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	<title>NAMASTE DELHI &#187; Cartes postales de vacances</title>
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	<description>Le blog de la famille Muller de New Delhi</description>
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		<title>NAMASTE DELHI &#187; Cartes postales de vacances</title>
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		<title>Nirvana au-dessus du Gange</title>
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		<pubDate>Fri, 01 May 2009 12:40:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voici donc, comme promis la suite de nos aventures du mois de novembre dernier dans l’état d’Uttarakhand, au nord est de Delhi.
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/trident-de-shiva-et-poudre-de-sindur.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-580" title="Trident de Shiva et Poudre de Sindur" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/trident-de-shiva-et-poudre-de-sindur.jpg?w=200&#038;h=355" alt="trident-de-shiva-et-poudre-de-sindur" width="200" height="355" /></a>Voici donc, comme promis la suite de nos aventures du mois de novembre dernier dans l’état d’Uttarakhand, au nord est de Delhi.</p>
<p style="text-align:justify;">J’avais quitté le camp King Elephant de Rajaji avec un sentiment mêlé de crainte et d’excitation. Certes, l’aventurier qui sommeille en moi est toujours à l’affut de découvertes pétillantes qui feront la joie de mes lecteurs assidus; mais dans le même temps, j’appréhendais la suite. Nous avions mis le cap sur « l’Himalayan River Runners Camp » où j’allais devoir affronter les eaux tumultueuses du Gange en rafting et ensuite passer la nuit sous tente, sur les berges du fleuve.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-575"></span></p>
<p style="text-align:justify;">A dire vrai, je n’étais pas extraordinairement emballé, ni par l’un ni par l’autre. Mon unique et précédente expérience sur un engin flottant, une rame à la main, avait été la descente de la rivière Netchès en canoë dans l’est de l’état du Texas. Nous y avions frôlé la catastrophe. J’avais perdu dans l’aventure une vieille paire de chaussures et une bonne dose d’amour propre. Si vous n’avez pas encore lu le récit épique de cette épopée, précipitez-vous sur la chronique <a href="http://houstonbayous.wordpress.com/2006/08/12/big-thicket-pour-laventure/">Big Thicket pour l’aventure</a> dès la fin du présent récit. Vous ne le regretterez pas.</p>
<p style="text-align:justify;">C’était également ma seconde expérience en 49 ans pour ce qui était de passer une nuit sous tente. La première fois, j’en avais 28 de moins, c’était au moment ou je courtisais ma douce et tendre, et j’étais prêt à tout pour me rapprocher d’elle, y compris planter une tente près de l’endroit où la Belle, alors âgée de 15 ans, dormait en caravane, caressant le fol espoir de baisers échangés à la sauvette, à l’insu de ses parents (NB : c’est du moins ce que je pensais, car j’appris plus tard que mes beaux-parents étaient beaucoup moins naïfs que je ne l’avais imaginé, qu’ils avaient parfaitement repéré mon manège et s’en étaient d’ailleurs beaucoup amusés). Bref ! la nuit blanche que j’y avais passée, seul dans ma tente canadienne plantée maladroitement, à me tourner dans tous les sens, entortillé dans mon sac de couchage, dans la promiscuité d’un camping surpeuplé et bruyant, à tenter vainement de me boucher les oreilles pour échapper aux couinements orgasmiques d’une femelle en pâmoison chez mes voisins de droite, aux élucubrations sur le retour imminent de Jésus Christ sur terre en provenance de mes voisins de gauche, à la musique schizophrénique s’échappant de la tente située à mes pieds et aux ronflements tonitruants provenant de celle plantée à vingt centimètres de ma tête, m’avait à tout jamais dégouté de ce genre de pratique populaire. J’étais donc tout surpris moi-même d’avoir dit oui à cette équipée lorsque ma petite Catherine m’avait proposé cette nuit à la belle étoile «  pour faire plaisir aux enfants » …</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/camping-a-rishikesh1.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-588" title="Camping à Rishikesh" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/camping-a-rishikesh1.jpg?w=250&#038;h=141" alt="Camping à Rishikesh" width="250" height="141" /></a> Si le Camp King elephant était déserté, il n’en allait pas de même pour « l’Himalayan River Runners Camp ». Au contraire, un groupe imposant de familles de l’école américaine de Delhi y avaient élu domicile pour y passer les fêtes de Thanksgiving. Face à ce groupe d’amis très proches, et malgré leur convivialité toute américaine, nous nous étions rapidement sentis un peu exclus, et nous avions finalement regretté la tranquille quiétude de Camp King Elephant… Pourtant, le camping sur les berges du fleuve était joli. Sous le soleil chaud de l’après-midi, les tentes vertes tranchaient sur la blancheur immaculée du sable. Je dois dire que j’étais sidéré par la propreté et la beauté de ces plages. C’était tout à fait inattendu le long du Gange. Mais, nous avions à peine eu le temps de savourer l’endroit que déjà notre moniteur de rafting venait frapper à la porte de notre tente. Enfin, c’est une façon de parler…</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">C’était un petit Népalais, très souriant et bavard comme une pie, remuant comme une puce, une véritable pile électrique. Nous n’avions pas encore enfilé nos gilets de sauvetage et nos casques de protection qu’il était déjà embarqué dans de grandes explications sur la technique du rafting. Vous parlez d’un changement en comparaison avec le cowboy texan de la rivière Netchès qui, après nous avoir fait embarquer sur nos frêles esquifs, avait pris congé en nous poussant à l’eau d’un vigoureux coup de botte et débrouillez vous pour la suite… Le petit Népalais, lui, c’était tout le contraire, un vrai mode d’emploi ambulant. Je comprenais assez mal son charabias et je l&#8217;interrompais sans cesse pour demander des compléments d’explications à Catherine ou à Tom qui eux, suivaient les instructions avec une apparente facilité&#8230; Mais là où mon niveau d’adrénaline avait sérieusement flirté avec la zone rouge, c’était quand le gars avait commencé ses longues explications sur les manœuvres à opérer pour récupérer les naufragés tombés malencontreusement du canot et les recommandations pour ne pas paniquer si, par malheur, cela devait nous arriver.  Quand il avait enfin donné le signal du départ, 45 minutes plus tard, tous les scénarios catastrophes avaient été passés en revue, à l&#8217;exception de l’attaque de requins, de crocodiles du Nil et de piranhas. Un qui aurait donné cher pour ne pas être à sa place, c’était votre serviteur, croyez-moi ! Nous n’étions pas encore à l’eau, mais je n’avais déjà plus un poil de sec et j’étais pâle comme un linge au moment d’embarquer. Le petit Népalais avait bien essayé de me rassurer en me désignant du doigt le moniteur malabar qui allait embarquer sur un kayak monoplace pour nous escorter tout le long de la descente, mais cela n’avait fait que renforcer mes craintes parce que je m’étais dit que si on se faisait accompagner par un sauveteur professionnel, c’est que ça n’allait pas être de la tarte…</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rafting-sur-le-gange.jpg" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-594" title="Rafting sur le Gange" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rafting-sur-le-gange.jpg?w=250&#038;h=141" alt="Rafting sur le Gange" width="250" height="141" /></a>Mais finalement, tout s’était étonnamment bien passé. Nous avions franchi avec brio « Double Trouble », « Return to sender », « the Wall », « Roller coaster » ainsi que 6 autres rapides dont j’ai oublié les noms. Je me tenais à l’avant du raft, accroché avec l’énergie du désespoir à la corde de rappel, serrant les dents rageusement face aux éléments démontés. A notre descente du raft, quelques kilomètres en aval, nous étions évidemment trempés comme des canards, mais au fond, je dois bien reconnaître que l’aventure avait été des plus plaisantes.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">C’était au retour que les choses s’étaient gâtées. Pour rejoindre le camp, nous avions dû embarquer sur le plateau arrière d’un pickup truck. Il y avait tout au plus une demi douzaine de kilomètres à franchir, mais il nous avait fallu plus de deux heures pour les parcourir. Des travaux d’élargissement et de rénovation de l’étroite route qui serpente le long de la vallée du Gange étaient en cours à cet endroit. Des ouvriers avaient ouvert exactement treize chantiers en même temps. Parfaitement, j’ai compté. Treize. Au lieu de finir un tronçon avant d’en entamer un autre, ils avaient décidé, les petits comiques, de travailler partout en même temps. Donc, à treize reprises sur six kilomètres, cette satanée route à deux bandes était rétrécie sur une seule bande, sans feu rouge, ni personne pour organiser le trafic, naturellement. Je vous laisse imaginer le désastre quand on connaît la courtoisie légendaire des conducteurs indiens. À treize reprises donc, c’était la bataille du « moi d’abord » qui faisait rage. Les camions, les bus, et autres poids lourds jouaient de leur influence pour forcer le charroi venant à contre sens de les laisser passer. Mais quand deux poids lourds se faisaient face, c’était une bataille de colosses qui s’engageait jusqu’à ce que l’un d&#8217;eux (et tous ceux qui se pressaient derrière) finissent par reculer. Ce fut l’un de ces moments de grande exaspération de ma vie où je maudis la race humaine. J’enrageais de tant de bêtise et d’égoïsme, d’autant plus que sur la plateforme arrière du pickup truck, je grelotais comme un esquimau tout nu sur la banquise, car à la douce chaleur du soleil de novembre avait succédé la « crudité » (comme disait mon Joli Papa) du crépuscule, et mes habits détrempés me collaient à la peau. Il faut dire que j’avais eu l’idée saugrenue de mettre un pantalon de training pour la descente en raft, alors que tous les autres étaient en short…</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Il faisait nuit noire quand nous étions arrivés au camping, et j’étais à deux doigts d’une crise d’hypothermie. On s’était rués vers la grande tente centrale où le buffet du diner était déjà servi. J’avais mangé peu, j’avais surtout tenté, vainement, de me réchauffer, à grand renfort de rhum. Une fois la nuit tombée et le dîner terminé, le camp était soudain devenu mort. Il n’y avait pas grand chose d’autre à faire que de nous réfugier sous la tente pour lire un bouquin à la lueur d’une bougie. Mais je n’étais guère d’humeur à lire. La nuit était glaciale, et je continuais à greloter malgré les nombreuses épluchures et couvertures dans lesquelles je m’étais emballé comme un oignon. Et pas la peine de compter sur la chaleur corporelle de ma douce et tendre pour me réchauffer car nous dormions dans de minuscules lits à une place. Ce fut, je dois le dire, une nuit interminable, hantée de nombreuses pensées très sombres mais dont une idée forte prédominait : il n’y aurait jamais de troisième nuit sous la tente en ce qui me concerne.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rishikesh-nov-2008.jpg" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-597" title="Rishikesh Nov 2008" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rishikesh-nov-2008.jpg?w=250&#038;h=141" alt="Rishikesh Nov 2008" width="250" height="141" /></a>Mais le lendemain, la vie reprenait. Il nous restait encore toute une journée à passer avant de reprendre notre train de retour à Delhi, tard le soir. Le soleil du matin avait eu vite fait de nous réchauffer le corps et le cœur. Nous avions décidé de passer cette journée à flâner dans les rues de Rishikesh. La petite ville est nichée dans les contreforts himalayens, au sein d’un écrin de verdure, et traversée de part en part par le Gange. C’est un lieu important de pèlerinage pour les saint hommes indiens, les sâdhus, ces ascètes un peu farfelus qui ont abandonné leur famille, renoncé à toute possession matérielle, déconnecté avec toute forme de civilisation, pour traîner leur maigre carcasse de lieu saint en lieu saint, dans leurs haillons couleur safran, le corps recouvert de cendre, la barbe et les cheveux crasseux flottant au vent, le regard vitreux trahissant la consommation abusive de marijuana . On les voit souvent quémandant leur aumône près des temples; le reste du temps, on les trouve aux endroits les plus improbables, parfois dans le plus simple appareil, en pleine méditation.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Outre la présence des sâdhus, Rishikesh doit sa célébrité aux Beatles qui y vinrent rouler leur bosse dans les années soixante, le temps d’une petite cure spirituelle dans un ashram du coin, entrainant dans leur sillage une bonne partie de ce que la terre comptait (et compte toujours, d’ailleurs, car ils y sont encore nombreux !) comme beatniks, baba cools, hippies et autres fans des sixties.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Une chose est sûre, en tous les cas, c’est que nous ne passions pas inaperçus à Rishikesh. En plus des habituels mendiants, nous avions sur les talons des vendeurs d’objets les plus hétéroclites les uns que les autres : cartes postales de dieux indiens en relief, eau bénite du Gange, plumes de paon, guides touristiques et spirituels, livres initiatiques, musique thérapeutiques etc.… Plus ceux qui nous tiraient par la manche pour nous mener dans des arrière-boutiques afin de nous présenter à des professeurs de yoga, des masseurs ayurvédiques, ou des gurus initiatiques. Je me demande si ces gens comprennent le sens du mot « non », ou alors ils sont d’un optimisme indéfectible ; en tous cas, ils restaient collés à nos guêtres comme des insectes englués dans un attrape-mouche et c’est quasiment à la tête d’une procession que nous déambulions dans les ruelles de la ville où des échoppes ésotériques aux noms évocateurs (les 7 chakras, le Guru illuminé, l’Œil de Shiva, Om Shanti, …) se serraient les unes aux autres. Dans l’une d’elles, je n’avais pas résisté à un petit rondin de bois de santal, « extrêmement authentique » selon les propos du vendeur. Je dois dire que j’aime l’odeur du bois de santal, et je sais déjà que quand je quitterai l’Inde et que je voudrai m’y replonger spirituellement pour retrouver des sensations passées, je n’aurai qu’à renifler un flacon d’huile de santal ou m’allumer un petit bâtonnet d’encens pour m’y replonger par odeur interposée. Avec un petit air de tablas et de flute de bambou en musique de fond, ce sera parfait. Mais le petit rondin de bois de Rishikesh ne me sera d’aucune utilité, car ses senteurs se sont évaporées peu après notre retour à Delhi. Visiblement, il devait s’agir d’un vulgaire morceau de bois de teck qui avait été trempé dans un bain d’huile…</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Au hasard de nos pérégrination, nous nous étions retrouvés devant le pont de Laxman (Laxman Jooha), l’un des deux ponts suspendus qui enjambent le Gange et relient les deux rives de la ville. Pour ceux qui n’auraient pas lu le Ramayana, Laxman est le frère de Rama, il s’est illustré notamment lors de la célébrissime bataille contre Ravana, le démon à 9 têtes, en aidant le brave Rama à délivrer de ses griffes la belle Sita.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Nous nous étions arrêtés un instant au beau milieu du pont pour contempler le Gange, fleuve sacré entre tous les fleuves sacrés des Hindous, et dont les eaux claires coulaient calmement sous nos pieds ; c’était grandiose, mais nous n’avions guère eu l’occasion d’en profiter car le pont était si étroit, et la foule qui l’empruntait dans les deux sens si dense, que notre arrêt soudain avait provoqué un début d’émeute. Derrière nous, une cacophonie de klaxons de motos, meuglements de vaches sacrées et tonnerres d’injures proférées à l’unisson par des dizaines de gorges enrouées nous avaient enjoints de poursuivre notre route.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/nirvana.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-599" title="Nirvana" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/nirvana.jpg?w=200&#038;h=355" alt="Nirvana" width="200" height="355" /></a>En maugréant, nous avions donc repris la traversée, et c’était là que je l’avais aperçue. Elle avançait devant moi, la démarche altière, enrubannée dans un sari largement décolleté dans le dos, et dont le jaune vif tranchait sur sa peau dorée. Elle avait relevé ses cheveux de jais en chignon, découvrant sa nuque parfaite et ses oreilles délicatement ourlées, finement décorées d’une boucle en or. Je joins la photo pour que vous puissiez en profiter vous aussi. J’étais en équilibre instable sur un pont suspendu au-dessus du Gange et devant moi, c’était tout le charme de Lakshmi et de Parvati qui étaient réunis. En fait, j’étais au nirvana ! Je ne la voyais que de dos, mais cela n’avait pas d’importance. Cela me suffisait amplement. En achevant la traversée du pont, je m’étais posé la question de savoir lequel de cette créature de rêve ou du Taj Mahal était le plus parfait. Indécis, j’avais décidé de reporter le problème à plus tard, la question était d’importance et il ne fallait rien précipiter.</p>
