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	<title>NAMASTE DELHI</title>
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	<description>Le blog de la famille Muller de New Delhi</description>
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		<title>NAMASTE DELHI</title>
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		<title>Surmenage à Golconde</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Oct 2009 17:12:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[La tribune de Delhi]]></category>
		<category><![CDATA[Bob Morane]]></category>
		<category><![CDATA[Golconde]]></category>
		<category><![CDATA[Hyderabad]]></category>

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		<description><![CDATA[Je viens de passer une nuit à Hyderabad, capitale de l’Etat d’Andhra Pradesh. Un voyage éclair. Départ de Delhi le dimanche soir, retour dans la soirée du lundi. Tout s’est décidé très vite. Un rendez-vous avec un homme d’affaires indien que j’essayais de décrocher depuis longtemps et une conférence sur le thème des startups technologiques [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=664&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/10/golconde-bob-morane.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-668" title="golconde bob morane" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/10/golconde-bob-morane.jpg?w=200&#038;h=306" alt="golconde bob morane" width="200" height="306" /></a>Je viens de passer une nuit à Hyderabad, capitale de l’Etat d’Andhra Pradesh. Un voyage éclair. Départ de Delhi le dimanche soir, retour dans la soirée du lundi. Tout s’est décidé très vite. Un rendez-vous avec un homme d’affaires indien que j’essayais de décrocher depuis longtemps et une conférence sur le thème des startups technologiques à laquelle j’avais été invité.</p>
<p style="text-align:justify;"> Ce qu’il y a de plus extraordinaire à Hyderabad, c’est sans doute son aéroport. Écrin blanc ultra moderne, surgi de nulle part … Mais il a été conçu à l’indienne. La planification n’est pas leur fort, c’est bien connu. Le gars de l’hôtel qui est venu me prendre sur le coup de 10 heures du soir, m’annonce que les parkings sont situés à 10 bonnes minutes de marche. Il me demande donc de patienter le temps qu’il ramène la voiture  En pestant, je poireaute dans la chaleur étouffante de la nuit tropicale en regardant les taxis qui embarquent des passagers devant moi. Mauvaise idée que j’ai eue de réserver la voiture de hôtel, je serais déjà en route depuis longtemps si j’avais pris un taxi. Pour tromper mon attente, je téléphone à Catherine pour la rassurer que je suis bien arrivé.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-664"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Enfin, le bahut se pointe. Il était temps. Nous traversons la ville dans une nuit d’encre. Comme partout en Inde, les nuits sont sinistres. L’éclairage extérieur est quasi inexistant et les vitres fumées de la berline m’empêchent d’y voir à travers. De toute manière, j’ai allumé mon PC et je ne m’intéresse guère au paysage. Je relis mes notes pour préparer mes rendez-vous du lendemain. Quarante cinq minutes plus tard, l’hôtel Taj Krishna apparaît dans toute sa splendeur. Les portes de la voiture s’ouvrent. Les gars du service de sécurité procèdent à une fouille sommaire. Ils s’effacent rapidement pour laisser la place à un gigantesque portier sikh, aux moustaches en tire-bouchon, enturbanné et accoutré d’un costume de fanfare de cirque. Il se courbe devant moi, les mains jointes, à l’indienne. « Namasté Sir ! ». Ensuite, c’est le balai habituel des porteurs de bagages des réceptionnistes et des garçons d’étage. Moins d’une demi heure plus tard, le portefeuille soulagé de quelques pourboires,  je m’enfonce mollement dans le matelas épais et floconneux d’un grand lit à baldaquin, en suivant distraitement sur un grand écran plasma les danseuses virevoltantes en saris multicolores d’une super production bollywoodienne.  </p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">La nuit est courte. Je me suis réveillé trop tôt, en proie à une vive tension. La journée s’annonce cruciale. Au programme : un petit-déjeuner avec un homme d’affaires indien, dont la société est spécialisé dans les extractions d’huiles essentielles, et qui envisage d’investir en Europe de l’ouest dans une usine très high tech d’extraction de fluides par dioxyde de carbone supercritique. Waouh ! Si ça marche, ce sera une belle plume à mon chapeau. Rendez-vous courtois, autour d’un petit-déjeuner buffet copieux, suivi de discussions un peu trop techniques à mon goût dans un salon feutré de l’hôtel. C’est moi qui invite. J’ai mis les petits plats dans les grands. Une armada de serveurs en gants blancs papillonnent autour de nous comme de petites abeilles autour d’une ruche. Je trouve qu’ils en font des tonnes, et pour tout dire, ils me gonflent un peu avec leur ballet incessant. J’ai du mal à me concentrer, surtout que la discussion est très technique. Je suis largué par moment, mais je n’en laisse rien paraître. Je garde en toute circonstance mon sourire 33bis, celui des grandes occasions, comme aurait dit mon pote San Antonio. Au bout du compte, je m’en sors avec tous les honneurs. La poignée de main finale est chaleureuse et je rejoins ma chambre avec une quasi certitude : celle de l’avoir convaincu de se déplacer en Belgique pour y visiter des sites d’implantation. Cela s’annonce plutôt bien. Le gars était venu de Bangalore exprès pour me voir. Il avait pris un avion à 6hrs du matin, rien que pour moi. C’était déjà presque dans la poche, mais il fallait encore enfoncer le clou. Mission accomplie. Cela faisait un an et demi (c’est vrai !) que je lui envoyais des mails et qu’on se parlait au téléphone. Maintenant que nous avons eu cette rencontre en tête à tête,  je sais que tout cela n’était pas inutile.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Il n’est que 10 heures du matin, mais je décide de me rafraîchir. Mine de rien, la discussion m’a épuisé. Je décide de changer de chemise. Une demi heure plus tard, je suis à nouveau dans l’ascenseur, direction le deuxième étage et le salon « Emerald ». La conférence sur les opportunités du marché américain pour l’internationalisation des start-up indiennes est sur le point de débuter. Je me suis fait inviter en observateur, grâce à mes relations avec le partenaire indien du projet. J’essaye de les convaincre de mener un programme similaire avec nous pour l’Europe.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Dans l’immédiat, ce sont les Américains qui paradent sur l’estrade. Moi, je compte plutôt faire profil bas, voir sans être vu, mais c’est raté. En tant que représentant de l’Ambassade de Belgique, je finis par me retrouver au micro. C’est un peu gênant vis-à-vis des Américains. J’ai l’impression de leur gâcher la fête et ils doivent se dire que cela ressemble furieusement à de l’espionnage. Mais je m’en sors pas trop mal. Il faut dire qu’ils sont de l’Université du Texas. Ce sont presque des potes… Quand j’explique au micro que je suis à moitié belge, et à moitié cow-boy, cela surprend les indiens, mais cela fait éclater de rire les Ricains. Du coup, je me retrouve invité à déjeuner à la table d’honneur, à l’issue des débats, entre le Chief Financial Officer de Lockheed Martin, la plus grosse boite de défense au monde et le responsable R&amp;D de l’Indian Institute of Technology. C’est raté pour le profil bas, mais plutôt bien joué pour l’avenir de mon projet. On en reparlera, vous verrez…</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Il est près de trois heures de l’après-midi quand je regagne ma chambre. J’ai déjà deux messages de la réception de l’hôtel sur mon voicemail et un post-it sur la porte. On me demande de dégager la chambre illico, et je ne me fais pas prier car mon avion est à 5 heures et j’ai 45 minutes de route. Je fourre mes effets dans ma valise à la sauvette et je règle ma note.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">La voiture m’attend. Le chauffeur se présente, il s’appelle Mohammad. Enchanté ; moi, je vais à l’aéroport, et fissa car je suis pressé. Il me demande s’il doit mettre de la musique ; je lui dis que je m’en fous un peu, mais pas trop fort s’il vous plait. Et on est repartis, direction l’écrin blanc, et moi j’ai déjà replongé le nez dans mon laptop, en train de rédiger le rapport de conclusions de ma mission. Accomplie, sans problème. Beau travail, mon petit gars, bien joué. Je me félicite in petto.   </p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">On roule déjà depuis une bonne demi heure. Je lève les yeux et regarde vaguement par la fenêtre. La route est défoncée, il y a des travaux partout. On construit un flyover ou un métro surélevé. C’est le bordel intégral, le chaos. Sur le bas côté, un paysage « déjà vu » défile sous mes yeux : des petits commerces minables surmontés de plaques de tôle ondulée, des gravats partout, des véhicules de fortune sur le bas côté, des vaches et d’autres animaux domestiques qui errent librement, des enfants à demi nus qui jouent dans les détritus, des hommes accroupis sur le bord de la rue ou debout en train d’uriner contre un mur ou un arbre, bref la même crasse et la même misère que partout en Inde. Je suis à Hyderabad, mais je pourrais être dans n’importe quelle banlieue de Delhi ou de Mumbai.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Le chauffeur a dû voir, dans son rétroviseur, que j’avais relevé la tête de mon laptop. Il me lance joyeusement: « Hyderabad is a beautiful city, but the traffic is very bad » (Hyderabad est une ville superbe, mais la circulation est impossible). J’en reste bouche bée. Dans le contexte, la phrase est du plus haut comique, car nous roulons plutôt bien, je trouve (pour les standards indiens), mais par contre le quartier est crado au possible. Je me dis que son anglais est sans doute très limité et qu’il a dû sortir cette phrase apprise par cœur dans le seul but de meubler la conversation… Au fond, c’est plutôt gentil de sa part, car je n’ai pas montré beaucoup de sympathie envers lui jusque là. Aussi m’efforçais-je de lui faire un brin de causette durant les derniers kilomètres de la course. La conversation n’est pas d’un niveau exceptionnel car, comme je l’avais pressenti, son anglais est très limité, mais qu’à cela le tienne, je suis de bonne humeur et je décide de lui octroyer un bon pourboire à l’arrivée, ce qui me donne droit à quelques courbettes marrantes après qu’il ait sorti ma valise du coffre de la voiture.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Une petite heure plus tard, je suis dans l’avion Jet Lite, en route vers Delhi. Il est plein comme un œuf et je me retrouve calé contre un hublot, sans accès à mon cher laptop que j’ai laissé par mégarde dans mon cartable (comme dit ma Douce et Tendre) lequel se trouve loin de moi, dans le compartiment à bagages. Bah ! Je n’ai que deux heures de vol, et j’ai assez travaillé comme cela. Je décide donc de me relaxer un peu, de faire le bilan de ma mission et me voilà avec mon éternelle potence de comptable, inscrivant dans la colonne de gauche les éléments positifs et, dans la colonne de droite, les éléments négatifs, en ponctuant chacun d’eux d’un coefficient de pondération. Ensuite, je fais la somme des plus et des moins et j’en déduis le score global. C’est mon activité fétiche dans les avions, l’un des rares moments de ma vie où je prends vraiment le temps de faire le point sur mes voyages, sur mes projets et sur mes actions. Je suis un loup solitaire dans les transports, n’essayez pas de me parler, je vous mordrais le nez. Je pense ! Surtout, ne pas déranger ! Pour Hyderabad, le bilan est très positif. Je me mets juste une petite note négative pour la mauvaise nuit que j’ai passée et pour le moment où j’ai un peu bedrouillé au micro. Je repousse ma feuille devant moi, satisfait. Ensuite, j’agrippe le magazine de bord et le parcours distraitement.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Tiens, il y a justement un article sur Hyderabad. On y présente les principaux sites touristiques de la ville (des mosquées, des musées, un lac …) et surtout des parcs scientifiques. Hyderabad est surnommée la « génome valley » de l’Inde (allusion à la « silicone Valley » de Californie). J’y apprends aussi que la ville a été bâtie quasiment sur les ruines d’une cité ancienne dont seule subsiste une<a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/10/golconda.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-671" title="golconda" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/10/golconda.jpg?w=300&#038;h=201" alt="golconda" width="300" height="201" /></a> forteresse imposante. Elle s’appelait Golconde. C’était la capitale du Royaume Rajput, l’une des cités les plus prospères du 16<sup>ème</sup> siècle, car bâtie à flanc de montagne, aux abords d’une mine de diamant. Je tressaille. Car si, pour beaucoup, Golconde symbolise la richesse, la prospérité, l’opulence, pour moi Golconde c’est bien davantage qu’une mine de diamant ou une cité fantôme. Golconde, c’est une peinture de Magritte que j’allais voir de temps en temps à la collection De Menil de Houston lorsque mes déjeuners ou mes rendez-vous m’entraînaient dans le quartier Montrose. Mais bien au-delà, Golconde, c’est toute mon enfance qui me saute au visage. Instantanément, je revois la jaquette du roman fétiche de Bob Morane, « la couronne de Golconde », marqué par la rencontre formidable et fatidique de Morane et de son ennemi juré, Monsieur Ming, alias l’Ombre Jaune, duel mythique s’il en est, version moderne de la sempiternelle bataille du bien contre le mal. J’avais onze ans et je découvrais la lecture à travers la plume prolifique et l’imagination débordante d’Henri vernes. Une aventure fantastique à travers l’univers féodal de l&#8217;Inde millénaire, peuplée de mythes, de mystères et de maléfices, de jeunes filles fragiles, de dacoits sanguinaires et de thugs aux dents de loups.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Il y a trois ou quatre ans, j’avais entrepris de faire découvrir mon héros de jeunesse, Bob Morane, à mon fils Tom. Et c’était précisément cette aventure, « la couronne de Golconde », que j’avais choisie pour tenter de lui transmettre ma passion. Sans grand succès, je dois bien le reconnaître. Il n’avait pas vraiment mordu à ce type de lecture, mais avait néanmoins pris un immense plaisir à ces moments de grande complicité. C’était déjà beaucoup.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Je reste songeur. Ainsi donc, sans le savoir, je suis allé à Golconde. Mais, l’esprit encombré de mes affaires, je n’en ai rien vu d’autre qu’un palace aux tapis feutrés, que des serveurs endimanchés et des portiers enturbannés. Je n’en ramène rien d’autre que des cartes de visite de businessmen et des aigreurs de ces repas trop riches, pris avec l’estomac noué.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">L’espace d’un instant, dans cet avion qui me ramène à Delhi, je croise en pensée le regard du petit garçon que j’étais. Il me dit, les yeux brillants d’excitation : « Waouh ! Tu es allé à Golconde ? Quelle chance ! Cela a dû être fantastique. Tu as vu des Thugs, des dacoits, le trésor des Sultans ? Raconte-moi, s’il te plait ! ». Mais je ne trouve rien d’intéressant à te raconter, petit garçon, et je me sens tellement coupable de la déception que je devine dans ton regard d’enfant.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Tandis que le pilote annonce dans l’interphone que nous venons d’entamer notre descente vers l’aéroport Indira Gandhi de Delhi, je reprends ma potence. J’y marque dans la colonne de droite : « oubliés les rêves de mon enfance », avec une pondération de 10. La peine maximale&#8230;  Et au moment où les roues de l’Airbus A320 heurtent en douceur le tarmac de la piste 29, je me fais la promesse de retourner un jour à Hyderabad et d’y visiter les ruines de Golconde. Pour regagner l’estime du petit garçon que j’étais … Je lui dois bien ça, car c’est quand même bien grâce à lui que je suis ce que je suis, aujourd’hui.</p>
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		<title>Les bougies sont en berne à Delhi</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Jun 2009 10:48:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[La tribune de Delhi]]></category>

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Et oui, comme vous pouvez  vous en rendre compte sur la photo ci-contre, les bougies sont en berne à Delhi ! Et ne croyez surtout pas que ce soit à cause de la mort inopinée[1] de ce pauvre Michael Jackson.
