l’Ambassade belge à New Delhi, le 5 novembre dernier.

Alors, vite, ne boudons pas notre plaisir et, sans plus attendre, recueillons de notre chère petite Luna le témoignage de ces instants de pur bonheur et de grand honneur.

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Terreur à Bombay

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Lorsque j’avais posté sur ce blog, quelques semaines plus tôt, la chronique humoristique de mes tribulations dans la capitale économique indienne, j’étais bien loin d’imaginer que les lieux que j’y décrivais allaient devenir le théâtre sanglant de l’un des épisodes les plus dramatiques de l’histoire indienne post indépendance. En effet, en ce 26 novembre 2008 le Taj Mahal, hôtel mythique s’il en est, ainsi qu’une demi douzaine d’autre lieux symboliques de Bombay était pris d’assaut par un groupe d’une dizaine de « fous de dieu » résolus à y  perpétrer un carnage démentiel au prix de leur vie. Venus par la mer, ils avaient débarqués quelques minutes plus tôt à bord de canots à moteurs à la « Porte des Indes », la fameuse Gateway of India, celle la-même que j’avais retenue comme symbole pour ma précédente chronique (cf. la photo ci-dessous). Durant trois jours, cette poignée de fanatiques ont tenu les forces de l’ordre en échec et semé la terreur et la désolation le long de leur mortelle randonnée.

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Fast Pass in Mumbai

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Quand j’étais jeune, je rêvais d’aller un jour à Bombay. Un peu à l’étroit dans ma petite Belgique, je voyageais par personne interposée au travers des aventures de mes héros d’enfance et d’adolescence : Tintin, Bob Morane, Indiana Jones, San Antonio et bien d’autres encore. Je rêvais d’exotisme, d’aventures, de jeunes filles au teint hâlé, de senteurs d’orients et de parfums poivrés …. Hong Kong, Bangkok, Singapour, Shanghai, Tokyo. La seule évocation de ces noms me transportait instantanément dans le monde du rêve. Bombay y figurait aussi en bonne place. Peut-être à cause du « Bombay Dry Gin », dont j’avais fait l’une de mes boissons favorites au temps de mes guindailles estudiantines… Sans doute aussi à cause des frasques, du clinquant et des paillettes de Bollywood.

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Ensemble, c’est tout …

Julie est assise en tailleur sur le divan lit de notre petit chalet de vacances à Malmédy. Je l’observe en silence depuis la cuisine. Elle est occupée à trier des timbres, les glisse minutieusement et précautionneusement dans des pochettes répertoriées par pays. Elle doit en avoir plusieurs milliers à présent. Comme elle les classe non seulement par pays, mais aussi par genre et par année, cela n’en finit jamais. C’est un éternel recommencement. Cela me rendrait fou. Mais pas elle, au contraire. Il se dégage d’elle un calme intense et une profonde sérénité, elle fait penser à un yogi en pleine séance de méditation. Elle est toute appliquée à ce qu’elle fait, mais je sais qu’en même temps son esprit est libre. La télévision est allumée, elle la regarde furtivement sans pour autant que sa concentration sur son ouvrage n’en souffre le moins du monde. Et je sais qu’en ce moment ses pensées vagabondent quelque part entre ciel et terre … Continue Reading

Une larme sur la joue du temps

Je restais silencieux, assis à l’avant de la voiture, à côté du chauffeur, perdu dans mes pensées. Je me régalais d’avance du bonheur qui nous attendait au bout des trois heures de route qui séparaient Delhi d’Agra : au bout, il y avait le Taj Mahal, la huitième merveille du monde, le mausolée le plus célèbre de notre bonne vieille terre. Mon guide touristique fourmillait de détails et de statistiques les plus incroyables sur cette construction phénoménale : les travaux avaient duré pendant  22 ans et il avait fallu pas moins de 20.000 ouvriers et maîtres artisans venus de Perse, de l’Empire Ottoman et même d’Europe pour le réaliser. Deux mille tonnes de marbre blanc transportés à dos d’éléphants et 465 kilos d’or pur avaient été nécessaires à sa construction … Continue Reading

Holi Delhi !

Holi DelhiEt voilà ! On vient de passer notre premier festival en Inde. « Holi », c’est la fête du printemps, le jour où les Indiens, d’habitude plutôt austères et conservateurs dans leurs comportements sociaux, se relâchent un peu.

Le nom Holi vient de la méchante Holika, qui voulait bruler vif le valeureux prince Prahad. Mais ce jour là, on célèbre surtout ce petit farceur de Krishna qui s’amusait comme un petit fou à jouer des blagues à sa copine Radha, en lui piquant ses vêtements quant elle se baignait dans la rivière aves ses amies les Gopis (laitières) ou, encore plus drôle, en lui ravageant ses vêtements avec de la poudre colorée. C’est pourquoi ce jour-là, les Indiens s’amusent à s’asperger mutuellement d’eau colorée et se jettent à la figure des poudres aux couleurs vives. Inutile de dire que ce n’est pas le jour pour sortir dans la rue avec son plus beau sari ni en costume Armani …

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Déforestation massive à Delhi

move-007.jpgLe jeudi 8 février 2008, nous sommes à nouveau dans l’attente. Mais, cette fois, je ne suis pas seul dans l’appartement. Ma douce et tendre est avec moi et nous attendons notre conteneur. Youpie ! Après trois mois, ce n’est pas trop tôt ! A 9h30, on sonne à la porte. C’est Tej, notre chauffeur, qui vient nous informer que le camion est bloqué à quelques kilomètres d’ici, en raison de l’étroitesse des ruelles. Il faut que je me rende sur place pour assister à l’opération d’ouverture des scellés. Tej m’y conduit, et au détour d’un virage, je découvre le semi remorque immense, rangé sur le bas-côté d’une ruelle, immobile et inerte, tel une baleine échouée sur une plage. Je l’inspecte rapidement, il a l’air en bon état. Les lettres blanches « Evergreen » tranchent sur le vert éclatant. On m’informe qu’ils vont essayer de progresser encore, apparemment ils auraient découvert une voie d’accès pour se rapprocher de notre appartement. L’immense bahut se met en branle et progresse lentement. D’énormes branches basses entravent le passage, mais elles sont brisées nettes par le mastodonte, aussi facilement que s’il s’agissait de fétus de paille. Un coup d’œil derrière nous, et je constate l’hécatombe. C’est la désolation : des feuilles en pagaille, des branches arrachées jonchent le sol. Un vrai désastre… Continue Reading

Les joies de l’installation

appartement Delhi

Trois semaines plus tard, je fais les cent pas dans mon grand appartement vide. D’ici deux ou trois jours, je devrai quitter ma chambre d’hôtel et emménager pour de bon, avec le strict minimum : quelques meubles loués pour deux mois, le temps que notre conteneur arrive. Justement, les meubles loués doivent arriver cet après-midi, de même que les quelques appareils électroménagers que j’ai achetés, les installateurs de Dish-TV et d’internet. En homme bien organisé, j’ai tout prévu, tout calculé, pour que tout soit réglé en une après-midi. Tous mes gens doivent arriver entre trois heures et trois heures trente. Avec un peu de chance, tout devrait être fini pour six heures du soir.

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