<p style="text-align:justify;">De l’autre côté du pont, j’avais voulu prendre un dernier cliché de la belle Indienne. Mais dans mon viseur, j’avais découvert avec stupeur, à ses côtés, un cul de vache magistral. C’était la belle et la bête, toute l’Inde en fait, résumée en une photo format carte postale, l’Inde où le sublime côtoie le sordide quasiment en permanence.<a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/la-belle-et-la-bete.jpg" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-602" title="La Belle et la Bête" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/la-belle-et-la-bete.jpg?w=250&#038;h=141" alt="La Belle et la Bête" width="250" height="141" /></a></p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Mais à peine le temps de penser à tout cela dans ma petite tête qu’une détestable sensation m’envahissait. Mon pied droit venait en fait de s’enfoncer mollement dans une bouse immonde déposée là quelques instants plus tôt par la vache ignominieuse. Tout occupé à cadrer dans mon viseur, je n’avais pas prêté attention à l&#8217;endroit où j’avais posé le pied. Grosse erreur en Inde, qui se paye souvent cash. Inutile vous dire que je fulminais. Non seulement contre la bête infâme et contre Catherine et les enfants, qui bien entendu s’amusaient beaucoup de mon infortune, mais davantage encore contre le cireur de chaussures qui assis sur le bas côté regardait la scène, impassible. Son visage ne trahissait aucune émotion, ni joie, ni compassion, ni embarras, ça lui était tout simplement indifférent et cela m’insupportait, surtout qu’il avait tout vu, il avait eu tout le temps de voir mon pied se poser à l’endroit fatidique, de  prévenir mon geste, mais il avait assisté à la scène en spectateur blasé, insensible.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">J’allais pour lui dire le fond de ma pensée, mais Catherine qui voyait déjà un attroupement se constituer autour de moi, m’avait entraîné par le bras, direction le temple voisin de Trymbakeshwar dont les treize étages en forme de pagode surplombent majestueusement le fleuve. J’avais claudiqué jusque là, raclant le sol de ma chaussure salie dans l’espoir d’en détacher le maximum de crottes. Puis, il m’avait fallu l’ôter car nous devions nous déchausser à l’entrée du temple. Et là j’avais siroté ma vengeance comme du petit lait, car le proposé aux chaussures avait empoigné mes pompes sans l’ombre d’une hésitation, et avait posée la chaussure souillée sur celles de Tom préalablement déposées là avant les miennes. Si vous aviez pu voir la tête de mon Loulou ! C’est bien simple, j’en ris encore !</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rishikesh-temple-trymbakeshwar.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-604 alignleft" title="Rishikesh -Temple Trymbakeshwar" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rishikesh-temple-trymbakeshwar.jpg?w=250&#038;h=141" alt="Rishikesh -Temple Trymbakeshwar" width="250" height="141" /></a>Nous avions fait la visite du temple au pas de charge. Au début, un petit moustachu nous avait emboité le pas, nous détaillant sur un ton monotone le nom et les spécialités respectives de chacune des divinités que contenaient les alcôves. D’abord, bien sûr – à tout seigneur, tout honneur – la trilogie sainte des Hindous ; Brahma, le créateur, Shiva, le destructeur, et Vishnu le sauveur, le protecteur. Et puis tous les autres, ceux à qui l’on fait appel à la carte et selon les besoins du moment : Hanuman le combattant pour avoir de l’énergie ; Varuna, le dieu de l’eau si on veut de la pluie ; Lakshmi, la déesse de la prospérité pour ceux qui ont besoin d’argent ; Sarasvatî, la déesse de la connaissance, pour réussir ses examens ; Ganesh, le dieu à tête d’éléphant pour éliminer tous les obstacles et porter bonheur. Et tous les autres … Le gars ignorait visiblement mon aversion pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à un guide touristique, mais mes grognements d’ours lui avaient rapidement fait comprendre qu’il pouvait se brosser pour le pourboire. Il nous avait donc plantés là, au milieu du premier étage. Bon débarras ! Il en restait douze à faire et nous avions continué la visite seuls, rapidement lassés par cette succession interminables d’idoles naïves qui se ressemblent à peu près toutes. Seule Luna s’amusait vraiment de la visite, ne manquant jamais de sonner la petite cloche suspendue à l’entrée de chaque alcôve. Dans ce dédale d’idoles (J’aime bien cette expression !), j’avais cherché en vain ma déesse favorite Kali, la déesse noire et nue. Elle me fascine et me répugne en même temps. Sa laideur m’aurait certainement inspiré les pires cauchemars durant mon enfance, comme ces images effrayantes de l’enfer et du diable dans les livres de catéchisme qui hantaient mes nuits. Kali, c’est la déesse de la mort ; elle apporte la mort pour que la réincarnation puisse se produire. Elle est la jouissance et la mort réunies, celle qui donne la vie mais dévore ses enfants. Elle est nue mais ses seins et son sexe sont cachés sous un immense collier de têtes fraichement coupées. Ses deux paires de bras armés d’objets tranchants dégoulinent du sang de ses victimes. Elle arbore des corps d&#8217;enfants comme boucles d&#8217;oreille et des cobras comme bracelets. Sa langue pendante et dégoulinante est cernée de crochets à venins. Sur le champ de bataille, elle s’enivre du sang de ses victimes, se goinfre de leurs entrailles pendant que son “yomi” (vagin) dévore leur “lingam” (pénis). Voilà pour les présentations … Sympa comme bonne femme, non ?  Bon, j’arrête là, sinon, vous allez croire que je fais dans le sensationnel !</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Après la visite du temple, nous avions décidé de rebrousser chemin. Nous en avions rapidement eu notre dose de Rishikesh et de son commerce de spiritualité à bon marché. Nous avions donc repris la route un peu plus tôt que prévu, direction Haridwar, où nous devions reprendre le train de Delhi.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Depuis notre arrivée en Uttarakhand, quatre jours plus tôt, j’avais eu le temps d&#8217;apprendre qu’Haridwar n&#8217;était pas un bled perdu dans la campagne indienne, comme je l’avais d’abord imaginé, mais bien une des sept villes sacrées des Hindous. Située au pied de l’Himalaya, elle est en fait la toute première ville baignée par les eaux sacrées du Gange et, à ce titre, bénéficie d’un statut tout particulier pour les pèlerins. Une fois tous les trois ans, on y célèbre le mêla, une grande fête religieuse qui attire jusqu’à deux millions de personnes, et, une fois tous les 12 ans, le khumb mêla, le « grand mêla » où jusqu’à dix millions de pèlerins affluent de partout en Inde. Le dernier en date, à la fin des années nonante, s’était terminé tragiquement. Un mouvement de foule avait provoqué une panique et des centaines de personnes avaient péri piétinées dans la mêlée.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Heureusement, ce n’était pas la toute grande foule à notre arrivée, mais nous avions quand même été surpris d’y trouver tant de gens. En fait, nous avions de la chance, il était six heures du soir, l’heure où le soleil allait bientôt se coucher et c’était précisément l’heure où les pèlerins désireux de prier ou de se laver de leurs péchés dans les eaux sacrées se rassemblent le long du fameux ghât « Har-Ki-Pairi » (littéralement les traces du dieu Vishnu) pour la cérémonie de purification « Ganga Aarti ».</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/diyas-a-haridwar.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-608" title="Diyas à Haridwar" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/diyas-a-haridwar.jpg?w=250&#038;h=141" alt="Diyas à Haridwar" width="250" height="141" /></a>Mais sur le chemin qui nous menait au ghât, nous avions à nouveau été l’objet de toutes les attentions. Des dizaines de petits vendeurs nous proposaient leurs objets rituels : petites urnes de sindur, cette poudre végétale utilisée pour tracer le Tilak rouge sur le front des croyants, fioles d’eau sacrée du Gange, images pieuses, diyas (petits paniers offrandes constitués de feuilles et de fleurs et portant en leur centre une minuscule lampe à huile), bracelets de bronze, bangles, bijoux, etc&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">A dire vrai, nous ne nous sentions vraiment pas à l’aise, tiraillés de toutes parts par ces vendeurs qui nous harcelaient, par des mendiants et des lépreux qui nous tiraient la manche, sans parler des hordes de macaques et autres singes langurs qui couraient en tous sens et se livraient à de véritables guérillas de rues pour protéger leurs territoires. Et bien sûr, comme partout en Inde, des centaines de paires d’yeux qui nous observaient en silence. L’atmosphère était lourde, très lourde; alerté comme par un sixième sens, je sentais confusément que quelque chose allait se produire.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Et c’était exactement ce qui était arrivé. Nous nous étions subitement retrouvés encerclés de quatre hommes en uniformes bleu portant brassards noirs, surgis de nulle part. Ils nous avaient demandé nos noms, adresses et documents d’identité. Leur ton semblait menaçant, ils pointaient du doigt leurs formulaires marqués du swastika (la croix gammée dont est inspirée la funeste croix des nazis) en précisant qu&#8217;ils étaient du gouvernement indien. Je n’avais aucune idée de ce qu’ils voulaient exactement, mais une chose était sûre, il n’était pas question de leur donner nos passeports. Nous ne les aurions récupérés à coup sûr que contre payement de bakchichs. Je leur avais répondu avec un calme qui m’avait étonné moi-même que ce sceau n’était pas celui du gouvernement indien (NB : le sceau du gouvernement indien, ce sont les trois lions Ashoka) et que j’étais de l’Ambassade belge et qu&#8217;ils nous foutent la paix, s’il vous plait. Il faut croire que j’avais dû être convaincant, car après une courte palabre en hindi, et à notre grand soulagement, les gars s’étaient évaporés aussi vite qu’ils étaient apparus. J’appris plus tard en me documentant sur la question qu’il s’agissait en fait de « collecteurs de donations » … S’ils avaient au moins pris la peine de nous expliquer qui ils étaient, au lieu de nous tomber dessus comme des membres de la Stasi en pleine guerre froide, nous nous serions bien fendus de quelques roupies … Si, si, je vous assure ! </p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Mais soit ! À peine sortis des griffes de ces larrons, qu’un vendeur ventripotent, dont l’haleine empestait le bétel, m’empoignait le bras et me collait d’autorité un petit panier offrande dans les mains, me précisant au passage que c’était, je cite, « very compulsory » (extrêmement obligatoire). C’en était trop ! Je lui avais reclaqué son offrande dans les mains sans ménagement, en le priant, avec un sourire forcé, de bien vouloir nous  lâcher les baskets. Notre tension était à son comble. Alors, on s’était encourus loin, tout au bout des ghâts, fuyant singes hurleurs, mendiants, collecteurs de donations et marchands du temple pour assister tranquillement à la cérémonie.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">L’obscurité était tombée, des lampes à huile avaient été allumées un peu partout. Les timbres de dizaines de cloches résonnaient à l’unisson, semblant venir de partout et de nulle part à la fois. L’endroit avait été soudainement baigné dans une atmosphère de dignité et de recueillement. Des dizaines de petits bateaux offrandes éclairés de leur minuscule lampe flottaient paisiblement sur les eaux calmes du Gange, chacune d’elles représentant un défunt dont on honorait la mémoire. Des pénitents, transcendés par l’émotion et la méditation, oubliant soudainement toute pudeur, se glissaient cérémonieusement dans les eaux froides du fleuve sacré. En quelques minutes à peine, comme seule l&#8217;Inde peut le faire, toute notre tension était retombée. Jai Jagadish hare ! Le Dieu de l’univers est grand !  <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/haridwar-har-ki-pairi.jpg" target="_blank"><img class="aligncenter size-full wp-image-611" title="Haridwar Har-Ki-Pairi" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/haridwar-har-ki-pairi.jpg?w=500&#038;h=281" alt="Haridwar Har-Ki-Pairi" width="500" height="281" /></a></p>
<p> </p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Pour visualiser nos meilleures photos de &nbsp;&raquo;Rishikesh&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Camp King Elephant&nbsp;&raquo;, cliquez sur le lien ci-dessous :</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157611376518291/">http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157611376518291/</a></p>
<p style="text-align:justify;">Et voici, en prime, une petite vidéo de la cérémonie &laquo;&nbsp;Ganga Aarti&nbsp;&raquo; à Haidwar</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://houstonbayous.wordpress.com/2009/05/01/nirvana-au-dessus-du-gange/"><img src="http://img.youtube.com/vi/lpN0q5xJgVY/2.jpg" alt="" /></a></span> </p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/houstonbayous.wordpress.com/575/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/houstonbayous.wordpress.com/575/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/houstonbayous.wordpress.com/575/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/houstonbayous.wordpress.com/575/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/houstonbayous.wordpress.com/575/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/houstonbayous.wordpress.com/575/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/houstonbayous.wordpress.com/575/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/houstonbayous.wordpress.com/575/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/houstonbayous.wordpress.com/575/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/houstonbayous.wordpress.com/575/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=575&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Jean-Pierre Muller</media:title>
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			<media:title type="html">Trident de Shiva et Poudre de Sindur</media:title>
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			<media:title type="html">Camping à Rishikesh</media:title>
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			<media:title type="html">Rafting sur le Gange</media:title>
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			<media:title type="html">Rishikesh Nov 2008</media:title>
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			<media:title type="html">Nirvana</media:title>
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			<media:title type="html">La Belle et la Bête</media:title>
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			<media:title type="html">Rishikesh -Temple Trymbakeshwar</media:title>
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			<media:title type="html">Diyas à Haridwar</media:title>
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			<media:title type="html">Haridwar Har-Ki-Pairi</media:title>
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		<title>Pas de chichis à Rajaji</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Feb 2009 06:18:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>
		<category><![CDATA[La tribune de Delhi]]></category>
		<category><![CDATA[Chilla national Park]]></category>
		<category><![CDATA[Rajaji]]></category>
		<category><![CDATA[Rajaji Chilla]]></category>