Non, en fait, c’est la canicule qui est en cause. Comme vous pouvez voir sur les gros plans [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=637&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/06/bougies-en-berne-a-delhi.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-642" title="Bougies en berne à Delhi" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/06/bougies-en-berne-a-delhi.jpg?w=200&#038;h=340" alt="Bougies en berne à Delhi" width="200" height="340" /></a></p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Et oui, comme vous pouvez  vous en rendre compte sur la photo ci-contre, les bougies sont en berne à Delhi ! Et ne croyez surtout pas que ce soit à cause de la mort inopinée<a href="http://houstonbayous.wordpress.com/wp-admin/#_ftn1">[1]</a> de ce pauvre Michael Jackson.</p>
<p style="text-align:justify;">Non, en fait, c’est la canicule qui est en cause. Comme vous pouvez voir sur les gros plans en bas de page, ce serait comme qui dirait la bérézina question bougies … C’est la musaraigne<a href="http://houstonbayous.wordpress.com/wp-admin/#_ftn2">[2]</a> qui va être tristounette en découvrant la scène (NB : les photos sont celles du meuble bibliothèque de la chambre de Julie, qui est pourtant la plus fraîche de la maison). Figurez-vous qu’il fait 48° à l’ombre au moment où j’écris ces lignes, et qu’on nous en annonce 50 pour demain.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-637"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Vous parlez d’une fournaise. Et cela fait déjà presque deux mois que cela dure. Franchement dit, cela commence à bien faire. Si, au moins, il y avait une petite averse de temps en temps, histoire de rafraichir tout cela, mais non, rien, pas une goute. La mousson est très en retard cette année. Il fait aussi sec que dans le bar d’un ayatollah. Et, en jetant un coup d’œil par la fenêtre, le spectacle n’est pas joli-joli, croyez-moi. Le petit parc en face est tout flétri! Green Delhi ? Tiens fume ! C’est du belge ! D’accord, il y a des arbres et des parcs dans cette ville. Mais déjà qu’en général, le vert est vert-de-gris, à cause de la couche de poussière qui recouvre tout en permanence, alors là, comme je vous parle, il n’y a plus de vert du tout ! Le vert est devenu carrément jaune, et la poussière est toujours là, bien sûr, donc cela vous donne un cocktail grisâtre à déprimer une jeune mariée le soir de ses noces. Oh, je sais bien ce que vous allez me dire : je ne devrais pas trop me plaindre. Après tout, je viens de passer 3 semaines au frais en Belgique, et là j’ai été bien servi question pluie et verdure … Et puis, surtout, j’ai la climatisation au bureau, en voiture et à l’appartement. Sans parler du générateur électrique pour prendre le relais lors des nombreuses coupures de courant (trois à quatre fois par jour en moyenne). OK, d’accord, j’admets tout cela. Mais vous voudrez quand même bien noter, à ma décharge, que les climatiseurs tournent à plein rendement (Bonjour la prochaine facture d’électricité !) et que, malgré cela, ils n’arrivent pas à abaisser la température en-dessous de 33°. Mais bon, soit, prenons notre mal en patience. On n’en mourra pas, n’est-ce pas ? Encore que … On dénombre déjà des centaines de victimes de cette canicule …</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">A propos de morts, l’autre sujet qui fait la une de l’actualité, c’est la mort de Michael Jackson. Et oui, ici aussi, on ne parle que de cela : on se demande si on ne l’aurait pas un tout petit peu assassiné en augmentant sa ration quotidienne de pilules ou s’il ne se serait pas tout simplement flingué pour éviter le déshonneur d’un possible échec lors de sa prochaine tournée. Et puis s’il avait beaucoup de blé. Alors ça, oui, cela les intéresse beaucoup, nos amis Indiens, de savoir combien il avait sur son compte en banque, la valeur de ses propriétés à Bahreïn et tout le toutim. Et aussi, avec qui il avait passé la nuit lors de son concert en 1996 à Bombay, si c’était avec une star de Bollywood ou avec des petits enfants perdus des slums, comme à Neverland. Comme quoi, vous voyez : Mumbai, Los Angeles ou Londres, les paparazzis et les tabloïds sont partout pareils …</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Quoi d’autre ? Bon, je continue ma revue de presse. Ah oui : le cricket, bien sûr ! Les Indiens, tenants du titre, sont rentrés au pays la queue entre les jambes, après une humiliante série de défaites lors de la Coupe du Monde à Londres. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, c’est le Pakistan qui l’a emporté; on peut dire que l’Inde aura bu le calice jusqu’à la lie, hein !  Il va y avoir des têtes qui vont tomber, croyez-moi …</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Chapitre économique à présent. L’arrivée de la Tata Nano, la voiture la moins chère du monde est une nouvelle fois reportée. Ce n’est que la quatrième fois depuis un an. Et bien moi, je vais vous dire une bonne chose : plus tard elle arrivera, mieux ce sera … Déjà qu’on se traine dans le trafic chaotique de Delhi, je n’ose pas imaginer ce que ce sera quand on aura ces scories à quatre roues qui viendront encore encombrer davantage le trafic. Oui, je sais, je vais un peu vite en besogne pour parler de scories, mais mon petit doigt me dit qu’on va les voir tomber comme des mouches sur le bord des routes (ou au milieu, tant qu’à faire), les petites Nanos. Parce que, quand on voit la qualité de la mécanique ici, on imagine assez mal comment Monsieur Tata il va faire pour arriver à produire des voitures qui tiennent la route (c’est le cas de le dire !) à un prix inférieur à 2.000 Euros. Mais bon, attendons la suite, on verra bien … Laissons-lui le bénéfice du doute … Allez, je retire « scorie », ok ?</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Et ensuite ? Débat animé dans la société civile et le parlement indien concernant la question de savoir s’il faut, ou non, supprimer « l’amendement 377 » du code pénal, introduit en … 1860 par Lord Thomas Babington Macaulay et qui punit d’emprisonnement allant de 10 ans à la perpétuité (en fonction de la gravité des faits !) « Les relations sexuelles charnelles contre le cours de la nature ». En pratique, ce sont les gays qui ont fait les frais de cette loi depuis son entrée en vigueur il y a un siècle et demi (l’homosexualité est donc toujours considérée comme illégale en Inde). Et moi je trouve que c’est carrément injuste, parce qu’il me semble qu’une relation anale entre homme et femme pourrait parfaitement aussi tomber sous le coup de cette loi, si on prend cette définition au pied de la lettre. Même une petite pipe, à la limite ! Enfin, bref, les choses bougent, et il y aurait apparemment de nombreuses voix qui se font entendre, y compris dans les plus hautes sphères du pays, pour supprimer une fois pour toutes ce texte inique, « qui fait référence à un concept importé de l’occident » (je cite, d’après la gazette), car il semblerait que les relations sexuelles amoureuses entre partenaires de même sexe, et les « amitiés romantiques » fleurissaient dans l’Inde ancienne, sans qu’elles n’eussent jamais fait l’objet de persécution ouverte à l’époque (je cite toujours, bien entendu, n’étant pas un spécialiste de la question). Allez courage, les homos et les lesbiennes, ce n’est pas encore demain qu’on verra la Gay Pride parader dans Delhi, mais il y a de l’espoir. Et, entre temps, on a quand même les eunuques en saris pour nous distraire…</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Allez, on termine par une petite page Bollywood, histoire de mettre un peu de paillette et de strass dans tout cela ! Ah, ben non, justement, cela ne va trop … Il y a un gros scandale en ce moment, figurez-vous, entre le « Rambo » indien Salman Khan et sa petite amie Katrina Kaif. Il y a de l’eau dans le gaz apparemment. Motif : elle a tourné une scène apparemment très chaude avec le beau John Abraham dans le tout nouveau film de Bollywood « New York » qui sort sur nos écrans ce week-end (les nôtres, pas les vôtres !) …  Même avant sa sortie en salle, la scène fait déjà un tabac sur youtube, paraît-il. Il semblerait que la belle Katrina se serait vraiment donnée à fond pour cette scène, ce qui ne serait pas du tout du goût de Monsieur Muscle indien… Bah ! C&#8217;est cela, la vie de star. Il ne faut pas ménager sa peine. Tenez, moi par exemple, quand j’ai joué dans « la cage aux folles » à Shanghai, j’ai dû aussi payer de ma personne. Il a bien fallu que je me rase la moustache, vous vous rendez compte ? (Avouez que vous aviez pensé à autre chose ?!)</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Bon, j’arrête ici mes cancans et je vais me mettre au frais. Je me suis fait couler un petit bain d’eau froide (enfin, froide … disons tiède !) et je vais y faire trempette. Avec un petit verre de Grand Coronas pour me soutenir le moral. On ne va pas se laisser abattre, hein ! Cheers ! <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<hr size="1" /><a href="http://houstonbayous.wordpress.com/wp-admin/#_ftnref1">[1]</a> Cette expression m’a toujours fait marrer : comme si un décès pouvait être « opiné » :-)</p>