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		<description><![CDATA[
J&#8217;avais besoin de souffler, de faire un break, de prendre quelques jours de repos. Le hasard faisant bien les choses, j&#8217;avais justement reçu une publicité alléchante dans ma boîte à mail. Je la reprends ici pour que vous puissiez vous rendre compte par vous même. On y parlait de week-end paresseux, de safari-aventures, de promenades [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=525&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/camp-king-elephant.jpg"><img class="size-full wp-image-530  alignleft" title="camp-king-elephant" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/camp-king-elephant.jpg?w=200&#038;h=275" alt="Camp King Elephant" width="200" height="275" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;avais besoin de souffler, de faire un break, de prendre quelques jours de repos. Le hasard faisant bien les choses, j&#8217;avais justement reçu une publicité alléchante dans ma boîte à mail. Je la reprends ici pour que vous puissiez vous rendre compte par vous même. On y parlait de week-end paresseux, de safari-aventures, de promenades dans la nature, de descente du Gange en rafting, d&#8217;initiation au yoga. Tout ça ! Cela avait vraiment l&#8217;air super. Les enfants avaient quatre jours de congés pour Thanksgiving, notre décision avait été vite prise. Adieu le smog, la grisaille, le stress et le chaos de Delhi, et à nous la petite retraite parfaite pour nous revitaliser : trois jours d&#8217;aventures dans le parc national de Rajaji, un jour et une nuit sous la tente le long des berges du Gange, et en prime un petite visite découverte de Rishikesh, la capitale indienne du yoga et des babas cools. La combinaison parfaite : aventures et exotisme, relaxation et spiritualité, bref, le meilleur de l&#8217;Inde à portée de main, et tout cela à un prix très raisonnable. Nous aurions eu tort de nous gêner.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-525"></span> </p>
<div id="attachment_536" class="wp-caption alignright" style="width: 185px"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/train-shabadi-express.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-536  " title="train-shabadi-express" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/train-shabadi-express.jpg?w=175&#038;h=311" alt="train-shabadi-express" width="175" height="311" /></a><p class="wp-caption-text">Dans le train Shabati Express</p></div>
<p style="text-align:justify;">Ma douce et tendre était toute guillerette dans le train qui nous conduisait de Delhi à Haridwar, au nord ouest de Delhi, dans l&#8217;état d&#8217;Uttaranchal, aux confins de la chaîne himalayenne. Moi, j&#8217;étais plus taciturne, comme à mon habitude. D&#8217;abord, il était beaucoup trop tôt le matin pour que je puisse esquisser la moindre expression de joie de vivre, ensuite je n&#8217;avais guère aimé la traversée au pas de course de la gare de New Delhi. Nous n&#8217;avions avec nous que deux petites valises, à roulette en plus, mais nous avions quand même loué les services d&#8217;un porteur, un petit vieillard barbu et souffreteux, afin qu&#8217;il nous conduise à travers ce dédale de couloirs, de salles et de quais où une foule incroyable de gens vivaient, dormaient, et sans doute aussi mouraient, le tout dans un chaos indescriptible. Mais ma petite Catherine, elle, semblait transportée par la perspective du voyage. Elle photographiait à peu près tout et n&#8217;importe quoi, à commencer par son grognon de mari et les enfants encore tout ensommeillés, mais aussi les petits détails amusants du train, comme ces petits plateaux repas que l&#8217;on nous amenait à intervalles réguliers (et auxquels nous ne touchions pas par mesure de précaution), les garçons qui nettoyaient la vaisselle dans une eau douteuse à l&#8217;arrière du wagon, et tous les petits marchands qui montaient dans le train à chaque arrêt en gare pour nous proposer journaux, magazines, romans à la mode, snacks et autres petits articles de voyages.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Cinq heures plus tard, nous arrivions en gare d&#8217;Haridwar. De là, une voiture devait nous attendre qui nous conduirait à notre lodge en plein cœur du parc national de Rajaji. Organisation parfaite, rien n&#8217;avait été laissé au hasard par notre agence préférée &nbsp;&raquo; Chérie voyage &nbsp;&raquo; à Delhi (publicité gratuite). A la descente du train, nous nous étions donc dirigés vers la sortie de la gare d&#8217;un pas décidé. Une meute de &laquo;&nbsp; <em>taxis wallah &laquo;&nbsp;</em> (conducteurs de taxis) s&#8217;étaient jetés sur nous comme des mouches sur une crotte fumante.</p>
<ul style="text-align:justify;">
<li>- «Taxi!» «Taxi!».</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">Mais je les avais écartés d&#8217;un geste auguste et apaisant. Nous avions notre voiture, nous étions attendus. Merci beaucoup les amis !</p>
<ul style="text-align:justify;">
<li>- « Ok, Sir, no problem! Where are you going ? Special price for you, Sir ! Only for you ! »</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">Bon, apparemment, ils ne m&#8217;avaient pas très bien compris. En parlant lentement et en articulant bien, je les avais donc remerciés, une nouvelle fois, de leur immense sollicitude, tout en insistant bien sur le fait que nous n&#8217;avions rien besoin, merci bien, et du vent s&#8217;il vous plait.</p>
<ul style="text-align:justify;">
<li>- « Yes, Sir! Ok, Sir! I can drive where you want! My car, very cheap, Sir! You say your price, no problem ! What do you want to pay ?»</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">AAARRR !  Là, je dois dire que j&#8217;avais un peu craqué nerveusement. « Mais tirez-vous donc, bandes de bois-sans-soif, négriers, sapajous, singes hurleurs, cercopithèques. Nous avons une voiture ! Capito ? »</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Voilà, j&#8217;avais dit tout cela, ou à peu près, genre le capitaine Haddock dans &nbsp;&raquo; Tintin et le crabe aux pinces d&#8217;or &nbsp;&raquo; quand il pique sa crise et qu&#8217;il fait fuir toute une armée de bédouins dans le Sahara par le seul fait par sa colère magistrale, avec encore quelques noms d&#8217;oiseaux supplémentaires auxquels Hergé n&#8217;avait même pas pensé. Mais ça y était enfin : ils étaient partis, ils avaient compris, ils nous avaient laissé seuls. Tous seuls &#8230; Car en fait, il n&#8217;y avait pas de voiture pour nous prendre. En tous cas, elle n&#8217;était pas là. Et m&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Nous nous étions donc retrouvés dans cette situation ridicule, où après avoir chassé vertement tous ceux qui étaient susceptibles de nous venir en aide,  nous attendions debout, tous les quatre, une voiture hypothétique à la sortie d&#8217;une gare pouilleuse &nbsp;&raquo; in the middle of nowhere &laquo;&nbsp;. Des centaines de paires d&#8217;yeux nous observaient. Aux voituriers avaient peu à peu succédé des mendiants qui s&#8217;accrochaient à nos vêtements, des petits marchands ambulants, des diseurs de bonne aventure qui voulaient nous lire l&#8217;avenir dans les mains et des tas de curieux qui nous observaient à distance. Nous étions retournés vers les quais pour y attendre la suite des événements. Mais pas de panique : renseignement pris par téléphone auprès de &nbsp;&raquo; Chérie voyage &nbsp;&raquo; tout allait bien, il ne fallait surtout pas s&#8217;inquiéter, la voiture allait arriver dans « cinq à dix minutes » (NB : expression indienne populaire qui signifie que la personne que vous attendez va bientôt se mettre en route). En réalité, la voiture était arrivée 55 minutes plus tard. Inutile de dire que votre serviteur fulminait. Bien sûr, l&#8217;excuse était connue d&#8217;avance : « Traffic jam ». Embouteillages ! Ben voyons ! Haridwar est connue mondialement pour ses embouteillages monumentaux, surtout un samedi matin vers 11 heures, n&#8217;est-ce pas ?</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<div id="attachment_539" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/en-route-pour-camp-king-elephant.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-539  " title="en-route-pour-camp-king-elephant" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/en-route-pour-camp-king-elephant.jpg?w=300&#038;h=168" alt="En route^pour Camp King Elephant" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">En route pour Camp King Elephant</p></div>
<p style="text-align:justify;">Bref ! On s&#8217;était donc mis en route, direction le « Camp King Elephant » notre complexe hôtelier situé en plein cœur du parc naturel de Rajaji, au-delà de Rishikesh. Deux bonnes heures de route et, pour y arriver, un trajet difficile. Heureusement, tout étant bien organisé, comme je le disais plus haut, un jeune commis de l&#8217;hôtel nous attendait en moto, à mi-chemin, pour nous servir de guide au moment où nous allions quitter la route asphaltée et commencer à suivre des chemins de terre sinueux. Catherine, toujours aussi optimiste, s&#8217;exaltait sur le pittoresque des charmants petits villages que nous traversions, alors que moi je me disais, in petto, que j&#8217;étais rudement content de ne pas y être né. Notre voiture, un minivan Toyota, éprouvait les pires difficultés à progresser sur ces chemins de campagne, nous étions ballottés comme des boules de Lotto un soir de tirage. Mais bientôt, la situation se corsa car il n&#8217;y eut plus de chemin du tout. Nous nous trouvions alors dans une espèce d&#8217;immense vallée entre flancs de collines, vallée dont le sol était constitué de pierrailles plates et tranchantes, un peu comme dans une carrière de pierres, sauf que de minuscules rivières nervuraient cette vallée comme les veines d&#8217;une main. Ce parcours aurait pu servir de «spéciale » à un rallye automobile, tant il était exigeant. Le petit gars en moto se débrouillait plutôt bien, il connaissait visiblement le terrain comme sa poche, par contre notre chauffeur fulminait et transpirait comme tout un régiment de lanciers du Bengale. C&#8217;était visiblement la première fois qu&#8217;il empruntait ce passage. Notre voiture, beaucoup trop basse, n&#8217;était pas du tout adaptée à un tel terrain; les bas de caisse et le pot d&#8217;échappement raclaient le sol quasi en permanence. Et je voyais venir le moment où les pierres tranchantes allaient lacérer les pneus du véhicule et les transformer en lambeaux.</p>
<p style="text-align:justify;">    </p>
<p style="text-align:justify;">Mais rien de tout cela n&#8217;était arrivé et nous avions finalement atteint notre but : le « Camp King elephant » de Rajaji. Mais tout de suite une impression bizarre nous avait envahis. Il n&#8217;y avait pas de portail d&#8217;entrée, une simple barre de bois coupé et ébranché barrait la route. Le gars était descendu de sa moto, l&#8217;avait retirée pour nous permettre de passer.  Quand au camp, il était constitué d&#8217;une demi-douzaine de lodges, en fait de simples bâtisses rudimentaires en briques rouges et toits de tôle ondulée. Tout avait l&#8217;air abandonné. Il n&#8217;y avait pas de voitures au parking, et pas d&#8217;autres clients dans le camp. Le jeune motard nous avait immédiatement conduits à notre logement, deux lodges contigus, à l&#8217;extrémité ouest. En fait, nous allions rapidement découvrir que le jeune motard en question était le manager de l&#8217;endroit, mais aussi le chef cuisiner, le guide ornithologique, le chef du service d&#8217;entretien, le responsable du service clientèle, de la sécurité, de la communication et du marketing, le comptable, le concierge et le caissier. Et sans doute bien d&#8217;autres choses encore. Véritable homme à tout faire, il était quand même assisté par deux jeunes « boys » qui se tenaient amicalement par le petit doigt et dont le sourire moqueur contrastait avec nos mines dépitées à cet instant.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<div id="attachment_541" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-018.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-541 " title="rishikesh-nov-2008-018" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-018.jpg?w=200&#038;h=355" alt="Araignée du matin ..." width="200" height="355" /></a><p class="wp-caption-text">Araignée du matin ...</p></div>
<p style="text-align:justify;">Près de la porte de notre lodge, une immense araignée jaune et noire avait tissé sa toile. Le motard-manager n&#8217;avait pas voulu y toucher, et nous non plus. On devait donc la contourner pour arriver chez nous. Catherine était allée installer les enfants dans leur maisonnette tandis que je découvrais la notre. C&#8217;était &#8230; comment dire ? Rustique. Très rustique. Et sombre. Vraiment très sombre ! Une maigre lumière blafarde transperçait le verre fumé des minuscules fenêtres de la pièce. Les murs en briques nues ruisselaient d&#8217;une étrange huile grasse, le sol était constitué d&#8217;une chape de ciment brut. Il y avait juste deux minuscules tapis râpés et élimés de part et d&#8217;autre du lit pour nous isoler du froid qui remontait par le sol. Le lit occupait la moitié de la pièce, il aurait pu abriter toute la famille tant il était spacieux. Le reste du mobilier était constitué d&#8217;une table basse et d&#8217;un fauteuil à ressort rongé par la vermine. Au fond de la pièce, une cheminée sommaire aurait pu apporter quelque espoir de chaleur, le soir venu, si elle n&#8217;avait été condamnée par une tôle métallique qui en barrait l&#8217;âtre. Pour accéder à la salle de bain attenante, il fallait presqu&#8217;enfoncer une porte vermoulue qui raclait le sol. Quant à la salle de bain en elle-même, elle était on ne peut plus simple : un évier, un WC et une douche de brousse que l&#8217;on actionnait en tirant sur une chaîne métallique. Notre salle de bain était séparée de celle des voisins (les enfants en l&#8217;occurrence) par un mur mitoyen qui s&#8217;arrêtait à mi hauteur, ce qui nous permettait de profiter en direct de leurs ablutions, leur tri-li-lis de pipis, ainsi que des bruits et odeur de prouts. Pas de baignoire, bien sûr. Mais de toute façon, il n&#8217;y avait pas d&#8217;eau chaude. Il n&#8217;y avait pas non plus d&#8217;électricité, si ce n&#8217;était une minuscule lampe à néon rechargeable, raccordée à un panneau solaire à l&#8217;extérieur. Voilà, voilà&#8230; L&#8217;inventaire des lieux avait été vite fait. J&#8217;étais retourné dans la chambrée et m&#8217;étais laissé tomber sur le lit (dur comme de la pierre, soit dit en passant).</p>
<div class="mceTemp"> </div>
<p style="text-align:justify;">Mon Dieu, qu&#8217;avais-je encore fait ? Comme un condamné résigné à l&#8217;heure du jugement, j&#8217;attendais le retour de Catherine et la sanction inévitable. Elle était entrée. Je m&#8217;étais levé, comme mu par un ressort, afin de la prendre dans mes bras et la réconforter. Mais contre toute attente, un sourire ravi éclairait son doux visage, son large sourire à la Meg Ryan que j&#8217;aime tant. « Tu as vu ? C&#8217;est génial ici ! » Elle avait dit « gé-nial » en appuyant bien sur chaque syllabe. Du coup, je m&#8217;étais rassis, attendant la suite, me demandant si c&#8217;était du lard ou du cochon. Mais elle avait l&#8217;air sérieuse, car elle avait empoigné notre valise et avait entrepris d&#8217;en extraire nos quelques petites affaires. Visiblement, elle s&#8217;installait. Nous allions rester.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<div id="attachment_544" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-0421.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-544 " title="rishikesh-nov-2008-0421" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-0421.jpg?w=250&#038;h=140" alt="Camp King elephant vu des collines environnantes" width="250" height="140" /></a><p class="wp-caption-text">Camp King elephant vu des collines environnantes</p></div>
<p style="text-align:justify;">Un peu plus tard, nous allions prendre notre premier repas dans le foyer central du complexe, une sorte de grand préau recouvert d&#8217;un toit de chaume, chichement meublé de quelques tables en bois brut (en fait des troncs d&#8217;arbres débités). Notre manager flanqué de ses deux boys toujours étroitement reliés par le petit doigt nous avaient amené notre frugal repas. Le « buffet à volonté » indiqué dans le prospectus publicitaire était en fait constitué d&#8217;un panier de chappattis, d&#8217;une casserole de riz basmati et de trois urnes en terre cuite dans lesquelles mijotaient des préparations assez peu ragoutantes. Cela ressemblait à de la nourriture de prisonniers. D&#8217;ailleurs, nous nous étions mis en file indienne (et oui &#8230;) et on nous avait servis à la louche. Le goût était conforme à l&#8217;apparence, mais, à ma grande surprise, Catherine s&#8217;était délectée de cette pitance végétarienne, et même les enfants avaient mangé de bon appétit. Moi, je m&#8217;étais contenté d&#8217;un bol de riz blanc, d&#8217;une chappattis et d&#8217;un morceau de chocolat à moitié fondu qui trainait dans mes poches depuis Delhi. Perdu dans mes pensées, je me demandais comment j&#8217;allais pouvoir tenir trois jours dans de telles conditions. L&#8217;espace d&#8217;un instant, un fol espoir m&#8217;avait envahi : j&#8217;avais pensé téléphoner à « Chérie Voyage » pour leur demander de nous envoyer un convoi de ravitaillement en vivres et boissons, mais j&#8217;avais dû rapidement déchanter. Pas de réseau pour mon GSM, et bien sûr pas de ligne de téléphone au camp &#8230; Nous étions faits comme des rats !</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Franchement dit, je ne me suis jamais habitué à la nourriture de «  Camp King elephant ». L&#8217;événement majeur arriva le troisième jour où nous eûmes droit à du poulet, ce qui nous changea quelque peu des bouillies végétariennes que l&#8217;on nous avait servies jusque là. Mais il était mou et spongieux, visiblement pas assez cuit. Nous achevions discrètement sa cuisson dans les flammes du feu de bois. Dans un pays composé à 85% de végétariens, trouver de la bonne viande est toujours un problème, surtout dans les campagnes. Et encore faut-il savoir la préparer &#8230; Heureusement, il y avait les petits déjeuners où l&#8217;on nous servait des œufs frits &laquo;&nbsp;sunny side up&nbsp;&raquo; avec des pates.  Je faisais bombance pour le reste de la journée.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<div id="attachment_547" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-0741.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-547 " title="rishikesh-nov-2008-0741" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-0741.jpg?w=250&#038;h=140" alt="Au Safari Park de Chilla" width="250" height="140" /></a><p class="wp-caption-text">Au Safari Park de Chilla</p></div>
<p style="text-align:justify;">A propos de manger de la viande, j&#8217;ai eu peur un moment que ce soit nous qui servions de snacks à des tigres carnassiers lors de notre visite du safari parc de Chilla <a href="http://chillanationalpark.com/">http://chillanationalpark.com/</a>¹ le deuxième jour. En effet, nous avions embarqué, pour la visite, sur la plateforme arrière d&#8217;un pick-up truck dépourvu de toute protection, nous étions donc à la merci du premier tigre venu. Mais, heureusement, nous n&#8217;en avions rencontré aucun, ce qui n&#8217;est pas très étonnant d&#8217;ailleurs: le dernier recensement (datant de 1976 et sans doute exagérément optimiste) en dénombrait 26 sur un parc de 820 km², les probabilités d&#8217;en rencontrer un étaient donc minces, il faut bien le reconnaître. Heureusement donc, pas de tigres, mais hélas pas non plus de panthères, d&#8217;éléphants, et pas grand-chose d&#8217;autre à dire vrai à nous mettre sous la dent en terme d&#8217;animaux sauvages, à l&#8217;exception de quelques antilopes, qui s&#8217;étaient tenues à distance très respectable, d&#8217;un cochon sauvage, d&#8217;une famille de singes langurs ainsi que de nombreuses vaches (mais peut-on vraiment appeler ces bestiaux des animaux sauvages ?) &#8230; Quelques beaux oiseaux, malgré tout, dont un couple de calaos bicornes. Heureusement que nous avions emmené avec nous notre motard- manager-guide naturaliste car, en réalité, c&#8217;était un garçon charmant et très instruit : PHD, docteur en sciences de l&#8217;université de Jaipur au Rajasthan, spécialiste des questions environnementales et de l&#8217;ornithologie. On peut dire qu&#8217;il aura sauvé notre safari.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est d&#8217;ailleurs aussi en sa compagnie et sous a guidance experte que nous avons effectué une jolie promenade sur les collines avoisinantes le premier jour.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;ai bien entendu râlé la majeure partie du temps que nous avons passé au « Camp King Elephant », mais néanmoins, je dois bien reconnaître que j&#8217;ai fini par me laisser gagner, moi aussi, par la quiétude de l&#8217;endroit et le charme inattendu de ce séjour proche de la nature. J&#8217;ai apprécié, par dessus tout, nos matinées de lecture paisible sur la terrasse du lodge, et nos soirées autour du feu de bois à contempler la voie lactée dans un ciel pur comme de l&#8217;eau cristalline. Ce fut aussi une expérience étonnante que de retrouver, si loin du pays de mon enfance, des sensations simples et presqu&#8217;oubliées, comme celle de se laver dans une bassine d&#8217;eau chaude que les boys nous apportaient le soir venu, ou s&#8217;endormir le nez plongé sous les couvertures et les pieds aux chaud grâce à la bouillote que nos petits amis nous déposaient dans le lit.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est donc finalement à regret que nous avons quitté le « camp King elephant », en route pour de nouvelles aventures, direction « Himalayan River Runners Camp », sur les berges du Gange, pour un après-midi sportif et une nuit sous la tente.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Mais j&#8217;arrête ici mon bavardage car je vois que j&#8217;ai déjà dépassé mon quota. Je vous raconterai la suite bientôt. Vous verrez, ce n&#8217;était pas triste non plus. Stay tuned !  </p>
<p style="text-align:center;"> <a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/camp-king-elephant-2.jpg"><img class="size-full wp-image-549 aligncenter" title="camp-king-elephant-2" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/camp-king-elephant-2.jpg?w=500&#038;h=281" alt="camp-king-elephant-2" width="500" height="281" /></a></p>
<hr size="1" />
<p style="text-align:justify;"> ¹ J&#8217;espère que vous aurez eu la curiosité de cliquer sur ce site. C&#8217;est en effet du plus haut intérêt : on y présente les animaux du parc : le lion en tête. Des lions, en Inde, vous vous rendez compte ? Incredible India !</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Pour visualiser nos meilleures photos de &laquo;&nbsp;Camp King elephant&nbsp;&raquo; et Rishikesh, cliquez sur le lien ci-dessous :</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157611376518291/">http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157611376518291/</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;"> <a name="pd_a_1410027"></a><div class="PDS_Poll" id="PDI_container1410027" style="display:inline-block;"></div><script type="text/javascript" language="javascript" charset="utf-8" src="http://static.polldaddy.com/p/1410027.js"></script>
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		<title>Ensemble, c&#8217;est tout &#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Oct 2008 13:38:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Spécial Julie]]></category>
		<category><![CDATA[Spécial Tom]]></category>