<p><a href="http://houstonbayous.wordpress.com/wp-admin/#_ftnref2">[2]</a> C’est ainsi que je surnomme Julie depuis toute petite à cause de son charmant petit nez pointu qui ressemble à un museau de musaraigne (et de son habitude d’aller le fourrer partout, y compris dans ce qui ne la regarde pas).</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/06/bougies.jpg" target="_blank"><img class="aligncenter size-full wp-image-648" title="bougies" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/06/bougies.jpg?w=500&#038;h=730" alt="bougies" width="500" height="730" /></a></p>
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			<media:title type="html">Bougies en berne à Delhi</media:title>
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		<title>Nirvana au-dessus du Gange</title>
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		<pubDate>Fri, 01 May 2009 12:40:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>
		<category><![CDATA[La tribune de Delhi]]></category>
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		<description><![CDATA[Voici donc, comme promis la suite de nos aventures du mois de novembre dernier dans l’état d’Uttarakhand, au nord est de Delhi.
J’avais quitté le camp King Elephant de Rajaji avec un sentiment mêlé de crainte et d’excitation. Certes, l’aventurier qui sommeille en moi est toujours à l’affut de découvertes pétillantes qui feront la joie de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=575&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/trident-de-shiva-et-poudre-de-sindur.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-580" title="Trident de Shiva et Poudre de Sindur" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/trident-de-shiva-et-poudre-de-sindur.jpg?w=200&#038;h=355" alt="trident-de-shiva-et-poudre-de-sindur" width="200" height="355" /></a>Voici donc, comme promis la suite de nos aventures du mois de novembre dernier dans l’état d’Uttarakhand, au nord est de Delhi.</p>
<p style="text-align:justify;">J’avais quitté le camp King Elephant de Rajaji avec un sentiment mêlé de crainte et d’excitation. Certes, l’aventurier qui sommeille en moi est toujours à l’affut de découvertes pétillantes qui feront la joie de mes lecteurs assidus; mais dans le même temps, j’appréhendais la suite. Nous avions mis le cap sur « l’Himalayan River Runners Camp » où j’allais devoir affronter les eaux tumultueuses du Gange en rafting et ensuite passer la nuit sous tente, sur les berges du fleuve.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-575"></span></p>
<p style="text-align:justify;">A dire vrai, je n’étais pas extraordinairement emballé, ni par l’un ni par l’autre. Mon unique et précédente expérience sur un engin flottant, une rame à la main, avait été la descente de la rivière Netchès en canoë dans l’est de l’état du Texas. Nous y avions frôlé la catastrophe. J’avais perdu dans l’aventure une vieille paire de chaussures et une bonne dose d’amour propre. Si vous n’avez pas encore lu le récit épique de cette épopée, précipitez-vous sur la chronique <a href="http://houstonbayous.wordpress.com/2006/08/12/big-thicket-pour-laventure/">Big Thicket pour l’aventure</a> dès la fin du présent récit. Vous ne le regretterez pas.</p>
<p style="text-align:justify;">C’était également ma seconde expérience en 49 ans pour ce qui était de passer une nuit sous tente. La première fois, j’en avais 28 de moins, c’était au moment ou je courtisais ma douce et tendre, et j’étais prêt à tout pour me rapprocher d’elle, y compris planter une tente près de l’endroit où la Belle, alors âgée de 15 ans, dormait en caravane, caressant le fol espoir de baisers échangés à la sauvette, à l’insu de ses parents (NB : c’est du moins ce que je pensais, car j’appris plus tard que mes beaux-parents étaient beaucoup moins naïfs que je ne l’avais imaginé, qu’ils avaient parfaitement repéré mon manège et s’en étaient d’ailleurs beaucoup amusés). Bref ! la nuit blanche que j’y avais passée, seul dans ma tente canadienne plantée maladroitement, à me tourner dans tous les sens, entortillé dans mon sac de couchage, dans la promiscuité d’un camping surpeuplé et bruyant, à tenter vainement de me boucher les oreilles pour échapper aux couinements orgasmiques d’une femelle en pâmoison chez mes voisins de droite, aux élucubrations sur le retour imminent de Jésus Christ sur terre en provenance de mes voisins de gauche, à la musique schizophrénique s’échappant de la tente située à mes pieds et aux ronflements tonitruants provenant de celle plantée à vingt centimètres de ma tête, m’avait à tout jamais dégouté de ce genre de pratique populaire. J’étais donc tout surpris moi-même d’avoir dit oui à cette équipée lorsque ma petite Catherine m’avait proposé cette nuit à la belle étoile «  pour faire plaisir aux enfants » …</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/camping-a-rishikesh1.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-588" title="Camping à Rishikesh" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/camping-a-rishikesh1.jpg?w=250&#038;h=141" alt="Camping à Rishikesh" width="250" height="141" /></a> Si le Camp King elephant était déserté, il n’en allait pas de même pour « l’Himalayan River Runners Camp ». Au contraire, un groupe imposant de familles de l’école américaine de Delhi y avaient élu domicile pour y passer les fêtes de Thanksgiving. Face à ce groupe d’amis très proches, et malgré leur convivialité toute américaine, nous nous étions rapidement sentis un peu exclus, et nous avions finalement regretté la tranquille quiétude de Camp King Elephant… Pourtant, le camping sur les berges du fleuve était joli. Sous le soleil chaud de l’après-midi, les tentes vertes tranchaient sur la blancheur immaculée du sable. Je dois dire que j’étais sidéré par la propreté et la beauté de ces plages. C’était tout à fait inattendu le long du Gange. Mais, nous avions à peine eu le temps de savourer l’endroit que déjà notre moniteur de rafting venait frapper à la porte de notre tente. Enfin, c’est une façon de parler…</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">C’était un petit Népalais, très souriant et bavard comme une pie, remuant comme une puce, une véritable pile électrique. Nous n’avions pas encore enfilé nos gilets de sauvetage et nos casques de protection qu’il était déjà embarqué dans de grandes explications sur la technique du rafting. Vous parlez d’un changement en comparaison avec le cowboy texan de la rivière Netchès qui, après nous avoir fait embarquer sur nos frêles esquifs, avait pris congé en nous poussant à l’eau d’un vigoureux coup de botte et débrouillez vous pour la suite… Le petit Népalais, lui, c’était tout le contraire, un vrai mode d’emploi ambulant. Je comprenais assez mal son charabias et je l&#8217;interrompais sans cesse pour demander des compléments d’explications à Catherine ou à Tom qui eux, suivaient les instructions avec une apparente facilité&#8230; Mais là où mon niveau d’adrénaline avait sérieusement flirté avec la zone rouge, c’était quand le gars avait commencé ses longues explications sur les manœuvres à opérer pour récupérer les naufragés tombés malencontreusement du canot et les recommandations pour ne pas paniquer si, par malheur, cela devait nous arriver.  Quand il avait enfin donné le signal du départ, 45 minutes plus tard, tous les scénarios catastrophes avaient été passés en revue, à l&#8217;exception de l’attaque de requins, de crocodiles du Nil et de piranhas. Un qui aurait donné cher pour ne pas être à sa place, c’était votre serviteur, croyez-moi ! Nous n’étions pas encore à l’eau, mais je n’avais déjà plus un poil de sec et j’étais pâle comme un linge au moment d’embarquer. Le petit Népalais avait bien essayé de me rassurer en me désignant du doigt le moniteur malabar qui allait embarquer sur un kayak monoplace pour nous escorter tout le long de la descente, mais cela n’avait fait que renforcer mes craintes parce que je m’étais dit que si on se faisait accompagner par un sauveteur professionnel, c’est que ça n’allait pas être de la tarte…</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rafting-sur-le-gange.jpg" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-594" title="Rafting sur le Gange" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rafting-sur-le-gange.jpg?w=250&#038;h=141" alt="Rafting sur le Gange" width="250" height="141" /></a>Mais finalement, tout s’était étonnamment bien passé. Nous avions franchi avec brio « Double Trouble », « Return to sender », « the Wall », « Roller coaster » ainsi que 6 autres rapides dont j’ai oublié les noms. Je me tenais à l’avant du raft, accroché avec l’énergie du désespoir à la corde de rappel, serrant les dents rageusement face aux éléments démontés. A notre descente du raft, quelques kilomètres en aval, nous étions évidemment trempés comme des canards, mais au fond, je dois bien reconnaître que l’aventure avait été des plus plaisantes.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">C’était au retour que les choses s’étaient gâtées. Pour rejoindre le camp, nous avions dû embarquer sur le plateau arrière d’un pickup truck. Il y avait tout au plus une demi douzaine de kilomètres à franchir, mais il nous avait fallu plus de deux heures pour les parcourir. Des travaux d’élargissement et de rénovation de l’étroite route qui serpente le long de la vallée du Gange étaient en cours à cet endroit. Des ouvriers avaient ouvert exactement treize chantiers en même temps. Parfaitement, j’ai compté. Treize. Au lieu de finir un tronçon avant d’en entamer un autre, ils avaient décidé, les petits comiques, de travailler partout en même temps. Donc, à treize reprises sur six kilomètres, cette satanée route à deux bandes était rétrécie sur une seule bande, sans feu rouge, ni personne pour organiser le trafic, naturellement. Je vous laisse imaginer le désastre quand on connaît la courtoisie légendaire des conducteurs indiens. À treize reprises donc, c’était la bataille du « moi d’abord » qui faisait rage. Les camions, les bus, et autres poids lourds jouaient de leur influence pour forcer le charroi venant à contre sens de les laisser passer. Mais quand deux poids lourds se faisaient face, c’était une bataille de colosses qui s’engageait jusqu’à ce que l’un d&#8217;eux (et tous ceux qui se pressaient derrière) finissent par reculer. Ce fut l’un de ces moments de grande exaspération de ma vie où je maudis la race humaine. J’enrageais de tant de bêtise et d’égoïsme, d’autant plus que sur la plateforme arrière du pickup truck, je grelotais comme un esquimau tout nu sur la banquise, car à la douce chaleur du soleil de novembre avait succédé la « crudité » (comme disait mon Joli Papa) du crépuscule, et mes habits détrempés me collaient à la peau. Il faut dire que j’avais eu l’idée saugrenue de mettre un pantalon de training pour la descente en raft, alors que tous les autres étaient en short…</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Il faisait nuit noire quand nous étions arrivés au camping, et j’étais à deux doigts d’une crise d’hypothermie. On s’était rués vers la grande tente centrale où le buffet du diner était déjà servi. J’avais mangé peu, j’avais surtout tenté, vainement, de me réchauffer, à grand renfort de rhum. Une fois la nuit tombée et le dîner terminé, le camp était soudain devenu mort. Il n’y avait pas grand chose d’autre à faire que de nous réfugier sous la tente pour lire un bouquin à la lueur d’une bougie. Mais je n’étais guère d’humeur à lire. La nuit était glaciale, et je continuais à greloter malgré les nombreuses épluchures et couvertures dans lesquelles je m’étais emballé comme un oignon. Et pas la peine de compter sur la chaleur corporelle de ma douce et tendre pour me réchauffer car nous dormions dans de minuscules lits à une place. Ce fut, je dois le dire, une nuit interminable, hantée de nombreuses pensées très sombres mais dont une idée forte prédominait : il n’y aurait jamais de troisième nuit sous la tente en ce qui me concerne.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rishikesh-nov-2008.jpg" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-597" title="Rishikesh Nov 2008" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rishikesh-nov-2008.jpg?w=250&#038;h=141" alt="Rishikesh Nov 2008" width="250" height="141" /></a>Mais le lendemain, la vie reprenait. Il nous restait encore toute une journée à passer avant de reprendre notre train de retour à Delhi, tard le soir. Le soleil du matin avait eu vite fait de nous réchauffer le corps et le cœur. Nous avions décidé de passer cette journée à flâner dans les rues de Rishikesh. La petite ville est nichée dans les contreforts himalayens, au sein d’un écrin de verdure, et traversée de part en part par le Gange. C’est un lieu important de pèlerinage pour les saint hommes indiens, les sâdhus, ces ascètes un peu farfelus qui ont abandonné leur famille, renoncé à toute possession matérielle, déconnecté avec toute forme de civilisation, pour traîner leur maigre carcasse de lieu saint en lieu saint, dans leurs haillons couleur safran, le corps recouvert de cendre, la barbe et les cheveux crasseux flottant au vent, le regard vitreux trahissant la consommation abusive de marijuana . On les voit souvent quémandant leur aumône près des temples; le reste du temps, on les trouve aux endroits les plus improbables, parfois dans le plus simple appareil, en pleine méditation.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Outre la présence des sâdhus, Rishikesh doit sa célébrité aux Beatles qui y vinrent rouler leur bosse dans les années soixante, le temps d’une petite cure spirituelle dans un ashram du coin, entrainant dans leur sillage une bonne partie de ce que la terre comptait (et compte toujours, d’ailleurs, car ils y sont encore nombreux !) comme beatniks, baba cools, hippies et autres fans des sixties.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Une chose est sûre, en tous les cas, c’est que nous ne passions pas inaperçus à Rishikesh. En plus des habituels mendiants, nous avions sur les talons des vendeurs d’objets les plus hétéroclites les uns que les autres : cartes postales de dieux indiens en relief, eau bénite du Gange, plumes de paon, guides touristiques et spirituels, livres initiatiques, musique thérapeutiques etc.… Plus ceux qui nous tiraient par la manche pour nous mener dans des arrière-boutiques afin de nous présenter à des professeurs de yoga, des masseurs ayurvédiques, ou des gurus initiatiques. Je me demande si ces gens comprennent le sens du mot « non », ou alors ils sont d’un optimisme indéfectible ; en tous cas, ils restaient collés à nos guêtres comme des insectes englués dans un attrape-mouche et c’est quasiment à la tête d’une procession que nous déambulions dans les ruelles de la ville où des échoppes ésotériques aux noms évocateurs (les 7 chakras, le Guru illuminé, l’Œil de Shiva, Om Shanti, …) se serraient les unes aux autres. Dans l’une d’elles, je n’avais pas résisté à un petit rondin de bois de santal, « extrêmement authentique » selon les propos du vendeur. Je dois dire que j’aime l’odeur du bois de santal, et je sais déjà que quand je quitterai l’Inde et que je voudrai m’y replonger spirituellement pour retrouver des sensations passées, je n’aurai qu’à renifler un flacon d’huile de santal ou m’allumer un petit bâtonnet d’encens pour m’y replonger par odeur interposée. Avec un petit air de tablas et de flute de bambou en musique de fond, ce sera parfait. Mais le petit rondin de bois de Rishikesh ne me sera d’aucune utilité, car ses senteurs se sont évaporées peu après notre retour à Delhi. Visiblement, il devait s’agir d’un vulgaire morceau de bois de teck qui avait été trempé dans un bain d’huile…</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Au hasard de nos pérégrination, nous nous étions retrouvés devant le pont de Laxman (Laxman Jooha), l’un des deux ponts suspendus qui enjambent le Gange et relient les deux rives de la ville. Pour ceux qui n’auraient pas lu le Ramayana, Laxman est le frère de Rama, il s’est illustré notamment lors de la célébrissime bataille contre Ravana, le démon à 9 têtes, en aidant le brave Rama à délivrer de ses griffes la belle Sita.