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		<description><![CDATA[


Julie est assise en tailleur sur le divan lit de notre petit chalet de vacances à Malmédy. Je l’observe en silence depuis la cuisine. Elle est occupée à trier des timbres, les glisse minutieusement et précautionneusement dans des pochettes répertoriées par pays. Elle doit en avoir plusieurs milliers à présent. Comme elle les classe non [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=386&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;">
<div class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/10/vacances-08-055.jpg"><img class="size-medium wp-image-391 alignleft" style="margin-left:10px;margin-right:10px;border:0;" title="vacances-08-055" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/10/vacances-08-055.jpg?w=200&#038;h=140" alt="" width="200" height="140" /></a><span style="font-family:Arial;"></span></span></span></div>
<p><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;">Julie est assise en tailleur sur le divan lit de notre petit chalet de vacances à Malmédy. Je l’observe en silence depuis la cuisine. Elle est occupée à trier des timbres, les glisse minutieusement et précautionneusement dans des pochettes répertoriées par pays. Elle doit en avoir plusieurs milliers à présent. Comme elle les classe non seulement par pays, mais aussi par genre et par année, cela n’en finit jamais. C’est un éternel recommencement. Cela me rendrait fou. Mais pas elle, au contraire. Il se dégage d’elle un calme intense et une profonde sérénité, elle fait penser à un yogi en pleine séance de méditation. Elle est toute appliquée à ce qu’elle fait, mais je sais qu’en même temps son esprit est libre. La télévision est allumée, elle la regarde furtivement sans pour autant que sa concentration sur son ouvrage n’en souffre le moins du monde. Et je sais qu’en ce moment ses pensées vagabondent quelque part entre ciel et terre …<span id="more-386"></span></p>
<div></div>
<p></span></span></span><span style="font-family:Arial;"></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"> </p>
<p> </p>
<p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Quelque jours plus tôt, elle a quitté définitivement son petit appartement douillet de Liège, apparemment sans l’ombre d’un regret. Pour elle, une page s’est tournée, un point c’est tout. Une mauvaise histoire, à oublier au plus vite.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"><span> </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Je m’approche sur la pointe des pieds. Elle a pris conscience de ma présence et me sourit. « Coucou, Papounet ! » me lance-t-elle gaiement !<span>   </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">« Qu’est-ce que tu fais ? », je lui demande. Question idiote évidemment. La réponse fuse. « Ben, tu vois bien, je classe mes timbres ! Mais je pense aussi … » Ah ! Ah ! J’en étais sûr. Ma question n’était pas si idiote, après tout. Elle poursuit. « Je pensais au jour où je suis venue de retrouver à Noel à Delhi, juste avant que Maman n’arrive de Houston avec les deux petits. » Elle dit toujours &laquo;&nbsp;les petits&nbsp;&raquo; quand elle parle de Tom et Luna. Ce n’est pas moqueur, plutôt affectueux, je pense. « On avait dormi ensemble dans le grand lit (NB Je venais d’emménager, nous avions juste quelques meubles loués à ce moment, dont un grand lit, avec une planche en guise de sommier, dur comme de la pierre… souvenirs !)<span>  </span>« Cette nuit là, je n’ai presque pas dormi en fait. Mais je pensais et je me disais que c’était comme si j’avais eu un mauvais rêve et que c’était fini, que tout allait redevenir comme avant. Puis deux jours plus tard, maman est arrivée. Elle était claquée par le voyage et vous vous étiez reposés sur le lit l’après-midi. Vous vous étiez endormis tous les deux et moi j’étais venue me glisser entre vous deux et je me sentais si bien, j’aurais voulu que cela ne finisse jamais. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Elle poursuit intarissable. « Ah, tu ne sais pas comme je me réjouis de retourner à Delhi. A chaque fois, c’est la fête. Les deux dernières fois, j’étais tellement heureuse en prenant l’avion, que tous les gens me parlaient, ils me demandaient si j’allais vraiment à Delhi, et ça leur semblait tellement bizarre que j’avais l’air si contente. Mais cette fois-ci, c’est encore mieux, car j’ai encore deux mois de vacances. Et<span>  </span>j’adore ce pays. Mmh ! La bonne bouffe, en Inde. Je sens que je vais encore m’en mettre jusque là ! » <span> </span>Elle fait un geste hautement significatif !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Je me suis assis à côté d’elle. Tandis qu’on bavarde, on regarde distraitement une émission télé sur les gens qui ont tout plaqué pour changer de vie. Justement, il est question de l’Inde, d’un couple de retraités qui ont quitté la France pour tenter leur chance à Bangalore, la ville High Tech de l’Inde. Mais eux, ils ont décidé de se lancer <span> </span>dans l’importation de fromages français… C’est la galère, surtout qu’ils ne parlent même pas anglais !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie : « Oh, moi, je n’aurais jamais le courage de tout quitter comme cela pour changer de vie ». </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Je la regarde, étonné de sa remarque : « Mais c’est pourtant ce que tu vas faire, ma Puce, en octobre : tu vas aller étudier en France, c’est une toute nouvelle vie qui commence pour toi. Une nouvelle aventure, mais aussi un sacré défi ! »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">A son tour, elle me regarde interloquée. « Oui, c’est vrai ! Si on me disait que je devais passer toute ma vie à la même place, ou dans la même ville, je crois que je ne pourrais pas. J’ai trop besoin de bouger, de voir d’autres pays, d’autres gens. Mais, en même temps, j’ai besoin de racines fortes : vous, ma famille, les objets auxquels je tiens. Je suis perdue, sinon. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Tom est arrivé. Il s’assied parmi nous avec ses airs blasés. Julie le prend gentiment à partie : « Ah Tom ! Tu ne sais pas la chance que tu as. Moi, je ferais n’importe quoi pour revenir en arrière, retrouver la vie qu’on avait à Kingwood. En fait, peu importe si c’est à <span> </span>Kingwood, à Delhi ou ailleurs. Simplement être avec vous, vivre toutes les petites choses toutes simples, comme manger ensemble, par exemple. » </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Tom grogne : « Moi, c’est l’inverse, je déteste manger ensemble. J’ai pas envie de rester à table quand j’ai fini ». </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie : « Mais c’est génial de partager tes moments de la journée, tes impressions, tout quoi ! »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Tom : « J’ai rien à partager. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie : « Tu dis ça, mais tu verras, après tu le regretteras. Moi, j’adorais mes copines à l’école à Kingwood, et la vie là-bas, mais c’est la seule chose que je n’arrivais pas à comprendre chez elles : tout le monde mangeait séparément, il n’y avait pas vraiment de repas de famille ; c’est triste, je trouve ». </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Elle regarde Tom, puis fait mine de le gronder. « Dis, tu vas travailler un peu plus, hein, j’espère ! Parce que tu vas rentrer en High School, et à partir de maintenant tout compte. Pour Vatel et les 4 universités où j’avais envoyé ma candidature, j’ai dû à chaque fois donner mes transcripts depuis la 9<sup>ème</sup> année. Tout compte, tu comprends. Tu ne peux plus manquer de tests ou oublier de rentrer des devoirs. Tu entends ? » Elle a coincé le visage de son frère entre ses deux mains pour l’obliger à la regarder. Il se dégage et s’en sort d’une pirouette sarcastique : «  T’inquiète pas, Ju, je vais soudoyer les profs »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie : « T’es vraiment trop bête ! En plus, quand je vois l’école que tu as, c’est trop génial, avec toutes les activités qu’ils proposent.<span>  </span>Cela me rappelle SCIS à Shanghai, mais c’est encore mieux. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Tom : « C’est nul, les activités ! Moi, je ne veux pas rester dans cette école une minute de plus après que les cours se terminent. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie. « Ah, t’es têtu, hein. Le vrai fils de Jean-Pierre Muller ! De toute façon, je serai là les deux premiers mois, et je te ferai travailler moi ! » </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Tom : « T&#8217;inquiète pas, j’ai décidé de faire un PHD. Donc, j’ai intérêt à m’y mettre. Mais j’hésite entre la création de jeux vidéo et l’herptéologie. En tous cas, va falloir que je bosse ». Soupir ! </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Je suis resté silencieux pendant tout ce dialogue, ravi que Julie prenne un peu le relais pour sermonner son nigaud de frère, si doué, mais si nonchalant et paresseux en même temps … Soudain, comme s’il avait deviné mes pensées, il me sourit, me regarde droit dans les yeux avec son air frondeur, et me demande ce que je fais avec son accent américain « ebonix » (celui des noirs américains) : « Dad, wat u doin’ ? ». Il ne lui manque que la casquette de base ball retournée et les pantalons baggy … Vingt ou trente kilos aussi, car il est un peu fluet. Pourtant, je le trouve beau. Et j’adore son humour. Dommage que je ne comprenne pas toutes ses feintes, je m’y perds souvent dans son charabia américain branché … A quatorze ans, il est à l’âge où l’on s’affirme. Il lui reste encore des petits bouts d’enfance, qui reprennent le dessus certains jours, comme durant ces vacances d’été, mais déjà l’ado rebelle a tendance à prendre le dessus. Il est comme un serpent en train de changer de peau. Est-ce que l’on peut conserver l’affection de son fils dans ces moments là, est-ce que l’on peut rester son idole ? Pour le moment, ça va encore. Je suis encore &laquo;&nbsp;son pote&nbsp;&raquo;, son copain de jeu, sa référence même dans beaucoup de cas. Mais parfois son humeur bascule et alors là, moi aussi je bascule, du piédestal sur lequel il m’a placé, et je me retrouve dans la peau du père, de l’autorité honnie, du rival. Ou pire, la honte ! Celui avec qui on ne veut pas s’afficher. Je savais que ce moment viendrait. C’est normal, je ne me formalise pas. En plus, il me le dit avec sa gentillesse à lui, façon Tom, quand je lui propose de le conduire à l’école le premier jour d‘école : « P’pa, j’aimerais bien que tu viennes avec, mais pour les copains, ce serait trop la honte &laquo;&nbsp;le p’tit qui vient avec son père&nbsp;&raquo;, tu comprends ? » </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">« Bien sûr, que je comprends, sonny boy … » </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Mais j’’ai dû lui répondre avec un brin de tristesse dans la voix, car le voilà soudain qui me prend dans ses bras, m’étreint et me console avec de grandes tapes dans le dos. « Oh Daddy-oh, huggy-huggy ! ». </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie observe la scène d’un air amusé. Aussitôt après, elle se replonge dans ses timbres. Un grand sourire éclaire son visage. Je crois qu’elle est heureuse.</span></span></p>
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		<title>Sleepless in Atlanta (nuit blanche à Atlanta)</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Jun 2007 02:09:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Les Chroniques de Houston]]></category>

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		<description><![CDATA[
Atlanta, quatre heures du matin. Accoudé au garde-fou métallique, je scrute la cour du motel &#171;&#160;New American Inn&#160;&#187;, où nous sommes descendus en pleine déroute, peu après minuit. Des motels minables de ce genre, j&#8217;ai dû en croiser des centaines, au cours de mes transhumances le long des autoroutes américaines. Mais je n&#8217;aurais jamais cru [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=316&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2007/06/motel.jpg" title="New American Inn Atlanta"><img border="0" align="left" width="200" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2007/06/motel.thumbnail.jpg?w=200&#038;h=131" hspace="10" alt="New American Inn Atlanta" height="131" /></a></p>
<p align="justify">Atlanta, quatre heures du matin. Accoudé au garde-fou métallique, je scrute la cour du motel &laquo;&nbsp;New American Inn&nbsp;&raquo;, où nous sommes descendus en pleine déroute, peu après minuit. Des motels minables de ce genre, j&#8217;ai dû en croiser des centaines, au cours de mes transhumances le long des autoroutes américaines. Mais je n&#8217;aurais jamais cru que je finirais par y passer une nuit. Et avec toute la famille, encore bien. De ma station d&#8217;observation, je contemple le ballet incessant des voitures dans le parking du motel. Sans égard pour les clients qui dorment, elles vont et viennent dans un vrombissement de moteurs, chargeant ou déchargeant des passagers. Je mettrais ma main à couper que cet endroit est un point de rencontre de dealers, doublé d&#8217;un hôtel de passe ! Comme pour me donner raison, une créature noire et féline, haut perchée sur ses talons aiguilles sort d&#8217;un chambre voisine et se dirige dans ma direction. Arrivée à ma hauteur, elle me demande « comment ça va, mon chéri ? » (How are you doing, Baby ?) et si je voudrais faire jou-jou (Wanna play ?). Un peu décontenancé par sa proposition, je lui fais signe que non, avec un sourire gêné. Elle me dévisage un court instant, se dit « Tiens, il n&#8217;est pas d&#8217;ici celui-là ! », puis reprend sa marche et s&#8217;engouffre dans une autre chambre, après avoir toqué trois coups légers à la porte. <span id="more-316"></span></p>
<p align="justify">Mais peut-on parler de chambres ? Le choc avait été rude, lorsque quelques heures plus tôt, nous nous étions installés dans la nôtre. L&#8217;endroit était sombre, crasseux, malodorant. Une odeur nauséabonde, mélange de bière, de tabac, de sueur et de moisissure planait sur l&#8217;endroit. Deux immenses lits trônaient d&#8217;un côté de la pièce. Le reste de l&#8217;agencement était constitué d&#8217;une petite TV, d&#8217;un placard vermoulu, d&#8217;une petite tablette circulaire avec deux fauteuils élimés qui devaient abriter des colonies de puces et d&#8217;un évier. Les lits étaient démesurés, tellement larges que nous aurions pu nous réfugier tous les cinq dans l&#8217;un deux. Avec le miroir en face, on imaginait bien les scènes qui avaient dû s&#8217;y dérouler. Les enfants, épuisés par le long voyage et les émotions, s&#8217;étaient laissés tomber dans celui du fond. Catherine leur avait interdit de se déshabiller. Ils s&#8217;étaient donc endormis tout habillés en à peine quelques secondes. </p>
<p align="justify">Catherine et moi étions restés longtemps immobiles sur l&#8217;autre lit, couchés en silence, main dans la main, les yeux grands ouverts à contempler le plafond, repassant sans cesse dans nos têtes les événements de la journée : notre départ, tôt le matin, de l&#8217;aéroport de Fort-de-France en Martinique, l&#8217;angoisse qui nous avait étreints lorsque notre avion avait accumulé du retard, notre course effrénée et vaine à travers l&#8217;immense aéroport d&#8217;Atlanta où nous devions prendre une connexion pour Houston, et puis notre désespoir lorsque nous avions vu la porte d&#8217;embarquement fermée et compris que nous ne rentrerions pas à la maison ce soir-là. Mais le pire était à venir : d&#8217;abord la longue file d&#8217;attente au comptoir B212 de l&#8217;aéroport, celui des passagers en stand by, la colère qui montait au sein de tous ces gens restés en rade dans la nuit, comme nous, la violence des mots et des regards et la vulgarité du personnel au sol de Delta Airlines, et puis surtout le choc quand le préposé nous avait annoncé d&#8217;une voix faussement désolée qu&#8217;ils ne pouvaient nous garantir un retour sur Houston que le mardi matin. Nous étions samedi soir. Et ils ne pouvaient même pas nous trouver de logement pour la nuit, car tous les hôtels de la ville étaient bondés à cause de la course de Nascar Racing du week-end. Bien notre chance !</p>
<p align="justify">En nous efforçant de garder notre calme, nous avions tenté de faire comprendre au préposé de service tout notre désarroi. Deux jours et trois nuits d&#8217;attente, avec trois enfants, et l&#8217;école qui recommençait le lendemain,  deux jours et trois nuits d&#8217;attente pour un vol de trois heures à peine, entre deux des plus grandes villes américaines, cela ressemblait à une mauvaise blague, à un cauchemar. Mais le type nous avait déclaré d&#8217;un ton indifférent que nous pouvions toujours essayer de nous plaindre auprès du service clientèle. Puis il avait ajouté que lui, il était fatigué, que cela faisait huit heures qu&#8217;il essayait de recaser des gens sur d&#8217;autres vols aux quatre coins des Etats-Unis et que ce n&#8217;était pas de sa faute si tous ces avions avaient été annulés ou détournés suite à des problèmes de météo. En clair, il voulait qu&#8217;on le laisse tranquille. Mais on ne s&#8217;était pas laissés décontenancer. Comme on insistait, il s&#8217;était mis, de mauvaise grâce, à tapoter nerveusement sur son clavier jusqu&#8217;à ce que, après de longues minutes, son imprimante se mette à crépiter des cartes d&#8217;embarquements pour le vol du lendemain, à 7 heures du matin. Mais notre joie avait été de courte durée car le gars nous avait déclaré, avec un brin de sadisme, qu&#8217;il ne fallait pas se faire d&#8217;illusions, qu&#8217;on avait vraiment très peu de chance de pouvoir embarquer, surtout à cinq, le vol étant déjà surbooké. Et si on voulait bien dégager le passage, qu&#8217;il puisse s&#8217;occuper de la personne suivante dans la file, merci ! Devant tant d&#8217;arrogance et de cynisme, nous en était restés sans voix, Catherine et moi, comme tétanisés.</p>
<p align="justify">Dans l&#8217;aéroport, c&#8217;était le chaos. Les passagers et le personnel au sol s&#8217;énervaient, s&#8217;injuriaient, s&#8217;invectivaient. Une dame nous avait proposé de co-signer une lettre de plainte qu&#8217;elle comptait adresser à un Sénateur de l&#8217;état de Géorgie de ses amis. Mais quand elle avait compris que nous n&#8217;étions pas des électeurs américains, elle nous avait plantés là, sans un mot. Un peu plus tard, un préposé de l&#8217;aéroport avait largué un grand carton contenant des nécessaires de toilettes pour passer la nuit. En quelques secondes, le carton avait été pillé. De haute lutte, j&#8217;étais parvenu à en extraire cinq trousses.</p>
<p align="justify">La situation n&#8217;était guère brillante. Il était près de minuit, les enfants étaient affalés sur les sièges de l&#8217;aéroport, épuisés, affamés et découragés. Nous valises étaient loin. Nous n&#8217;avions avec nous que quelques maigres bagages à main, sans aucun vêtement de rechange. Il nous fallait trouver un hôtel, même pour les quelques heures qui nous restait avant le vol du dimanche matin. J&#8217;avais appelé l&#8217;agence Travelocity, celle qui nous avait réservé le trip en Martinique pour les supplier de nous trouver un hôtel. Au bout du fil, le téléopérateur m&#8217;avait tout de suite annoncé, lui aussi, que tout était plein à Atlanta. Je l&#8217;avais supplié d&#8217;essayer quand même, au bord des larmes. Je crois que je me serais mis à genoux s&#8217;il avait été en face de moi. N&#8217;importe quel hôtel ferait l&#8217;affaire. Il m&#8217;avait mis en attente de longues minutes. Quand il avait repris la communication, il m&#8217;avait annoncé que tout ce qu&#8217;il avait pu nous dégotter, c&#8217;était le « New American Inn », ce trou infâme et répugnant. Bien sûr, il ne me l&#8217;avait pas présenté ainsi, mais à son expression, j&#8217;avais bien compris que ce ne serait pas le Hilton &#8230; Peu importait, tant que les enfants puissent prendre un peu de repos.</p>
<p align="justify">Et une demi-heure plus tard, un taxi nous larguait devant le comptoir de la réception de cet établissement. C&#8217;était une minuscule guérite, glauque, protégée de gros barreaux métalliques à la porte et aux fenêtres. Le réceptionniste, un Pakistanais, était lui-même abrité derrière un guichet pourvu de vitres pare-balle. Il fallait payer d&#8217;avance et c&#8217;était le double du tarif annoncé par Travelocity au téléphone. Mais nous n&#8217;avions guère le choix, et le réceptionniste le savait.</p>
<p align="justify">Passé trois heures, vaincue par la fatigue, Catherine avait fini par s&#8217;endormir elle aussi. C&#8217;était à ce moment que j&#8217;étais sorti sur la terrasse, car j&#8217;étais bien incapable de fermer l&#8217;œil. J&#8217;étais donc resté seul à veiller, hagard, en proie au plus vif découragement, à la colère, à l&#8217;indignation et à la honte. Oui, je sais, c&#8217;est bizarre, mais je me sentais honteux de ce qui nous arrivait. Je me sentais vaguement coupable d&#8217;avoir entrainé ma famille dans ce drame, je me culpabilisais de n&#8217;avoir pas été à la hauteur à l&#8217;aéroport, et je ne pouvais m&#8217;empêcher de penser avec angoisse à ce qui allait se passer si nous ne réussissions pas à prendre l&#8217;avion de 7 heures du matin.</p>
<p align="justify">A quatre heures et demie, le téléphone de la chambre avait sonné. Catherine réveillée en sursaut avait décroché. C&#8217;était une erreur. Une voix féminine avait raccroché aussitôt. Heureusement, les enfants dormaient encore. Profitant de ce sursis, j&#8217;avais pris une rapide douche dans la minuscule salle de bain de la chambre. L&#8217;eau était à peine tiède, mais cette douche, presque froide, m&#8217;avait revigoré. Puis, j&#8217;avais enfilé le t-shirt blanc « sky team » que contenait le kit de toilette reçu à l&#8217;aéroport quelques heures plus tôt. Le simple fait d&#8217;enfiler ce vêtement propre m&#8217;avait donné un tonus inattendu. Je me sentais presque frais.</p>
<p align="justify">Ensuite, j&#8217;avais achevé de réveiller tout mon petit monde, et à cinq heures quinze du matin, nous roulions en silence en taxi en direction de l&#8217;aéroport. Nous n&#8217;avions qu&#8217;une idée en tête : embarquer dans cet avion et rentrer tous ensemble à la maison. Nous avions cependant convenu que ce serait Julie qui embarquerait s&#8217;il n&#8217;y avait qu&#8217;une seule place, et puis Tom, école oblige. Ensuite ce serait moi, pour des raisons professionnelles évidentes. Si nécessaire, Catherine patienterait donc à Atlanta avec Luna, jusqu&#8217;au mardi.</p>
<p align="justify">Mais à notre arrivée à l&#8217;aéroport, tous nos espoirs avaient été instantanément anéantis. Le vol DL4893 du 18 mars à 7 heures du matin, à destination de Houston, était annulé. Tout simplement. L&#8217;immense tableau de l&#8217;aéroport d&#8217;Atlanta affichait une bonne centaine de vol, les premiers de la journée, et un seul parmi eux était annulé. Le nôtre ! La malchance s&#8217;acharnait sur nous.</p>
<p align="justify">J&#8217;avais croisé le regard de Catherine. Il disait la même chose que moi. En un instant, notre décision était prise. C&#8217;était celle de l&#8217;action. Nous avions décidé de reprendre les choses en main. Nous allions rentrer en voiture à Houston. Je ne savais pas très bien combien d&#8217;heures de route cela nous prendrait &#8211; Quatorze ? seize ? Vingt ? &#8211; mais cela n&#8217;avait pas d&#8217;importance. On allait le faire. Il fallait quitter cet endroit. Tous ensemble.</p>
<p align="justify">Et pour la troisième fois depuis la veille, nous nous étions retrouvés à arpenter le dédale des couloirs de l&#8217;aéroport, cette fois pour nous rendre aux comptoirs de location de voitures. Il était à peine six heures du matin. La plupart des guichets étaient encore fermés. Celui d&#8217;Hertz ouvrait précisément, et l&#8217;affaire avait été rondement menée. On avait choisi un modèle 4&#215;4 spacieux, presque luxueux. Un Ford Escape. Cela ne pouvait mieux tomber, n&#8217;est-ce-pas ? « Escape » comme « s&#8217;échapper », c&#8217;était exactement ce que nous voulions faire &#8230;</p>
<p align="justify">Et moins de dix minutes plus tard, nous quittions le complexe aéroportuaire d&#8217;Atlanta. Catherine m&#8217;avait assisté durant les premières minutes afin de m&#8217;aider à trouver la bonne direction, ensuite elle m&#8217;avait demandé la permission de s&#8217;assoupir. A l&#8217;arrière, les enfants s&#8217;étaient endormis eux aussi, et je m&#8217;étais donc retrouvé à nouveau seul éveillé, perdu dans mes pensées, roulant dans la nuit noire en direction du Sud Ouest. Dans ma tête, les images des derniers événements se succédaient, et une nouvelle angoisse m&#8217;étreignait. N&#8217;étions nous pas en train de commettre une folie, celle de nous lancer dans un aussi long périple, après une nuit sans sommeil ?</p>
<p align="justify">Les trois ou quatre premières heures m&#8217;avaient effectivement paru interminables. Ces autoroutes américaines le long lesquelles on se traine à du 110 à l&#8217;heure sont ennuyeuses à mourir.  Et mes paupières devenaient de plus en plus lourdes. Catherine m&#8217;avait bientôt succédé au volant. Et à mon tour, je m&#8217;étais endormi, cinq ou dix minutes tout au plus, mais cela avait suffi à me redonner des forces. Avec le jour qui s&#8217;était levé, notre moral était revenu au beau fixe. Nous nous sentions tous les cinq transportés de joie à l&#8217;idée de rentrer chez nous ! Lors d&#8217;un arrêt dans une station, nous avions acheté une carte routière détaillée avec les distances et les villes, et Tom s&#8217;amusait à contrôler notre progression et évaluer notre situation par rapport au timing que nous nous étions fixés. En traversant les états de Géorgie, d&#8217;Alabama, du Mississipi, de Louisiane pour enfin arriver au Texas, nous nous sentions un peu l&#8217;âme des pionniers du Far West. Notre Ford Escape était notre coursier et nous partions à la conquête de l&#8217;Ouest.</p>
<p align="justify">Etonnamment, je garde un bon souvenir de ce voyage retour. J&#8217;ai adoré conduire cette magnifique voiture et tout le long du trajet, un véritable sentiment de solidarité et de convivialité nous habitait. Nous rentrions tous ensemble. Nous formions une famille solidaire et unie, et c&#8217;était cela qui importait.</p>
<p align="justify">Finalement, nous sommes arrivés à Houston vers 7 heures du soir. Je pense qu&#8217;on a dû mettre environ quatorze heures pour rentrer, compte tenu du décalage horaire. Nous nous sommes même permis un petit arrêt d&#8217;une heure pour déguster des écrevisses à Lafayette, en Louisiane !</p>
<p align="justify">Mais je n&#8217;oublierai jamais cette nuit blanche à Atlanta et je promets ici solennellement que jamais plus je ne volerai sur les lignes de Delta Airlines. Je ne pourrai jamais leur pardonner de nous avoir abandonnés en plein nuit, avec femme et enfants, sans un mot d&#8217;excuse, et avec tellement d&#8217;arrogance et de dédain.</p>
<p align="justify">Bien entendu, j&#8217;ai introduit une plainte en bonne et due forme. Elle suit son cours. À l&#8217;heure où j&#8217;écris ces lignes, trois mois se sont passés, et je n&#8217;ai encore reçu qu&#8217;un simple accusé de réception et une demande de justificatifs de toutes nos dépenses. Je crois que cela prendra longtemps pour obtenir compensation, mais je serai patient. Très patient &#8230;</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/houstonbayous.wordpress.com/316/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/houstonbayous.wordpress.com/316/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/houstonbayous.wordpress.com/316/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/houstonbayous.wordpress.com/316/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/houstonbayous.wordpress.com/316/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/houstonbayous.wordpress.com/316/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/houstonbayous.wordpress.com/316/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/houstonbayous.wordpress.com/316/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/houstonbayous.wordpress.com/316/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/houstonbayous.wordpress.com/316/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/houstonbayous.wordpress.com/316/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/houstonbayous.wordpress.com/316/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=316&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Jean-Pierre Muller</media:title>
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			<media:title type="html">New American Inn Atlanta</media:title>
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	</item>
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		<title>Martinique, fleur des Caraïbes</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Mar 2007 03:24:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>