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Nous nous étions arrêtés un instant au beau milieu du pont pour contempler le Gange, fleuve sacré entre tous les fleuves sacrés des Hindous, et dont les eaux claires coulaient calmement sous nos pieds ; c’était grandiose, mais nous n’avions guère eu l’occasion d’en profiter car le pont était si étroit, et la foule qui l’empruntait dans les deux sens si dense, que notre arrêt soudain avait provoqué un début d’émeute. Derrière nous, une cacophonie de klaxons de motos, meuglements de vaches sacrées et tonnerres d’injures proférées à l’unisson par des dizaines de gorges enrouées nous avaient enjoints de poursuivre notre route.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/nirvana.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-599" title="Nirvana" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/nirvana.jpg?w=200&#038;h=355" alt="Nirvana" width="200" height="355" /></a>En maugréant, nous avions donc repris la traversée, et c’était là que je l’avais aperçue. Elle avançait devant moi, la démarche altière, enrubannée dans un sari largement décolleté dans le dos, et dont le jaune vif tranchait sur sa peau dorée. Elle avait relevé ses cheveux de jais en chignon, découvrant sa nuque parfaite et ses oreilles délicatement ourlées, finement décorées d’une boucle en or. Je joins la photo pour que vous puissiez en profiter vous aussi. J’étais en équilibre instable sur un pont suspendu au-dessus du Gange et devant moi, c’était tout le charme de Lakshmi et de Parvati qui étaient réunis. En fait, j’étais au nirvana ! Je ne la voyais que de dos, mais cela n’avait pas d’importance. Cela me suffisait amplement. En achevant la traversée du pont, je m’étais posé la question de savoir lequel de cette créature de rêve ou du Taj Mahal était le plus parfait. Indécis, j’avais décidé de reporter le problème à plus tard, la question était d’importance et il ne fallait rien précipiter.</p>
<p style="text-align:justify;">De l’autre côté du pont, j’avais voulu prendre un dernier cliché de la belle Indienne. Mais dans mon viseur, j’avais découvert avec stupeur, à ses côtés, un cul de vache magistral. C’était la belle et la bête, toute l’Inde en fait, résumée en une photo format carte postale, l’Inde où le sublime côtoie le sordide quasiment en permanence.<a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/la-belle-et-la-bete.jpg" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-602" title="La Belle et la Bête" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/la-belle-et-la-bete.jpg?w=250&#038;h=141" alt="La Belle et la Bête" width="250" height="141" /></a></p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Mais à peine le temps de penser à tout cela dans ma petite tête qu’une détestable sensation m’envahissait. Mon pied droit venait en fait de s’enfoncer mollement dans une bouse immonde déposée là quelques instants plus tôt par la vache ignominieuse. Tout occupé à cadrer dans mon viseur, je n’avais pas prêté attention à l&#8217;endroit où j’avais posé le pied. Grosse erreur en Inde, qui se paye souvent cash. Inutile vous dire que je fulminais. Non seulement contre la bête infâme et contre Catherine et les enfants, qui bien entendu s’amusaient beaucoup de mon infortune, mais davantage encore contre le cireur de chaussures qui assis sur le bas côté regardait la scène, impassible. Son visage ne trahissait aucune émotion, ni joie, ni compassion, ni embarras, ça lui était tout simplement indifférent et cela m’insupportait, surtout qu’il avait tout vu, il avait eu tout le temps de voir mon pied se poser à l’endroit fatidique, de  prévenir mon geste, mais il avait assisté à la scène en spectateur blasé, insensible.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">J’allais pour lui dire le fond de ma pensée, mais Catherine qui voyait déjà un attroupement se constituer autour de moi, m’avait entraîné par le bras, direction le temple voisin de Trymbakeshwar dont les treize étages en forme de pagode surplombent majestueusement le fleuve. J’avais claudiqué jusque là, raclant le sol de ma chaussure salie dans l’espoir d’en détacher le maximum de crottes. Puis, il m’avait fallu l’ôter car nous devions nous déchausser à l’entrée du temple. Et là j’avais siroté ma vengeance comme du petit lait, car le proposé aux chaussures avait empoigné mes pompes sans l’ombre d’une hésitation, et avait posée la chaussure souillée sur celles de Tom préalablement déposées là avant les miennes. Si vous aviez pu voir la tête de mon Loulou ! C’est bien simple, j’en ris encore !</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rishikesh-temple-trymbakeshwar.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-604 alignleft" title="Rishikesh -Temple Trymbakeshwar" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/rishikesh-temple-trymbakeshwar.jpg?w=250&#038;h=141" alt="Rishikesh -Temple Trymbakeshwar" width="250" height="141" /></a>Nous avions fait la visite du temple au pas de charge. Au début, un petit moustachu nous avait emboité le pas, nous détaillant sur un ton monotone le nom et les spécialités respectives de chacune des divinités que contenaient les alcôves. D’abord, bien sûr – à tout seigneur, tout honneur – la trilogie sainte des Hindous ; Brahma, le créateur, Shiva, le destructeur, et Vishnu le sauveur, le protecteur. Et puis tous les autres, ceux à qui l’on fait appel à la carte et selon les besoins du moment : Hanuman le combattant pour avoir de l’énergie ; Varuna, le dieu de l’eau si on veut de la pluie ; Lakshmi, la déesse de la prospérité pour ceux qui ont besoin d’argent ; Sarasvatî, la déesse de la connaissance, pour réussir ses examens ; Ganesh, le dieu à tête d’éléphant pour éliminer tous les obstacles et porter bonheur. Et tous les autres … Le gars ignorait visiblement mon aversion pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à un guide touristique, mais mes grognements d’ours lui avaient rapidement fait comprendre qu’il pouvait se brosser pour le pourboire. Il nous avait donc plantés là, au milieu du premier étage. Bon débarras ! Il en restait douze à faire et nous avions continué la visite seuls, rapidement lassés par cette succession interminables d’idoles naïves qui se ressemblent à peu près toutes. Seule Luna s’amusait vraiment de la visite, ne manquant jamais de sonner la petite cloche suspendue à l’entrée de chaque alcôve. Dans ce dédale d’idoles (J’aime bien cette expression !), j’avais cherché en vain ma déesse favorite Kali, la déesse noire et nue. Elle me fascine et me répugne en même temps. Sa laideur m’aurait certainement inspiré les pires cauchemars durant mon enfance, comme ces images effrayantes de l’enfer et du diable dans les livres de catéchisme qui hantaient mes nuits. Kali, c’est la déesse de la mort ; elle apporte la mort pour que la réincarnation puisse se produire. Elle est la jouissance et la mort réunies, celle qui donne la vie mais dévore ses enfants. Elle est nue mais ses seins et son sexe sont cachés sous un immense collier de têtes fraichement coupées. Ses deux paires de bras armés d’objets tranchants dégoulinent du sang de ses victimes. Elle arbore des corps d&#8217;enfants comme boucles d&#8217;oreille et des cobras comme bracelets. Sa langue pendante et dégoulinante est cernée de crochets à venins. Sur le champ de bataille, elle s’enivre du sang de ses victimes, se goinfre de leurs entrailles pendant que son “yomi” (vagin) dévore leur “lingam” (pénis). Voilà pour les présentations … Sympa comme bonne femme, non ?  Bon, j’arrête là, sinon, vous allez croire que je fais dans le sensationnel !</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Après la visite du temple, nous avions décidé de rebrousser chemin. Nous en avions rapidement eu notre dose de Rishikesh et de son commerce de spiritualité à bon marché. Nous avions donc repris la route un peu plus tôt que prévu, direction Haridwar, où nous devions reprendre le train de Delhi.