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		<description><![CDATA[

Nous rentrons juste d’une petite semaine de vacances en Martinique.
Ah, la Martinique ! Qu’est ce je pourrais vous en dire. Voyons, voyons … La Martinique, c’est vert. Très vert : vert comme la forêt tropicale dans laquelle nous nous sommes plongés avec délectation lors de balades revigorantes, vert comme ces cocotiers dont les palmes se balançaient mollement [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=310&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span><font face="Times New Roman"><span></span></font></span></p>
<p><font size="2"></p>
<p align="justify"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2007/04/martinique-024_edited.jpg" title="Martinique, fleur des Caraïbes"></a><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2007/04/martinique-022_edited.jpg" title="Martinique"><img align="left" width="200" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2007/04/martinique-022_edited.jpg?w=200" hspace="10" alt="Martinique" style="width:200px;" /></a>Nous rentrons juste d’une petite semaine de vacances en Martinique.</p>
<p align="justify">Ah, la Martinique ! Qu’est ce je pourrais vous en dire. Voyons, voyons … La Martinique, c’est vert. Très vert : vert comme la forêt tropicale dans laquelle nous nous sommes plongés avec délectation lors de balades revigorantes, vert comme ces cocotiers dont les palmes se balançaient mollement au-dessus de nos têtes à la piscine de l’hôtel. Vert aussi comme ces champs de bananiers et de cannes à sucre qui s’étendaient à perte de vue. La Martinique, c’est rouge comme ces fleurs sauvages dans les forêts d’émeraude, rouge comme ces langoustes et ces crabes savoureux que l’on dégustait en grillade ou dans des acras (beignets), rouge comme notre petite voiture qui nous transportait docilement au gré de nos envies, à la découverte de cette île paradisiaque. La Martinique c’est bleu, comme le bleu de la piscine, comme ces paysages de carte postale où les cieux se mélangeaient au bleu des lagons clairs, bleu comme la mer que l’on découvrait le long de criques escarpées au hasard des routes en lacets que nous parcourions. La Martinique c’est jaune, comme ces plages de sable chaud, jaune comme ces ananas juteux que l’on mangeait de grand matin, jaune comme ces cocktails que l’on savourait à petites gorgées au bar de l’hôtel. La Martinique, elle vous en donne plein la vue de ses couleurs vives et chamarrées comme les robes et les coiffes des jolies Martiniquaises que l’on croisait sur les petits marchés. <span id="more-310"></span></p>
<p align="justify">Bref, la Martinique, c’est un petit paradis que l’on vous invite à découvrir en parcourant notre album photo</p>
<p align="justify"><a href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157600057245380">http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157600057245380</a>.</p>
<p align="justify">Tout aurait été parfait si, lors de notre retour, Delta Airlines ne nous avait pas laissé en rade à l’aéroport d’Atlanta, en pleine nuit, en route vers Houston. Je vous raconterai cet épisode incroyable et scandaleux dans une de mes prochaines petites chroniques. Promis ! Cela me fera un bien fou d’éructer ma rage contre cette compagnie aérienne incivique et inique. Afin de ne garder de ce voyage que le meilleur. Et de crucifier une fois pour toute Delta Airlines afin qu’ils disparaissant définitivement du ciel américain. Le plus tôt sera le mieux.</p>
<p></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/houstonbayous.wordpress.com/310/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/houstonbayous.wordpress.com/310/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/houstonbayous.wordpress.com/310/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/houstonbayous.wordpress.com/310/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/houstonbayous.wordpress.com/310/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/houstonbayous.wordpress.com/310/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/houstonbayous.wordpress.com/310/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/houstonbayous.wordpress.com/310/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/houstonbayous.wordpress.com/310/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/houstonbayous.wordpress.com/310/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/houstonbayous.wordpress.com/310/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/houstonbayous.wordpress.com/310/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=310&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Jean-Pierre Muller</media:title>
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			<media:title type="html">Martinique</media:title>
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	</item>
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		<title>New York, New York</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Dec 2006 21:29:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>

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		<description><![CDATA[
Pas vraiment le temps de poster une longue chronique en cette période bousculée de fin d’année. Juste un petit mot pour vous signaler que nous rentrons d’un agréable voyage à New York. Nous y étions du 18 au 24 décembre. Nous sommes rentrés à Houston juste à temps pour le réveillon de Noël, sans Julie [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=297&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/12/dsc03406_edited_1.JPG" title="La statue de la liberté"></a><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/12/dsc03406_edited_1.JPG" title="La statue de la liberté"><img align="left" width="200" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/12/dsc03406_edited_1.JPG?w=200" hspace="10" alt="La statue de la liberté" style="width:200px;" /></a></p>
<p align="justify">Pas vraiment le temps de poster une longue chronique en cette période bousculée de fin d’année. Juste un petit mot pour vous signaler que nous rentrons d’un agréable voyage à New York. Nous y étions du 18 au 24 décembre. Nous sommes rentrés à Houston juste à temps pour le réveillon de Noël, sans Julie qui a choisi de passer les fêtes en Belgique.</p>
<p align="justify">On a beau dire, mais la &laquo;&nbsp;Big apple&nbsp;&raquo; a quand même quelque chose de fascinant, même pour des gens qui vivent depuis 5 ans aux États-Unis comme nous. Ce qu’il y a de bien avec cette ville, c&#8217;est que tout le monde peut y trouver ce qu’il aime. Catherine a adoré la ballade en bateau vers la statue de la liberté et la visite de Ellis Island (le point de passage obligé des premiers immigrants), Julie a été fascinée par les mégas écrans publicitaires, les enseignes lumineuses et l’ambiance « people » de Times Square, Tom et Luna ont préféré la démesure des grand magasins de jouets, et moi l’ambiance décontractée de Soho, le quartier des galeries d’arts, des petits marchés et des boutiques branchées. Et nous avons tous découvert avec bonheur un authentique petit morceau de Chine en plein cœur de la ville en visitant China Town.</p>
<p align="justify">Une petite pointe de déception, en cette période festive : il n&#8217;y avait pas neige et pas de père Noël dans les rues. Mais quand même des illuminations superbes et des étalages magiques un peu partout &#8230;</p>
<p align="justify">Pour voir les photos, cliquez sur <a href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/">http://www.flickr.com/photos/jpmuller/</a>, puis sur l&#8217;onglet &laquo;&nbsp;New York&nbsp;&raquo; dans la partie droite de l&#8217;écran et ensuite sur &nbsp;&raquo; View as a slide show&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="justify">Bonne année 2007 !!!!</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/houstonbayous.wordpress.com/297/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/houstonbayous.wordpress.com/297/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/houstonbayous.wordpress.com/297/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/houstonbayous.wordpress.com/297/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/houstonbayous.wordpress.com/297/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/houstonbayous.wordpress.com/297/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/houstonbayous.wordpress.com/297/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/houstonbayous.wordpress.com/297/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/houstonbayous.wordpress.com/297/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/houstonbayous.wordpress.com/297/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/houstonbayous.wordpress.com/297/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/houstonbayous.wordpress.com/297/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=297&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Jean-Pierre Muller</media:title>
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			<media:title type="html">La statue de la liberté</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Schtroumpf grognon à Disney World</title>
		<link>http://houstonbayous.wordpress.com/2006/11/26/pique-sous/</link>
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		<pubDate>Mon, 27 Nov 2006 04:37:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>

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		<description><![CDATA[
En mars dernier, durant la semaine de Spring break, nous avons effectué un petit voyage en Floride. Cap sur Orlando, pour y (re)découvrir les parcs à thèmes du monde de Disney. Les enfants attendaient cela avec une impatience indescriptible. Moi aussi pour dire la vérité. Catherine beaucoup moins … Nous avons pris une sorte d’accord [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=293&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></p>
<p align="justify"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/11/magic-kingdom-parade-36.jpg" title="magic-kingdom-parade-36.jpg"><img align="left" width="200" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/11/magic-kingdom-parade-36.jpg?w=200" hspace="10" alt="magic-kingdom-parade-36.jpg" style="width:200px;" /></a>En mars dernier, durant la semaine de <em>Spring break</em>, nous avons effectué un petit voyage en Floride. Cap sur Orlando, pour y (re)découvrir les parcs à thèmes du monde de Disney. Les enfants attendaient cela avec une impatience indescriptible. Moi aussi pour dire la vérité. Catherine beaucoup moins … Nous avons pris une sorte d’accord tacite avec les enfants d’aller rendre visite à Mickey et sa bande de petits copains tous les six ans. C’était donc la première fois pour Luna, la deuxième pour Tom, la troisième déjà pour Julie et la quatrième pour moi. J’étais en effet déjà venu à Disney World Orlando alors que j’avais à peine vingt ans. Allais-je retrouver cette ambiance magique de ma jeunesse ?</p>
<p align="center">***<span id="more-293"></span></p>
<p align="justify">Tom avait les yeux rivés sur le vieux Monsieur en uniforme Disney qui canalisait le flot des passagers du prochain monorail en partance pour le Magic Kingdom. « Tu crois qu’il a le droit de rentrer gratuitement dans les parcs ? » Me demanda-t-il. Je pouvais lire dans le regard de mon petit bonhomme un mélange d’envie et d’admiration envers le vieil homme. Pourtant, celui-ci devait avoir dépassé les soixante ans depuis belle lurette et quelque chose me disait qu’il avait dû avoir un petit problème avec son plan de pension ! Etre obligé de se taper un boulot aussi ingrat sous le soleil de Floride, à son âge, c’était triste à pleurer. Mais j’avais préféré garder ces sombres pensées pour moi et répondre d’une moue dubitative à l’adresse de mon petit Tom. Surtout ne pas briser son rêve …</p>
<p align="justify">Enfin, le monorail était arrivé. Il était temps car la station était pleine à craquer. Certains passagers allaient sans doute devoir attendre encore deux ou trois rames avant de pouvoir embarquer. Mais on n’allait quand même pas les plaindre, ce seraient des concurrents de moins aux files d’attente des attractions. Surtout que nous avions attendu nous-mêmes déjà plus d’une heure pour la navette qui nous avait pris à l’hôtel et nous avait emmené à la station de monorail. D’accord, c’était gratuit, mais au prix des vacances, chaque heure de perdue, c’était autant d’argent jeté par les fenêtres. J’avais empoigné Tom d’une main (toujours le nez en l’air, admirant le vieux préposé à l’embarquement des trains) et Luna de l’autre et nous avions embarqué. Tout le long du trajet, une voix faussement enjouée nous avait cassé les oreilles en répétant non stop dans le haut parleur tout l’historique du monorail. On savait tout de son poids, de sa longueur, de sa vitesse maximale, l’année de sa construction, combien d’ouvriers y avaient travaillé et combien de millions de passagers s’étaient ennuyés à écouter ce message avant nous… Moi j’aurais donné cher pour une musique douce, genre « Cendrillon » ou « La belle et la bête », histoire de se mettre dans l’ambiance, mais tiens fume !</p>
<p align="justify">Enfin, vingt bonnes minutes plus tard, on était arrivés à la porte du <strong>Magic Kingdom</strong>. Depuis le monorail, une vue panoramique s’offrait à nous. C’était une vision d’horreur : le plus grand parking de voiture de ma vie. Et plein, encore bien ! A dix heures du matin, des milliers et des milliers de voitures. Et tout de suite après, une autre vision de cauchemar : les files d’attente des visiteurs. A perte de vue, des gens en t-shirts colorés, bermudas et flip flops attendaient en file indienne. Ici, le service d’ordre ouvrait les sacs pour prévenir tout attentat terroriste (Merci Al kaida, on pense bien à vous !), là on faisait la file pour acheter les billets, là encore on attendait son tour pour franchir les portillons d’entrée. Notre première journée dans le royaume magique de Walt Disney s’annonçait pour le moins difficile. Chaude et difficile. Disons même très chaude et très difficile, n’ayons pas peur des mots. A propos de mot, Tom avait trouvé ceux qu’il fallait pour me réconforter : « T’inquiète pas, Papa, le parc ne ferme pas avant 8 heurs du soir. » Instinctivement, j’avais regardé ma montre. Allons, courage, plus que 10 heures à tenir…</p>
<p align="justify">Et effectivement, ça avait été une longue et difficile journée. En résumé, on peut dire que nous l’avions passée à faire des files comme des pingouins sur la banquise : files aux attractions, files aux magasins de nourriture et boissons, files aux toilettes. Il y avait même des files pour voir les personnages de Disney. Autrefois, on les croisait qui déambulaient benoîtement au hasard des allées; maintenant c’est fini. Ils ont leur petit trône désigné dans les parcs, où les gamins font la file pour leur faire signer des autographes. C’est fou, non ? Passer des heures d’attente pour faire signer des grosses peluches&#8230; Bref ! Une enfilade de files. Voilà en quoi se résumait cette journée. Entrecoupées de quelques moments de plaisir, mais de courtes durées. Et il y avait toujours quelque chose pour nous saper le moral. Le spectacle du « roi lion » par exemple. Très beau, je dois dire : excellente mise en scène, une musique du tonnerre, des décors de rêves, des costumes extraordinaires et des acteurs et danseurs talentueux. Seul petit problème : ils avaient mis la climatisation à fond dans le théâtre et, comme par hasard, je me trouvais juste sous une bouche de ventilation. Je me serais cru dans une chambre froide. Ou comme cette salle de théâtre en 3D où l’on projetait un film mi-comique, mi-fantastique sur les insectes. Une qui avait trouvé le film très fantastique, mais pas comique du tout, c’était notre petite Luna. Elle était littéralement terrorisée et elle avait hurlé à la mort pendant toute la présentation et du coup on s’était fait regarder de travers par toute la salle. Par la suite, à chaque fois qu’on entrait dans une quelconque salle de spectacle, Luna s’empressait de demander la voix tremblante s’il allait lui falloir encore mettre des lunettes… Mais après cette expérience catastrophique, vous pensez bien qu’on s’était gardé de l’emmener à nouveau dans un cinéma en 3D.</p>
<p align="justify">Oui, franchement dit, cette première journée fut terrible. Dans la navette qui nous ramenait à l’hôtel à la nuit tombante; je n’arrivais pas à chasser de ma tête le montant avec pleins de zéros derrière que cette semaine en Floride allait nous coûter. Tout cela pour quoi au fond ? Quelques moments de plaisir vite passés, histoire de se faire asperger, décoiffer, secouer dans tous les sens, et soulager de quelques dollars entre chaque attraction. Car si tout était compris dans le prix, c’était sans compter sur les inévitables arrêts bouffes, boissons et souvenirs à gogos… Et je ne parle pas de la facture de hôtel qui était soi disant prépayé. Quand nous étions arrivés, un grand écriteau annonçait qu’à partir du 1<sup>er</sup> mars (bien notre chance …on était le 15 mars !) ils allaient appliquer un « <em>convenience fee</em> » sur les tarifs prépayés, ce qui était effectivement très « <em>convenient</em> » pour eux, merci ! D’autre part, le même écriteau informait l’aimable clientèle (de moins en moins aimable en ce qui me concernait) qu’un <em>gratuity fee</em> &#8211; pas gratuit pour tout le monde si vous voulez mon avis &#8211; serait prélevé automatiquement sur toute commande « room service ». Avec l’appétit vorace de mes petits estomacs sur patte, je me disais que ce <em>gratuity fee</em> allait me frapper de plein fouet durant cette semaine.</p>
<p align="justify">Face à ce désastre, Catherine qui, comme vous le savez, lit couramment dans mon regard, essayait de me remonter le moral tant bien que mal: « T’inquiète pas P’tit loup, ils ont passé un bon moment », qu’elle disait. Et c’était vrai qu’ils avaient l’air contents les trois mouflets. Même la musaraigne &#8211; c’est ainsi que je surnomme Julie à cause de son joli petit museau effilé &#8211; qui était pourtant partie le matin avec des pieds de plomb parce que son I-Pod s’était cassé dans l’avion. Et oui, c’était vrai au fond : nous n’avions perdu aucun enfant dans le parc, aucun d’eux ne m’avait vomi dessus, personne n’avait été piqué par une guêpe et on ne nous avait pas volé de caméra. Tout allait bien, en fait. Et j’allais même découvrir en rentrant à hôtel un bonheur tout simple en me plongeant dans mon San Antonio, agrémenté d’un bon petit verre de vin. Voilà des vacances comme je les aime. Le seul petit problème c’est qu’il nous restait encore 4 jours à tirer à Disney World. Mais il valait mieux ne pas trop y penser …</p>
<p align="justify">Surtout que si le premier jour avait été long, c’était sans commune mesure avec le second. Les enfants nous avaient réveillés dès potron-minet, en et prime, ce jour-là le parc fermait à 10 heures du soir, avec parade électrique nocturne à la clef. La totale. Et inutile d’espérer un instant que les enfants allaient se lasser et nous demander de rentrer avant la fermeture. En plus, on avait pris la décision de s’organiser un peu mieux que la veille. Certaines attractions disposaient de « fast pass » (le principe consistant à prendre rendez-vous et revenir à l’attraction à une heure dite en bénéficiant d’une file d’attente réduite) et l’un de nous avait donc dû se dévouer pour aller collecter ces « fast pass » aux quatre coins du parc pour permettre aux autres de passer sans attendre. Vous vous en doutez, c’était moi qui m’y était collé. J’avais donc passé l’essentiel de cette journée à <em>criss crosser</em> le parc à thèmes en tous sens et a téléphoner à ma joyeuse petite troupe pour leur signaler l’heure et l’endroit du prochain rendez-vous. Ces « fast pass », croyez-moi c’est super pour les gens qui s’encroûtent car ils sont subtilement distillés de manière telle à vous faire revenir à l’endroit du rendez-vous dans un laps de temps trop long pour attendre et pas assez long pour planifier un passage au même endroit en fin de journée. Bref ! Au bout de la journée, j’avais appris à connaître le parc par cœur, j’en connaissais désormais chaque attraction, chaque restaurant, chaque boutique, chaque toilette. Les gens du parc me saluaient comme un vieil habitué, un abonné de longue date. J’avais même découvert des raccourcis secrets.</p>
<p align="justify">D’une manière générale, on avait passé cette deuxième journée par équipes. La plupart du temps, je faisais équipe avec moi-même pour récolter les fameux « fast pass », et, quand je ne courais pas d’un bout à l’autre du parc, à la manière de Speedy Gonzalez, je retrouvais Tom et Julie, nanti des fameux « fast pass », pour les attractions effrayantes qui les excitaient le plus. Ma douce et tendre, elle, restait le plus clair de son temps avec Luna dans un périmètre constitué essentiellement du manège à chevaux et des attractions de Winnie The Poo, Peter Pan et « Small world » lesquelles constituaient le centre d’intérêt de Luna. Nous avions découvert le lendemain que ce qui faisait plus plaisir encore à Luna, c’était de rentrer à hôtel. Cette petite, c’est tout le portrait de son père, mais elle ce n’était pas pour boire un bon verre de vin mais bien pour aller se plonger dans la piscine. Quand on pense qu’on en a une à la maison, ça fait mal au portefeuille, croyez-moi.</p>
<p align="justify">Mais il ne faut pas trop se plaindre. Car quelque soit la croix que vous portez sur votre épaule, dites-vous qu’il y a toujours plus malheureux que vous. Ainsi, je me sentais très peiné pour tous ces petits vieux, visiblement peu ou mal renseignés sur le calendrier scolaire et qui, au lieu de visiter le parc d’attraction en dehors des jours de congés étaient venus se perdre dans cette forêt de jambes nues et bronzées et se frotter les roues de leurs chaises roulantes contre celles plus petites mais ô combien vives de ces milliers de landaus d’enfants (même nous, on en louait un pour transbahuter Luna et tout notre barda). Pire encore, il y avait tous ces autres petits vieux qui travaillent dans le parc, comme le héros de Tom à la station du monorail. La plupart des employés du parc avaient en effet l’âge d’être grands parents. Au Texas, ce sont les Latinos et les Noirs qui se tapent tous les petits boulots. En Floride, ce sont des petits vieux, apparemment. Quelle tristesse …</p>
<p align="justify">Je ne peux pas passer sous silence les cohortes de Japonais. Et là, franchement et sans racisme aucun, j’avais quand même du mal à les encaisser. C’était une véritable marée humaine aux yeux bridés qui déferlait par vagues. Mais qu’est-ce qu’ils avaient besoin de venir nous envahir en ces congés de spring break, ceux-là ? Déjà qu’ils nous avaient fait le coup à Pearl Harbor ! Vous noterez au passage que j’ai dit « nous », ce qui indique que je n’hésite pas à faire cause commune avec les Américains en cas de crise grave. Non mais c’est vrai, quoi, à la fin. Ce n’était vraiment pas la peine d&#8217;ouvrir un Disney land à Tokyo…</p>
<p align="justify">Bref ! Retour à hôtel ce soir là, complètement éreintés, et trempés comme des canards par-dessus le marché parce qu’on avait fait la rivière sauvage juste avant la fermeture et on s’était ramassé une de ces douches mémorables. Du coup, on avait dû tous les trois (je parle de Julie, Tom et moi, car Catherine et Luna devaient se prélasser à hôtel depuis déjà un bon moment) passer à la boutique située juste en face de l’attraction pour y acheter des serviettes de bain et des habits secs, tout cela à des prix prohibitifs comme vous vous en doutez. Comme si cela ne suffisait pas, la climatisation du bus qui nous ramenait à hôtel marchait à tout berzingue, et c’était couru d’avance que j’allais me choper un de ces rhumes canons le lendemain matin. Et si au moins le chauffeur avait pu se taire une minute, mais non, lui aussi il fallait qu’il nous casse les bonbons en hurlant dans son micro les horaires de départ pour le lendemain et le détail des attractions en vogue pour le moment dans Downtown Disney</p>
<p align="justify">Heureusement l’homme s’adapte à tout, l’instinct de survie prend le dessus, même dans les pires situations. Nous avons donc survécu à ces deux journées au Magic Kingdom, ainsi qu’à celles à Epcot, Animal Kingdom et MGM Studios, les trois autres parcs à thème de Disney à Orlando. Ce fut de loin Epcot mon meilleur souvenir. J’ai adoré le « <em>world showcase</em> », ces onze pavillons disposés en éventails autour d’un grand lagon et présentant chacun un pays du monde, avec son architecture, sa culture, ses traditions et même ses saveurs … Hum !! J’ai d’autant plus apprécié l’endroit qu’il y avait relativement peu de monde. C’est aussi à Epcot que nous avons découvert l’attraction la plus sensationnelle d’Orlando, <strong>Soarin</strong>, où vous planez les jambes dans le vide, dans des sortes de balancelle, au-dessus d’un écran géant genre IMAX présentant des paysages du monde que vous survolez parfois à très grande vitesse,. L’impression est hallucinante. Et bien sûr, nous disposions des précieux « fast pass » pour y accéder, car les files étaient longues à mourir. On avait même été les tout derniers à en obtenir, bien plus tôt dans la journée. Avec les enfants, on s’était d’abord éclatés en paradant avec nos tickets devant la mine déconfite des pauvres malheureux qui avaient encore deux heures d’attente, tel « Mister Bean lorsqu’il embarque dans un avion en première classe et montre son billet ostensiblement aux passagers de la classe touriste…</p>
<p align="justify">Cette exception mise à part, je vous dirai que je n’ai pas guère retrouvé la magie de mon enfance, tout au long de cette semaine. Ces cinq jours à Orlando nous ont donc englouti une somme considérable en nous apportant tout au plus quelques bons souvenirs. J’ai râlé souvent, ce qui fait évidemment partie de mon personnage et fait toujours beaucoup rire les enfants. J’ai d’ailleurs souvent tendance à en rajouter une couche pour les amuser. Quand je serai mort, je crois qu’ils se souviendront de moi ainsi, comme un grognon au grand cœur qui les faisait rire avec toutes ses râleries (comme dit la musaraigne).</p>
<p align="justify">En résumé donc, je garde le souvenir de Disney World Orlando comme d’une immense pompe à fric. J’en sais qui vont me traiter de radin, mais tant pis j’assume. Et à ce propos, j’ai été très déçu de n’avoir pas rencontré Picsou dans le parc, c’est de loin mon personnage préféré de Disney, celui en lequel je m’identifie le plus. J’aurais bien eu quelques mots à lui dire …</p>
<p align="center">****</p>
<p align="center">Pour visualiser le slide show de notre séjour à Disney World, cliquer sur la photo ci-dessous, et ensuite sur l’onglet « Disney World Orlando &#8211; Mars 2006 (set) ».</p>
<p align="center"><a href="http://www.flickr.com/photos/96982660@N00/307311445/" title="photo sharing"><img src="http://static.flickr.com/122/307311445_41b5ffb4d5.jpg" class="flickr-photo" /></a></p>
<p><span class="flickr-caption"><a href="http://www.flickr.com/photos/96982660@N00/307311445/"><font color="#333333">Magic Kingdom 24</font></a>, originally uploaded by <a href="http://www.flickr.com/people/96982660@N00/"><font color="#333333">Jean-Pierre Muller</font></a>.</span></p>
<p></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/houstonbayous.wordpress.com/293/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/houstonbayous.wordpress.com/293/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/houstonbayous.wordpress.com/293/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/houstonbayous.wordpress.com/293/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/houstonbayous.wordpress.com/293/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/houstonbayous.wordpress.com/293/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/houstonbayous.wordpress.com/293/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/houstonbayous.wordpress.com/293/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/houstonbayous.wordpress.com/293/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/houstonbayous.wordpress.com/293/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/houstonbayous.wordpress.com/293/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/houstonbayous.wordpress.com/293/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=293&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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		<title>Big thicket pour l&#8217;aventure</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Aug 2006 20:35:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Les Chroniques de Houston]]></category>