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Depuis notre arrivée en Uttarakhand, quatre jours plus tôt, j’avais eu le temps d&#8217;apprendre qu’Haridwar n&#8217;était pas un bled perdu dans la campagne indienne, comme je l’avais d’abord imaginé, mais bien une des sept villes sacrées des Hindous. Située au pied de l’Himalaya, elle est en fait la toute première ville baignée par les eaux sacrées du Gange et, à ce titre, bénéficie d’un statut tout particulier pour les pèlerins. Une fois tous les trois ans, on y célèbre le mêla, une grande fête religieuse qui attire jusqu’à deux millions de personnes, et, une fois tous les 12 ans, le khumb mêla, le « grand mêla » où jusqu’à dix millions de pèlerins affluent de partout en Inde. Le dernier en date, à la fin des années nonante, s’était terminé tragiquement. Un mouvement de foule avait provoqué une panique et des centaines de personnes avaient péri piétinées dans la mêlée.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Heureusement, ce n’était pas la toute grande foule à notre arrivée, mais nous avions quand même été surpris d’y trouver tant de gens. En fait, nous avions de la chance, il était six heures du soir, l’heure où le soleil allait bientôt se coucher et c’était précisément l’heure où les pèlerins désireux de prier ou de se laver de leurs péchés dans les eaux sacrées se rassemblent le long du fameux ghât « Har-Ki-Pairi » (littéralement les traces du dieu Vishnu) pour la cérémonie de purification « Ganga Aarti ».</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/diyas-a-haridwar.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-608" title="Diyas à Haridwar" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/diyas-a-haridwar.jpg?w=250&#038;h=141" alt="Diyas à Haridwar" width="250" height="141" /></a>Mais sur le chemin qui nous menait au ghât, nous avions à nouveau été l’objet de toutes les attentions. Des dizaines de petits vendeurs nous proposaient leurs objets rituels : petites urnes de sindur, cette poudre végétale utilisée pour tracer le Tilak rouge sur le front des croyants, fioles d’eau sacrée du Gange, images pieuses, diyas (petits paniers offrandes constitués de feuilles et de fleurs et portant en leur centre une minuscule lampe à huile), bracelets de bronze, bangles, bijoux, etc&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">A dire vrai, nous ne nous sentions vraiment pas à l’aise, tiraillés de toutes parts par ces vendeurs qui nous harcelaient, par des mendiants et des lépreux qui nous tiraient la manche, sans parler des hordes de macaques et autres singes langurs qui couraient en tous sens et se livraient à de véritables guérillas de rues pour protéger leurs territoires. Et bien sûr, comme partout en Inde, des centaines de paires d’yeux qui nous observaient en silence. L’atmosphère était lourde, très lourde; alerté comme par un sixième sens, je sentais confusément que quelque chose allait se produire.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Et c’était exactement ce qui était arrivé. Nous nous étions subitement retrouvés encerclés de quatre hommes en uniformes bleu portant brassards noirs, surgis de nulle part. Ils nous avaient demandé nos noms, adresses et documents d’identité. Leur ton semblait menaçant, ils pointaient du doigt leurs formulaires marqués du swastika (la croix gammée dont est inspirée la funeste croix des nazis) en précisant qu&#8217;ils étaient du gouvernement indien. Je n’avais aucune idée de ce qu’ils voulaient exactement, mais une chose était sûre, il n’était pas question de leur donner nos passeports. Nous ne les aurions récupérés à coup sûr que contre payement de bakchichs. Je leur avais répondu avec un calme qui m’avait étonné moi-même que ce sceau n’était pas celui du gouvernement indien (NB : le sceau du gouvernement indien, ce sont les trois lions Ashoka) et que j’étais de l’Ambassade belge et qu&#8217;ils nous foutent la paix, s’il vous plait. Il faut croire que j’avais dû être convaincant, car après une courte palabre en hindi, et à notre grand soulagement, les gars s’étaient évaporés aussi vite qu’ils étaient apparus. J’appris plus tard en me documentant sur la question qu’il s’agissait en fait de « collecteurs de donations » … S’ils avaient au moins pris la peine de nous expliquer qui ils étaient, au lieu de nous tomber dessus comme des membres de la Stasi en pleine guerre froide, nous nous serions bien fendus de quelques roupies … Si, si, je vous assure ! </p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Mais soit ! À peine sortis des griffes de ces larrons, qu’un vendeur ventripotent, dont l’haleine empestait le bétel, m’empoignait le bras et me collait d’autorité un petit panier offrande dans les mains, me précisant au passage que c’était, je cite, « very compulsory » (extrêmement obligatoire). C’en était trop ! Je lui avais reclaqué son offrande dans les mains sans ménagement, en le priant, avec un sourire forcé, de bien vouloir nous  lâcher les baskets. Notre tension était à son comble. Alors, on s’était encourus loin, tout au bout des ghâts, fuyant singes hurleurs, mendiants, collecteurs de donations et marchands du temple pour assister tranquillement à la cérémonie.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">L’obscurité était tombée, des lampes à huile avaient été allumées un peu partout. Les timbres de dizaines de cloches résonnaient à l’unisson, semblant venir de partout et de nulle part à la fois. L’endroit avait été soudainement baigné dans une atmosphère de dignité et de recueillement. Des dizaines de petits bateaux offrandes éclairés de leur minuscule lampe flottaient paisiblement sur les eaux calmes du Gange, chacune d’elles représentant un défunt dont on honorait la mémoire. Des pénitents, transcendés par l’émotion et la méditation, oubliant soudainement toute pudeur, se glissaient cérémonieusement dans les eaux froides du fleuve sacré. En quelques minutes à peine, comme seule l&#8217;Inde peut le faire, toute notre tension était retombée. Jai Jagadish hare ! Le Dieu de l’univers est grand !  <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/haridwar-har-ki-pairi.jpg" target="_blank"><img class="aligncenter size-full wp-image-611" title="Haridwar Har-Ki-Pairi" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/05/haridwar-har-ki-pairi.jpg?w=500&#038;h=281" alt="Haridwar Har-Ki-Pairi" width="500" height="281" /></a></p>
<p> </p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Pour visualiser nos meilleures photos de &#8221;Rishikesh&#8221; et &#8220;Camp King Elephant&#8221;, cliquez sur le lien ci-dessous :</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157611376518291/">http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157611376518291/</a></p>
<p style="text-align:justify;">Et voici, en prime, une petite vidéo de la cérémonie &#8220;Ganga Aarti&#8221; à Haidwar</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://houstonbayous.wordpress.com/2009/05/01/nirvana-au-dessus-du-gange/"><img src="http://img.youtube.com/vi/lpN0q5xJgVY/2.jpg" alt="" /></a></span> </p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/houstonbayous.wordpress.com/575/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/houstonbayous.wordpress.com/575/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/houstonbayous.wordpress.com/575/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/houstonbayous.wordpress.com/575/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/houstonbayous.wordpress.com/575/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/houstonbayous.wordpress.com/575/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/houstonbayous.wordpress.com/575/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/houstonbayous.wordpress.com/575/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/houstonbayous.wordpress.com/575/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/houstonbayous.wordpress.com/575/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=575&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Jean-Pierre Muller</media:title>