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		<description><![CDATA[
Ann et Bill nous attendaient sur le pas de la porte. C’était les patrons du Bed &#38; Breakfast à la ferme que j’avais dégotté sur internet, à proximité immédiate du « Big Thicket National Preserve », un parc naturel protégé, dans les forêts denses et humides de l’Est texan. Ces trois jours d’aventures, quasiment à notre porte [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=259&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></p>
<p align="justify"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/daddy2.jpg" title="Daddy Long Legs" class="imagelink"></a><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/bigthic1.jpg" title="Big Thicket National Preserve (Texas)" class="imagelink"><img align="left" width="200" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/bigthic1.jpg?w=200" hspace="10" alt="Big Thicket National Preserve (Texas)" /></a>Ann et Bill nous attendaient sur le pas de la porte. C’était les patrons du Bed &amp; Breakfast à la ferme que j’avais dégotté sur internet, à proximité immédiate du « Big Thicket National Preserve », un parc naturel protégé, dans les forêts denses et humides de l’Est texan. Ces trois jours d’aventures, quasiment à notre porte (moins de deux heures de route de Houston), c’était notre cadeau pour la fête des mères : 3 jours pendant lesquels nous allions alterner promenades en forêt, descente de la rivière Netches en canoë, repas gastronomiques de cuisine traditionnelle locale et repos dans un cadre bucolique et champêtre. Le rêve ! J’avais choisi à dessein le B&amp;B le plus typique, histoire que ces trois jours restassent à tout jamais gravés dans nos mémoires. Et de ce point de vue là, je dois dire que nous n’avons pas été déçus.<span id="more-259"></span></p>
<p align="justify">Donc, Ann et Bill nous attendaient, couple septuagénaire sympathique à l’accent traînant des gens du sud. Et ils n’étaient pas seuls. Deux petits roquets (un noir, et un blanc à tâches noires) faisaient également partie du comité d’accueil. Ils s’étaient mis à aboyer et grogner férocement à notre descente de voiture à tel point que les enfants n’osaient pas faire un pas. Ann leur avait discrètement filé un bon coup de talon dans l’arrière-train (aux chiens, pas aux enfants), histoire de leur apprendre les bonnes manières, tout en nous expliquant qu’ils étaient en fait adorables en dépit de leur allure revêche, et que c&#8217;était leur façon à eux d’exprimer leur contentement. Mais elle nous avait quand même bien recommandé d’éviter de les caresser. Forte de ces recommandations, Catherine les avait baptisés « Pas touche » et « Touche-moi pas ». Et ces deux petits compagnons, attachants à leur façon, n’allaient quasiment jamais nous lâcher d’une semelle à chaque fois que nous allions mettre le nez dehors.</p>
<p align="justify">Une fois les présentations terminées, Ann nous avait fait visiter l’endroit. C’était …Comment<a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/bigthic2.jpg" title="Ethridge Farm 1" class="imagelink"><img vspace="5" align="right" width="250" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/bigthic2.jpg?w=250" hspace="10" alt="Ethridge Farm 1" /></a> dire ? Rustique. Oui, c’est cela ! Rustique. Très rustique ! Julie m’avait soufflé à l’oreille : « Eh ben, dis ! On dirait la maison de David Crockett ». Et il y avait du vrai la-dedans. C’était vaste, sombre, encombrés de vieux meubles fatigués, d’animaux empaillés, de trophées de chasse en tous genres et d’une multitude d’autres objets hétéroclites et poussiéreux qui s’entassaient sur des étagères ou s’amoncelaient dans tous les coins. Un vrai paradis pour brocanteur. Il y avait une vieille bibliothèque remplies de livres jaunis et de jeux de sociétés brinquebalants. Des plantes séchées partout. Ou plutôt desséchées car on avait visiblement oublié de les arroser depuis belle lurette. Un billard, sans doute inutilisable car il était recouvert d’une lourde planche sur laquelle s’entassaient de vieilles revues, trônait près de la cheminée de pierre. Un vieux piano mécanique cassé détachait sa masse dans un coin du salon. Une odeur de moisi et de renfermé planait sur cet univers. Le sol était recouvert d’une vielle carpette synthétique jaunâtre à poils longs, dont j’allais apprendre plus tard à mes dépens qu’elle servait d’habitat à une colonie de puces.</p>
<p align="justify">Seule la chambre à coucher matrimoniale disposait de quelque charme. Elle était décorée sur le thème de Noël, et bien que ce ne fut guère de circonstance, elle apportait une touche de gaîté dans ce capharnaüm.</p>
<p align="justify">Pendant que Julie avait entrepris une inspection minutieuse et craintive de tous les recoins de la maison, à la recherche d’araignées et autres petits animaux familiers rampants et volants, Catherine et moi, nous jetions à corps perdus et de concert sur la trousse de pharmacie, à la recherche de médicaments antiallergiques. De retour de son inspection, Julie m’avait pris par le bras pour me montrer le fruit de ses premières recherches : quelques énormes cafards, les pattes en l’air, immobiles à tout jamais, ainsi qu’une araignée de petite taille dont elle avait prié Tom de bien vouloir s’occuper. Franchement dit, les choses ne s’annonçaient pas très bien. Je l’avais surtout réalisé lorsque, assis sur le trône de la toilette, j’avais surpris des bribes de conversation : « M’enfin, Julie ! Tu ne vas quand même pas aller coucher dans la voiture »  disait une voix familière. « En tous cas, moi, je ne dors pas dans ce lit, il y a une grosse toile d’araignée au-dessus » lui répondait une autre. J’en étais resté bouche bée. Mince ! Au prix de la pension, cela m’aurait effectivement fait mal que l’un de nous alla coucher dans la voiture …</p>
<p align="justify">Il fallait reprendre les choses en mains d’urgence. Heureusement, les deux plus jeunes avaient l’air nettement plus enthousiastes. Tom s’était immédiatement passionné pour un superbe jeu d’échec artisanal, dont il essayait d’expliquer les règles à Luna. Celle-ci l’écoutait d’une oreille distraite, déplaçant ses pièces à la fortune du pot, tout en caressant avec amour une perdrix empaillée qui trônait sur une table basse. Lorsqu’elle ne déplaçait pas de pions, Luna se frottait affectueusement le visage avec amour contre un coussin en authentique fourrure de blaireau, qui me donnait des démangeaisons rien qu’à le regarder.</p>
<p align="justify">Nous avions pris rendez-vous avec « Granny Ann », comme nous la surnommions, pour le dîner du soir à 19hrs. Entre temps, et pour remonter le moral des troupes, j’avais décrété notre première sortie en foret. Ce fut d’ailleurs la seule durant tout le séjour. Nous commençâmes la visite par un arrêt obligé au « vistor center » du parc. Nous y fumes reçus par un ranger barbu et ventripotent, grommelant des mots que nous ne comprenions pas, sans doute des incantations contre nous parce que nous venions de le réveiller. Nous étions apparemment les seuls touristes à cent lieues à la ronde, car le parking de l’endroit était désert. C’est vrai qu’il faisait une chaleur étouffante (entre 30 et 35 degrés). Je lui avais demandé de nous recommander la promenade la plus populaire du parc. Il m’avait répondu d’un grognement d’ours en désignant du menton un livret intitulé « Kirby nature trail » dont une centaine d’exemplaires occupaient tout un rayon d’une étagère. On ne peut pas dire que nous avions l’embarras du choix, mais de toute façon, c’était parfait, car après cette promenade populaire, nous n’avions plus eu envie d’en faire aucune autre.</p>
<p align="justify">Pourtant le livret était assez bien fait. Un peu trop peut-être. Il y avait 25 stations en tout, et à chacune d’elle une foule d’informations sur la végétation et le biotope de l’endroit. Nous nous étions mis en route et, arrivé à la première de ces stations, je m’étais mis à lire les explications avec entrain. Mais en relevant la tête, j’avais constaté à ma grande surprise que j’étais resté seul. Catherine et les enfants marchaient loin devant. Renseignements pris, il y avait trop de moustiques pour s’arrêter. C’était vrai qu’à chacun de nos arrêts, on se retrouvait entourés d’un essaim de ses insectes gloutons. Julie avait ajouté qu’elle ne comprenait rien quand je lisais (allusion à mon mauvais accent anglais) et Tom que, de toute façon, il n’y avait plus rien à voir. Et, hélas, c’était un peu vrai aussi. Les petites plaques indiquant les stations le long de la promenade étaient toujours bien là, mais à la place de ce qui aurait du être une espèce végétale digne du plus grand intérêt, on trouvait le plus souvent un arbre couché sur le flanc, dont on ne voyait guère plus que les racines à l’air, telles les boyaux béants d’un animal qui aurait été victime d’un monstrueux carnage. C’est que l’ouragan Rita était passé par là, un an plus tôt. Big Thicket avait été touché de plein fouet et visiblement rien, ou presque, n’avait été fait depuis lors pour remettre les choses en état. Tout en pestant à la fois contre Rita, les moustiques et ma famille qui m’abandonnait, j’avais réalisé à nouveau combien nous étions passés près de la catastrophe alors que Rita avait dévié de sa course folle in extremis évitant Houston de peu. Malheureusement c’était l’Est texan qui avait tout pris : autour de nous, tout n’était que désolation. Il faudrait sans doute des dizaines d années pour que la nature reprenne possession de cet endroit, protégé de la folie destructrice des hommes, mais ironiquement pas de sa propre démesure.</p>
<p align="justify">J’en étais là de mes réflexions lorsque Luna qui marchait devant moi s’était exclamée : « Mon Dieu : my toes hurt so much » (traduction : My God : mes orteils me font terriblement mal »). Effectivement, ses chaussures étaient apparemment devenues trop petites, ses orteils étaient écarlates, ce qui fait que j’avais dû la porter sur mes épaules le reste du temps. Nous avions finalement achevé « la promenade populaire » au pas de course, suant comme tout un régiment de chasseurs ardennais, fonçant à travers ce paysage dévasté, poursuivis par des nuées de moustiques assoiffés de sang. On se serait cru à un remake d’<em>apocalypse now</em> à Big Thicket.</p>
<p align="justify">Notre retour à la maison de David Crockett avait été salué comme il se doit par les jappements frénétiques et les grognements de « Pas touche » et de « Touche-moi pas ». L’un d’eux, je ne sais plus lequel, s’était agrippé à mon bas de pantalon, et je l’avais traîné ainsi, comme une grosse pantoufle, jusqu’à l’entrée de la maison. Le moral était un peu remonté en cours de soirée, grâce au dîner somptueux dont nous avait régalé Granny Ann. Nous étions allés nous coucher de bonne heure, exténués par cette journée bien remplie et intimidé par l’aspect lugubre que la nuit tombée conférait à l’endroit.</p>
<p align="justify">Le lendemain matin, nous étions cependant d’attaque pour relever un nouveau défi. La descente de la rivière Netches en canoë. Seule Julie avait mal dormi. Prise d’un besoin urgent en pleine nuit, elle était restée prostrée sur le divan qui lui servait de lit, n’osant esquisser le moindre geste dans l’obscurité de peur de poser malencontreusement le pied ou la main sur un insecte nocturne, espérant en vain que l’un de nous vint la délivrer de cet enfer pour la conduire aux toilettes. Le petit déjeuner succulent composé de crêpes au sirop d’érable l’avait cependant ragaillardie.</p>
<p align="justify">Monsieur Mouche m’avait promis que le chauffeur nous donnerait toutes les explications nécessaires lorsqu’il nous aiderait à mettre nos canoës à l’eau. Monsieur Mouche, c’est ainsi que j’avais surnommé le pirate des Caraïbes qui avait empoché prestement mon chèque à l’agence de location de canoës. Il était gras et rose comme un bébé, arborait fièrement trois poils au menton et portait un foulard rouge sur la tête à la manière des pirates. Mais en fait, le chauffeur du combi qui nous avait emmenés au point de départ de la descente s’était contenté de nous pousser fermement après nous avoir fait asseoir à bord des frêles embarcations, non sans nous avoir donné à chacun un gilet de sauvetage et une rame. Mais foin d’explications, c’était sans doute un taiseux ! Il allait donc nous falloir découvrir le mode d’emploi par nous-même. Nous nous étions constitués en deux équipes, les filles à bord d’un canoë argenté décoré d’un buste d’indien, et Tom et moi à bord du second canoë, de couleur bleue celui-là.</p>
<p align="justify"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/canoe.jpg" title="Big Thicket Canoe Trip" class="imagelink"><img align="left" width="200" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/canoe.jpg?w=200" hspace="10" alt="Big Thicket Canoe Trip" /></a>Depuis 46 ans, je le pressentais déjà confusément, mais j’en avais eu la confirmation implacable ce jour là : je ne suis doué pour aucune discipline physique. Et j’ai bien peur que Tom non plus. J’avais eu la sotte prétention de décréter une course au premier canoë qui arriverait au bas de la descente, mais je l’avais très vite regretté. Incontestablement, les filles avançaient plus vite que nous, et apparemment avec beaucoup moins d’effort, alors que Tom et moi nous nous escrimions comme deux malheureux esclaves au temps des galères romaines. A chaque petite crique, nous prétextions une halte pour profiter de la beauté de l’endroit, mais je dois bien avouer que c’était plutôt pour récupérer notre souffle. Mais au fond, peu importait, les enfants s’amusaient et lors de chaque arrêt en profitaient pour batifoler dans les eaux fraîches de la rivière. A ce moment là, nous étions loin de nous douter du drame qui allait se jouer quelques minutes plus tard.</p>
<p align="justify">Monsieur Mouche nous avait bien avertis que la fin de parcours était un peu aventureuse, en raison des arbres et branches tombées dans la rivière des suites de l’ouragan. Mais c’était un euphémisme. Le courant s’était subitement accéléré, et sans que l’on puisse vraiment parler de flots tumultueux, les choses avaient pris soudain une tournure très sportive. J’avais senti pointer en moi une poussée d’adrénaline, c’était mon petit coté Indiana Jones qui remontait à la surface. Mais ma fierté en avait pris un nouveau coup, car Tom et moi nous étions retrouvés bloqués au premier obstacle digne de ce nom. En voulant éviter un arbre abattu qui surplombait la rivière, nous avions finalement échoué notre canoë contre un obstacle indéfini au fond de l’eau, sans doute une grosse branche qui bloquait le passage. Nous avions beau pagayer en tous sens, nous ne faisions qu’empirer les choses. En désespoir de cause, mon petit bonhomme de Tom, héroïque en ce grand jour, avait sauté à l’eau et entrepris avec succès de débloquer le canoë. Alors que nous passions enfin l’obstacle, je m’étais approché de lui pour le féliciter avec véhémence, tant et si bien que j’en avais oublié d’équilibrer le bateau au moment où Tom avait voulu remonter à bord. Et nous avions chaviré lamentablement.</p>
<p align="justify">Cela m’avait d’abord semblé cocasse car les eaux étaient fraîches, mais j’avais rapidement déchanté : la situation était grave. Tom et moi nous retrouvions à l’eau, les pieds nus (j’avais perdu mes chaussures dans l’aventure), le sol était encombré de branchages coupants et tranchants et le courant entraînait notre bateau inexorablement vers un endroit encombré de débris de l’ouragan dont nous aurions le plus grand mal à l’extirper. Tom m’aidait de mon mieux à retourner le canoë, mais nous n’arrivions qu’à le gorger d’eau davantage et je voyais venir le moment ou il allait couler complètement. Ravalant mon orgueil, j’avais bien dû me résoudre à appeler l’équipage féminin à notre rescousse.</p>
<p align="justify"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/daddy.jpg" title="Daddy long legs" class="imagelink"></a><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/daddy2.jpg" title="Daddy Long Legs" class="imagelink"></a>Heureusement Catherine et Julie qui nous attendaient en contre bas, avaient entendu mon<a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/daddy.jpg" title="Daddy long legs" class="imagelink"></a> appel à l’aide. Au prix d’un immense effort (je me demande aujourd’hui encore comment elles ont pu réussir cet exploit) elles étaient parvenues à remonter à contre courant dans notre direction. C’était tellement difficile que Catherine avait finalement décidé d’abandonner le canoë dans une petite crique, à une vingtaine de mètres en aval, et continué sa progression vers nous en marchant ou à la nage. Et c’était là que les choses s’étaient vraiment gâtées. Car l’endroit où elles avaient accosté, était surplombé de branches basses apparemment infestées d’araignées, lesquelles s’étaient affalées en grappes sur le canoë argenté sur lequel Julie et Luna attendaient. Il s’agissait de Daddy long legs. Pour ceux qui ignorent de quoi il s’agit, je<a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/daddy2.jpg" title="Daddy Long Legs" class="imagelink"><img align="right" width="250" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/daddy2.jpg?w=250" hspace="10" alt="Daddy Long Legs" /></a> joins ci-contre une photo d&#8217;une de ces petites bestioles pas très ragoûtantes, bien que tout à fait inoffensives. Mais ma petite Julie, arachnophobe comme pas deux, s’était mise à hurler à la mort et à s’agiter de manière complètement incontrôlée ; Luna plus paniquée par l’attitude de sa sœur que par les petites bêtes, s’était mise elle aussi à appeler sa maman dans toutes les langues. Mais Catherine ne savait où donner de la tête, toute occupée qu’elle était à lutter contre les flots pour m’aider à remorquer le canoë bleu vers la rive afin de l’y retourner, au prix de violents efforts et de déchirures aux pieds. C’était donc Tom, qui n’écoutant que son courage s’était élancé vers les filles pour les délivrer des monstrueuses araignées, arrêté un instant dans son élan par la silhouette filiforme d’un serpent mocassin (très venimeux) qui traversait la rivière juste devant lui. Enfin, Tom était parvenu à rejoindre les filles et écarter les importunes tandis que Catherine et moi, dans un élan désespéré, réussissons à retourner le canoë.</p>
<p align="justify">Quand nous avions rejoint Julie, elle était livide et tremblait de tout son corps. Elle avait disjoncté completement. Luna ne valait guère mieux. Nous nous étions remis en route, mais la fin de la descente avait été épique. Julie hurlait à la mort à chaque fois que son canoë s’approchait d’une quelconque branche. Elle voyait des araignées partout. Tom et moi, encore sous le coup de l’émotion, avions complètement perdu le contrôle du nôtre. Il tourniquait comme une toupie au gré du courant, ce qui explique que nous avions terminé la plus grosse partie du parcours à l’envers.</p>
<p align="justify">Et c’était dans cette position ridicule que nous étions arrivés au bas de la descente, là où le chauffeur nous attendait. C’était sans doute la première fois qu’il voyait des clients effectuer la descente à l’envers, car il en avait laissé tomber son mégot de cigarette. Il s’était quand même cru obligé de me demander si tout s’était bien passé. Submergé par la rage autant que par la honte, j’avais préféré ne pas lui répondre. Il n’avait pas insisté, mais il me semble bien l’avoir vu ricaner en regardant mes pieds nus et ensanglantés. Je lui avais rendu son gilet de sauvetage et étais parti sans mot dire, vers la voiture, clopin-clopant.</p>
<p align="justify">Nous avions regagné le gîte en silence. Les grognements familiers de « Touche-moi pas » et de « Pas touche », que j’avais traînés jusqu’à l’entrée de la maison tels des peluches ridicules, ainsi que la bonne cuisine campagnarde d’Ann, nous avaient ragaillardis. J’avais laissé Julie éreintée, et encore sous le choc, prendre ma place auprès de Catherine dans le grand lit conjugal et je m’étais glissé à sa place dans les draps d’un des deux lits jumeaux, la tête encore pleine du drame que nous avions vécu dans la journée.</p>
<p align="justify">Ce n’était que le lendemain que j’avais remarqué les nombreuses petites morsures qui constellaient mes mollets. Je les avais d’abord attribuées erronément à de petits vers dans la rivière, jusqu’à ce que mon attention soit attirée par ces petits points noirs sautant sur mes mollets velus alors que je déambulais pieds nus sur la carpette. Grâce à moi, les puces de la ferme Ethridge étaient aussi à la fête ce week-end.</p>
<p align="justify">C’en était trop. Nous avions pris un rapide petit-déjeuner et nous étions enfuis de cet endroit au plus vite, désireux de regagner prestement la douceur et la quiétude de notre adorable maison de Kingwood.</p>
<p align="justify">Arrivés sur place, nous avions jeté toutes nos affaires à l’entrée du garage. J’avais foncé toute affaire cessante chez Wallgreen&#8217;s pour y acheter un spray anti-puces et nous avions pulvérisé tous nos bagages un par un, de même que les tapis de la voiture des fois que des puces facétieuses eussent fait le voyage retour avec nous.</p>
<p align="justify">A l’heure où j’écris ces quelques lignes, je commence à peine à me remettre de ces terribles démangeaisons.</p>
<p align="justify">Je vous envoie l’adresse du Bed and Breakfast au cas où vous souhaiteriez, vous aussi, passer quelques jours inoubliables dans le Big Thicket. <a href="http://www.ethridgefarm.com/">http://www.ethridgefarm.com/</a>. Dites bien à Ann et Bill que vous venez de notre part. Et embrassez &laquo;&nbsp;Touche-moi pas&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Pas touche&nbsp;&raquo; pour nous. Vous verrez, ils sont très attachants. <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=':wink:' class='wp-smiley' /> </p>
<p align="justify"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/bigthic3.jpg" title="Ethridge Farm 2" class="imagelink"><img align="left" width="220" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/bigthic3.jpg?w=220" hspace="10" alt="Ethridge Farm 2" /></a><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/bigthic4.jpg" title="Ethridge Farm 3" class="imagelink"><img align="right" width="220" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/08/bigthic4.jpg?w=220" hspace="10" alt="Ethridge Farm 3" /></a></p>
<p></font></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/houstonbayous.wordpress.com/259/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/houstonbayous.wordpress.com/259/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/houstonbayous.wordpress.com/259/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/houstonbayous.wordpress.com/259/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/houstonbayous.wordpress.com/259/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/houstonbayous.wordpress.com/259/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/houstonbayous.wordpress.com/259/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/houstonbayous.wordpress.com/259/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/houstonbayous.wordpress.com/259/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/houstonbayous.wordpress.com/259/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/houstonbayous.wordpress.com/259/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/houstonbayous.wordpress.com/259/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=259&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Jean-Pierre Muller</media:title>
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			<media:title type="html">Big Thicket National Preserve (Texas)</media:title>
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			<media:title type="html">Ethridge Farm 1</media:title>
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			<media:title type="html">Big Thicket Canoe Trip</media:title>
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			<media:title type="html">Daddy Long Legs</media:title>
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			<media:title type="html">Ethridge Farm 2</media:title>
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			<media:title type="html">Ethridge Farm 3</media:title>
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		<title>Sur les traces des Mayas</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Dec 2004 11:14:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Séquences Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[Ceibal]]></category>
		<category><![CDATA[Guatemala]]></category>
		<category><![CDATA[Tikal]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici un petit compte-rendu vidéo de nos meilleurs moments à Tikal au Guatemala, l&#8217;ancienne capitale des Mayas, ainsi que dans la jungle de Ceibal. Enjoy !  
Au sommet de la pyramide 5

Le Temple du grand jaguar

Dans la jungle de Ceibal (1)

Dans le jungle de Ceibal (2)

Et pour terminer, voici le lien vers nos meilleures photos du séjour.
 http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157594412960027/
 [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=401&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici un petit compte-rendu vidéo de nos meilleurs moments à Tikal au Guatemala, l&#8217;ancienne capitale des Mayas, ainsi que dans la jungle de Ceibal. Enjoy !  </p>
<p><strong>Au sommet de la pyramide 5</strong></p>
<p><span style='text-align:center;display:block;'><object width='400' height='330' type='application/x-shockwave-flash' data='http://video.google.com/googleplayer.swf?docid=1028518784536340437&amp;hl=en&amp;fs=true'><param name='allowScriptAccess' value='never' /><param name='movie' value='http://video.google.com/googleplayer.swf?docid=1028518784536340437&amp;hl=en&amp;fs=true'/><param name='quality' value='best'/><param name='bgcolor' value='#ffffff' /><param name='scale' value='noScale' /><param name='wmode' value='opaque' /></object></span></p>
<p><strong>Le Temple du grand jaguar</strong></p>
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<p><strong>Dans la jungle de Ceibal (1)</strong></p>
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<p><strong>Dans le jungle de Ceibal (2)</strong></p>
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<p>Et pour terminer, voici le lien vers nos meilleures photos du séjour.</p>
<p> <a href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157594412960027/">http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157594412960027/</a></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/houstonbayous.wordpress.com/401/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/houstonbayous.wordpress.com/401/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/houstonbayous.wordpress.com/401/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/houstonbayous.wordpress.com/401/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/houstonbayous.wordpress.com/401/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/houstonbayous.wordpress.com/401/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/houstonbayous.wordpress.com/401/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/houstonbayous.wordpress.com/401/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/houstonbayous.wordpress.com/401/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/houstonbayous.wordpress.com/401/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/houstonbayous.wordpress.com/401/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/houstonbayous.wordpress.com/401/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=401&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></content:encoded>
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		<title>Paraiso Acapulco</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Jan 2003 11:18:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>

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		<description><![CDATA[

Nous avons effectué un magnifique voyage au Mexique durant la période des fêtes des fin d&#8217;année. Voici le récit de l&#8217;un des épisodes les plus hauts en couleur&#8230; 

***



Bienvenido al paraíso Acapulco. J’avais aperçu cette phrase sur un panneau le long de la route et l’avais lue gaiement, à voix haute, dans la voiture. Catherine, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=31&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="3"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></a><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></a></font><font size="3"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></a></font><font size="3"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></a></font><font size="3"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></a></font><font size="3"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></a></font><font size="3"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></a></font><font size="3"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></a></font><font size="3"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></a></font><font size="3"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></a></font><font size="3"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></a></font><font size="3"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"></p>
<p align="center"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%202.jpg" title="La vue impressionnante de notre chambre d'hôtel sur les falaises de " class="imagelink"></a><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%206.jpg" title="Luna fait joujou à nos pieds sur la plage idyllique de l'île de " class="imagelink"></a><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg" title="Les plages d'Acapulco" class="imagelink"><strong><em><img align="left" width="200" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%207.jpg?w=200" hspace="10" alt="Les plages d'Acapulco" /></em></strong></a></p>
<p align="justify">Nous avons effectué un magnifique voyage au Mexique durant la période des fêtes des fin d&#8217;année. Voici le récit de l&#8217;un des épisodes les plus hauts en couleur&#8230;<font size="1"><strong><em> </em></strong></font></p>
<p></em></strong></font><font size="1"></p>
<p align="center"><font size="4" face="Borderbats-Fleur"><strong><em>***</em></strong></font></p>
<p></font><font size="1"></p>
<p align="justify"><strong><em><span id="more-31"></span></em></strong></p>
<p></font><font size="3"></p>
<p align="justify">Bienvenido al paraíso Acapulco. J’avais aperçu cette phrase sur un panneau le long de la route et l’avais lue gaiement, à voix haute, dans la voiture. Catherine, toute fière de pourvoir faire la preuve de ses connaissances toutes fraîches en Espagnol l’avait aussitôt traduite &laquo;&nbsp; Bienvenue au Paradis d’Acapulco &nbsp;&raquo;. Ça commençait bien. C’est vrai que <a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%206.jpg" title="Luna fait joujou à nos pieds sur la plage idyllique de l'île de " class="imagelink"></a>dans ma tête, &laquo;&nbsp; Acapulco &nbsp;&raquo; résonnait comme un nom de paradis. J’avais dû l’entendre prononcer dans des chansons de ma jeunesse ou dans des films aux saveurs exotiques et cela m’était resté. Je me sentais le cœur en fête, comme quand on sait qu’on va réaliser un vieux rêve. Deux jours de paradis et de farniente nous attendaient, brève parenthèse dans notre périple éprouvant de dix jours au pays des Aztèques, Mixtèques, Toltèques et autres Zapotèques. Je rêvais déjà de palaces grandioses, de restaurants aux mets savoureux, de plages de sable fin où l’on me servirait de délicieuses boissons exotiques, de jolies baigneuses en bikini…</p>
<p align="justify">Malheureusement, ces délicieuses pensées s’étaient évanouies instantanément lorsqu’une voiture de police nous avait doublé toutes sirènes hurlantes, et m’avait contraint de manière pour le moins musclée à m’aligner sur le bas coté. Deux flic vociférants et plus moustachus que Zapata en étaient descendus et s’étaient précipités de mon côté, la main sur le colt, à la manière texane. J’avais baissé la fenêtre, interloqué, et nous avions compris tant bien que mal dans l’anglais laborieux du plus gros des deux que nous venions d’effectuer une manœuvre soi disant interdite. Je dis &laquo;&nbsp; soi disant &nbsp;&raquo; car je reste persuadé, aujourd’hui encore, que je n’avais enfreint aucune règle. Bref ! Je vous passe les détails mais il allait nous en coûter 200 dollars (oui, vous avez bien lu, des dollars US, pas des pesos !) car c’était vraiment gravissime ce que j’avais fait, au point qu’on devait même les suivre au commissariat. A moins, bien sûr, que l’on n’arrange tout cela à l’amiable, leur avait suggéré Catherine… A cette aimable proposition, la moustache du gros policier s’était étirée, telle une grosse limace visqueuse, laissant s’échapper quelques miettes de pain qui étaient restés coincées dans les poils, de même qu’une arête de poisson et une série d’autres objets non identifiés. Son sourire, car je suppose qu’il devait sourire en ce moment en disait long sur sa satisfaction. Allons, les &laquo;&nbsp; Gringos &nbsp;&raquo; connaissaient les usages !!</p>
<p align="justify">Finalement, on s’en était tirés avec un billet de 100 $ cash, plié en quatre que j’avais glissé en toute discrétion dans la main du gros. Il m’avait bien expliqué la technique pour plier le billet. C’était Catherine qui avait discuté. Moi, j’étais resté pétrifié, dans l’impossibilité totale de prononcer le moindre mot. La corruption m’a toujours fait cet effet : en fait, c’était la troisième fois de ma vie que cela m’arrivait et à chaque fois j’avais ressenti ce même sentiment d’impuissance et de profond dégoût, le tout mêlé à une colère sourde. La première fois, c’était à Douala, au Cameroun quand j’avais été arrêté par des militaires ivres et armés jusqu’aux dents, au lendemain d’un coup d’état militaire, la deuxième lors de nos vacances à Bali, et voilà ! Le paradis prenait soudain des allures d’enfer. J’étais vert de rage et je fulminais en reprenant la route de notre hôtel, sans même un regard pour les splendeurs de la ville que nous traversions. Catherine s’employait du mieux qu’elle pouvait à me calmer, mais c’était en pure perte…</p>
<p align="justify"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%202.jpg" title="La vue impressionnante de notre chambre d'hôtel sur les falaises de " class="imagelink"><img align="left" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%202.jpg?w=500&#038;h=200" hspace="10" alt="La vue impressionnante de notre chambre d'hôtel sur les falaises de " height="200" /></a> Il n’avait pourtant pas fallu très longtemps pour que la colère qui grondait en moi s’apaise. Il faut dire que l’hôtel &nbsp;&raquo; El Mirador &nbsp;&raquo; où nous étions descendus était spectaculaire. Bâti à flanc de falaise, il était constitué de plusieurs plateaux aménagés en terrasses reliées les unes aux autres par des ascenseurs funiculaires : avec ses deux piscines en plein air, ses jardins étagés à la végétation luxuriante, ses restaurants aérés, il offrait tout le confort dont on pouvait rêver. En plus, la vue sur la mer qu’on avait de notre chambre était à couper le souffle.</p>
<p align="justify"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%20divers.jpg" title="Spectacle de plongeons du haut des falaises déchiquetées de La Quebrada" class="imagelink"><img align="right" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%20divers.jpg?w=500&#038;h=350" hspace="10" alt="Spectacle de plongeons du haut des falaises déchiquetées de La Quebrada" height="350" /></a>Ce même soir, nous avions pris place au restaurant de fruits de mer. A notre plus grande joie, le personnel du restaurant nous avait annoncé qu’un spectacle de plongeons du haut des falaises déchiquetées de La Quebrada, juste en face de l’hôtel, allait commencer dans quelques minutes. De notre table idéalement située en terrasse, nous n’allions rien perdre du spectacle. Nous nous félicitions de cette heureuse coïncidence ! Et effectivement, ce fut un dîner très réussi aussi bien sur le plan culinaire que sur celui du spectacle qu’il nous fut donné d’admirer. Ces plongeurs qui escaladaient à mains nues les falaises puis se lançaient dans le vide à 40 ou 50 mètres de hauteur dans les vagues bouillonnantes étaient de vrais cascadeurs. A chaque saut, nous retenions notre souffle craignant qu’un coup de vent soudain ne vienne projeter le plongeur contre les rochers meurtriers ou qu’une lame de fonde traîtresse ne le propulse contre la roche au moment où il pénétrait dans les flots. Mais tout s’était admirablement bien passé. La foule nombreuse qui s’était agglutinée au bas de la paroi et au sommet des collines, le long du bord de mer, applaudissait à tout rompre. Nous aussi, du reste. Nous étions ravis de cette soirée. Acapulco reprenait des allures de paradis.</p>
<p align="justify">Je m’étais échappé quelques instants aux toilettes, tout enchanté de la soirée. Pourtant, à mon retour, une désagréable surprise m’attendait. Notre table était entourée de mendiants à moitié nus. J’étais accouru pour prêter main forte à Catherine, mais renseignements pris, il ne s’agissait pas de mendiants mais bien des valeureux plongeurs qui venaient s’enquérir si nous avions apprécié convenablement le spectacle. Contrit de ma méprise, je m’étais senti obligé d’ouvrir largement mon portefeuille pour récompenser ces téméraires jeunes gens.</p>
<p align="justify">Nous rions encore de cette méprise à l’heure de regagner nos chambres; je ne cessais de répéter à ma joyeuse petite troupe quelle chance nous avions eu d’arriver à l’hôtel juste le soir du spectacle. Mais le lendemain, de même que le surlendemain d&#8217;ailleurs, nous avions eu droit au même spectacle. Non seulement les soirs, au dîner, mais également les matins, au petit déjeuner. Cela commençait franchement à bien faire. Surtout qu’à chaque fois, les plongeurs venaient quémander leur aumône par après. Bien entendu, ma générosité avait fondu comme neige au soleil. J’avais cru bon de me justifier auprès de Catherine et des enfants en expliquant que finalement on n’était même pas sûrs que c’était bien eux, que ce n’était pas parce que ces garçons étaient trempés comme des canards et à moitié nus qu’ils s’étaient forcément jetés du haut des quarante mètres.</p>
<p align="justify">Bref ! Ce matin-là, nous nous préparions pour une journée à la plage. La veille, nous étions restés au bord de la piscine pour récupérer des premières fatigues du voyage. C’était en fait la seule journée &laquo;&nbsp; plage &nbsp;&raquo; de notre programme chargé au Mexique et nous en attendions beaucoup, convaincus que cette fois Acapulco n’allait pas nous décevoir. Les enfants aussi étaient surexcités. On s’était levés de bonne heure et, après l’inévitable petit-déjeuner-spectacle-de-plongeurs, puis l’interminable séance de préparation des sacs, pipis, crèmes à bronzer et autres préparatifs du genre, nous avions enfin mis le cap sur la plage de Caleta. Le choix avait été ardu. Il faut dire que la baie d’Acapulco est truffée de plages, plus réputées les unes que les autres, en particulier celles situées aux abords des grands palaces de luxe, Hilton, Sheraton, et consorts. Ne sachant finalement laquelle choisir, nous avions décidé en dernier recours de nous en remettre à notre guide de voyage. Non sans quelques appréhensions quand même, il faut bien le dire. Ce guide sur le Mexique, je l’avais acheté en Belgique, lors de mon bref passage en octobre. Catherine m’avait bien recommandé d’en choisir un bien gros, bien fourni, et en français.  Incontestablement j’avais pris le plus gros du rayon. De loin. Il était tellement gros que cela nous faisait, à chaque fois, une brique à transporter. Et il était tellement bien fourni en explications, qu’il n’y avait plus place pour des photos. Des cartes, oui, mais pas de photos. Par contre, sur chaque site, chaque monument, chaque pièce de musée, on avait droit à de longues et souvent fastidieuses explications. Il fourmillait aussi d’adresses de restaurants et de logements. Mais à chaque fois qu’on arrivait dans un de ces endroits, on jouait &laquo;&nbsp; Jésus Christ Super Star &nbsp;&raquo;. On se croyait à Woodstock, trente ans plus tôt. Moi, je pensais que l’époque &laquo;&nbsp; baba cool &nbsp;&raquo; était révolue. Mais non, pas du tout ! Les derniers hippies, tout comme les derniers des Mohicans, étaient apparemment durs à cuire, et ils avaient visiblement tous acheté le même book que nous. Et c’est ainsi que de ville en ville, on se retrouvait inévitablement en fin de journée à discuter le bout du gras avec de jeunes barbus aux orteils sales dans des sandales tressées, qui traversaient le Mexique en combis VW à fleurs, accompagnés de blondes à nattes et robes gitanes.</p>
<p align="justify">&laquo;&nbsp; Let’s Go ! &nbsp;&raquo;. C’est le nom du guide. Je vous le dis pour que vous achetiez en connaissance de cause. Un homme averti en vaut deux. Le logo, c’est un pouce levé à la manière des auto-stoppeurs; évidemment, cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille ; mais au début j’avais pris ça pour un signe aztèque. Y avait gourance ! Bref ! Notre guide &laquo;&nbsp; Let’s go &nbsp;&raquo; nous recommandait de mettre le cap sur l’extrême sud de la baie d’Acapulco (30 bornes !) pour fuir les plages de touristes &laquo;&nbsp; m’as tu vu &nbsp;&raquo; et les cohortes de petits vendeurs en tout genre qui harponnaient les touristes &laquo;&nbsp; m’as-tu vu &nbsp;&raquo;.</p>
<p align="justify">Nous avions donc décidé de faire une fois encore confiance à notre guide &laquo;&nbsp; Let’s Go &nbsp;&raquo;. Nous roulions donc depuis un certain temps déjà, abandonnant, la mort dans l’âme, sur notre chemin des kilomètres de plages de sable blanc, passablement encombrées de touristes, il est vrai. Je me disais qu’au fond, une petite trotte de 30 km n’avait jamais fait de mal à personne et qu’il serait bien agréable de se retrouver sur une plage vierge de toute civilisation. Hélas, nous allions découvrir, à nos dépends, que la plage de Caleta se trouvait en fait logée au cœur même d’une cité-dortoir grouillante, crasseuse et malsaine. Quant à la mer, c’était pire. Notre book annonçait : &laquo;&nbsp; Si la présence de petits bateaux de pêche ne vous dérange pas, il vous sera bien agréable de vous baigner dans ces eaux calmes &nbsp;&raquo;. En réalité, les bateaux de pêche en question dégageaient une odeur pestilentielle et il faut croire qu’ils avaient tous dégazé la veille car les &laquo;&nbsp; eaux calmes &nbsp;&raquo; étaient boueuses et poisseuses. De plus, on était dimanche et des milliers de familles s’étaient données rendez-vous en cet endroit ô! combien bucolique.</p>
<p align="justify">Pour échapper à cette horreur, nous avions cru bon, toujours en nous fiant à notre vénérable guide de voyage &laquo;&nbsp; Let’s Go &nbsp;&raquo; d’embarquer sur un petit rafiot poussif à destination de la petite île de La Roqueta, située à deux encablures de Caleta. Mais une fois de plus, nous avions rapidement déchanté. L’île en question n’était rien d’autre qu’un grand rocher et, en plus, cela avait tout d’un rocher à Cormorans. Non, pas que l’on y trouva le moindre de ces sympathiques volatiles, mais bien que l’on ne pouvait y faire un pas sans trébucher dans les jambes d’une grosse mémé à maillot à baleine et moustache d’éléphant de mer, ou s’éperonner les bijoux de famille sur des moutards qui s’égayaient en tous sans regarder devant eux. On eut dit que la ville entière s’était donnée rendez-vous à la Roqueta. Sans grand danger de me tromper, je crois pouvoir affirmer que nous étions parvenus à nous fourrer dans l’endroit le plus &laquo;&nbsp; craignos &nbsp;&raquo; de toute la baie d’Acapulco ! Si cela n’avait tenu qu’à moi, nous reprenions dare-dare le premier bateau vers Caleta et, de là, retour à l’hôtel illico pour noyer ma honte et mon désespoir dans deux litres de whisky, histoire d’oublier ce vilain cauchemar. Mais voilà, on avait dit aux enfants qu’on allait à la plage, et bien on était à la plage ! Point. Pas la peine d’oser même imaginer ne fut-ce qu’un instant leur dire : &laquo;&nbsp; Bon, c’est fini, on rentre ! &nbsp;&raquo;. Nous aurions, sans nul doute déclenché, une mutinerie dans nos rangs et cela au beau milieu de cette foule grouillante qui nous regardait de travers (sans doute la première fois qu’ils voyaient des touristes !).</p>
<p align="justify">Je n’ai pas dû dire grand chose cette matinée là, mais je vous jure que dans ma tête, ça carburait. Je repensais à ce satané guide de voyage qui nous conseillait de fuir les plages &laquo;&nbsp; m’as-tu vu &nbsp;&raquo; du centre ville. Et bien, moi, je vais vous dire une bonne chose : question d’être vus, on a été vus à La Roqueta ! On faisait &laquo;&nbsp; tâche &nbsp;&raquo; avec nos teints blafards (sauf Luna bien sûr). Et quitte à être vus, moi, j’aurais bien aimé que l&#8217;on me voit sur de belles plages bien nettes, parce que, c’est vrai quoi, Acapulco, c’est pas la porte à côté, on n’y retournera sûrement jamais, et ça faisait quand même loin et cher pour aller se serrer à cinq sur un petit bout de serviette au milieu de la populace des bas-fonds d’Acapulco, non ? J’en sais qui vont me traiter de snob, mais tant pis, j’assume, et en plus je leur compisse la raie.</p>
<p align="justify"> <a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%206.jpg" title="Luna fait joujou à nos pieds sur la plage idyllique de l'île de " class="imagelink"><img align="left" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2006/05/acapulco%206.jpg?w=500&#038;h=200" hspace="10" alt="Luna fait joujou à nos pieds sur la plage idyllique de l'île de " height="200" /></a>Je vous rassure : on est quand même parvenus, après un long et patient round d’observation, et une lutte féroce contre de redoutables Mexicains aux allures de Général Alcazar, à s’emparer d’une table qui se libérait. Enfin, table, c’est beaucoup dire ! Disons plutôt deux chaises en plastique blanches, une pour ma petite Loupette et une pour moi, et rien pour les enfants, malheu-reusement, mais ce n’était pas trop grave parce que de toute façon Julie et Tom batifolaient dans la flotte tandis que Luna jouait comme une pauvrette avec ses petits jouets de plage à nos pieds, coincée au beau milieu d’un forêt de pieds de chaises et de jambes mexicaines velues, plus les nôtres bien entendu.</p>
<p align="justify">Seule consolation de la journée, les deux grands étaient apparemment ravis. Ils se sont amusés comme des petits fous dans les eaux de la Roqueta. Pourtant, il n’y avait guère de quoi fouetter un chat, si vous voulez mon avis. Après de longues suppliques de Julie, j’ai fini par consentir à mettre un pied dans l’eau. Elle y avait aperçu, disait-elle, des bans de merveilleux poissons multicolores. Je dois dire que j’en ai bien vu l’un ou l’autre (des poissons, pas des bans) en cherchant bien, parmi la foret de jambes et après m’être entaillé les deux pieds jusqu’au sang sur les rochers coupants comme des arêtes. Sur le coup de treize heures, j’ai sonné le repli général après trois longues heures dans cet enfer. Ce fut, à n’en point douter un grand moment de notre vie, de ceux que l’on n’oubliera jamais. De retour à l’hôtel, dans l’après-midi, nous avons enfoui le guide de voyage &laquo;&nbsp; Let’s Go &nbsp;&raquo; au plus profond de nos valises, dans l’espoir qu’il y reste pendant des siècles et des siècles.</p>
<p align="justify">Le lendemain matin, tôt, nous avons repris la route vers de nouvelles aventures, direction Oaxaca. En quittant la ville, nous avons longé de magnifiques plages, quasiment désertes en cette heure matinale. Je me suis arrêté un peu plus loin, au sommet d’une crique qui surplombait la baie pour admirer le point de vue et y prendre la merveilleuse photo que vous découvrez en haut de cette chronique. Paraiso Acapulco ! Allez y, c’est super ! ! ■</p>
<p></font></p>
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