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			<media:title type="html">Trident de Shiva et Poudre de Sindur</media:title>
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			<media:title type="html">Camping à Rishikesh</media:title>
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			<media:title type="html">Rafting sur le Gange</media:title>
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			<media:title type="html">Rishikesh Nov 2008</media:title>
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			<media:title type="html">Nirvana</media:title>
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			<media:title type="html">La Belle et la Bête</media:title>
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			<media:title type="html">Rishikesh -Temple Trymbakeshwar</media:title>
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			<media:title type="html">Diyas à Haridwar</media:title>
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			<media:title type="html">Haridwar Har-Ki-Pairi</media:title>
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	</item>
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		<title>Helly Holi !</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2009 18:02:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[La tribune de Delhi]]></category>
		<category><![CDATA[Séquences Vidéos]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
Le temps file … je n’ai pas eu une minute depuis le mois dernier pour me mettre à ma plume (enfin …je veux dire mon clavier !) et terminer enfin l’histoire de notre petit week-end zen (?) à Rishikesh. Mais j’y pense souvent, rassurez-vous, et sachez que vous ne perdez rien pour attendre !

 
Entre temps, et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=558&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:justify;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/03/holi-mars-2009-001.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-562" title="holi-mars-2009" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/03/holi-mars-2009-001.jpg?w=200&#038;h=315" alt="holi-mars-2009" width="200" height="315" /></a>Le temps file … je n’ai pas eu une minute depuis le mois dernier pour me mettre à ma plume (enfin …je veux dire mon clavier !) et terminer enfin l’histoire de notre petit week-end zen (?) à Rishikesh. Mais j’y pense souvent, rassurez-vous, et sachez que vous ne perdez rien pour attendre !</span></p>
<p style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE">Entre temps, et pour vous aider à patienter, voici une petite séquence vidéo amusante : « Helly Holi », une production &#8220;Namaste Delhi&#8221;, en exclusivité, rien que pour vous ! Petits veinards, va ! </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE">Vous allez en voir de toutes les couleurs … </span></p>
<p><span lang="FR-BE"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman;"> <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' /> </span></span></span></p>
<p><span lang="FR-BE"></span></p>
<p><span lang="FR-BE"></span></p>
<p><span lang="FR-BE"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman;"><span id="more-558"></span></span></span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style='text-align:center;display:block;'><object width='400' height='330' type='application/x-shockwave-flash' data='http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=-928372061605711667'><param name='allowScriptAccess' value='never' /><param name='movie' value='http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=-928372061605711667'/><param name='quality' value='best'/><param name='bgcolor' value='#ffffff' /><param name='scale' value='noScale' /><param name='wmode' value='window'/></object></span></p>
<p style="text-align:justify;">Voilà, voilà &#8230; Plus que quelques jours à attendre pour découvrir &#8220;Helly Holi&#8221; dans votre salle favorite.  A coup sûr, un candidat sérieux pour les prochains Césars &#8230; Et pourquoi pas les oscars ? Soyons fous !</p>
<p style="text-align:justify;">(PS : Merci Tom pour le petit film ! ) </p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/houstonbayous.wordpress.com/558/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/houstonbayous.wordpress.com/558/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/houstonbayous.wordpress.com/558/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/houstonbayous.wordpress.com/558/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/houstonbayous.wordpress.com/558/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/houstonbayous.wordpress.com/558/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/houstonbayous.wordpress.com/558/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/houstonbayous.wordpress.com/558/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/houstonbayous.wordpress.com/558/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/houstonbayous.wordpress.com/558/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=558&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Jean-Pierre Muller</media:title>
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			<media:title type="html">holi-mars-2009</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Pas de chichis à Rajaji</title>
		<link>http://houstonbayous.wordpress.com/2009/02/28/pas-de-chichis-a-rajaji/</link>
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		<pubDate>Sat, 28 Feb 2009 06:18:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>
		<category><![CDATA[La tribune de Delhi]]></category>
		<category><![CDATA[Chilla national Park]]></category>
		<category><![CDATA[Rajaji]]></category>
		<category><![CDATA[Rajaji Chilla]]></category>

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		<description><![CDATA[
J&#8217;avais besoin de souffler, de faire un break, de prendre quelques jours de repos. Le hasard faisant bien les choses, j&#8217;avais justement reçu une publicité alléchante dans ma boîte à mail. Je la reprends ici pour que vous puissiez vous rendre compte par vous même. On y parlait de week-end paresseux, de safari-aventures, de promenades [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=525&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/camp-king-elephant.jpg"><img class="size-full wp-image-530  alignleft" title="camp-king-elephant" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/camp-king-elephant.jpg?w=200&#038;h=275" alt="Camp King Elephant" width="200" height="275" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;avais besoin de souffler, de faire un break, de prendre quelques jours de repos. Le hasard faisant bien les choses, j&#8217;avais justement reçu une publicité alléchante dans ma boîte à mail. Je la reprends ici pour que vous puissiez vous rendre compte par vous même. On y parlait de week-end paresseux, de safari-aventures, de promenades dans la nature, de descente du Gange en rafting, d&#8217;initiation au yoga. Tout ça ! Cela avait vraiment l&#8217;air super. Les enfants avaient quatre jours de congés pour Thanksgiving, notre décision avait été vite prise. Adieu le smog, la grisaille, le stress et le chaos de Delhi, et à nous la petite retraite parfaite pour nous revitaliser : trois jours d&#8217;aventures dans le parc national de Rajaji, un jour et une nuit sous la tente le long des berges du Gange, et en prime un petite visite découverte de Rishikesh, la capitale indienne du yoga et des babas cools. La combinaison parfaite : aventures et exotisme, relaxation et spiritualité, bref, le meilleur de l&#8217;Inde à portée de main, et tout cela à un prix très raisonnable. Nous aurions eu tort de nous gêner.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-525"></span> </p>
<div id="attachment_536" class="wp-caption alignright" style="width: 185px"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/train-shabadi-express.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-536  " title="train-shabadi-express" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/train-shabadi-express.jpg?w=175&#038;h=311" alt="train-shabadi-express" width="175" height="311" /></a><p class="wp-caption-text">Dans le train Shabati Express</p></div>
<p style="text-align:justify;">Ma douce et tendre était toute guillerette dans le train qui nous conduisait de Delhi à Haridwar, au nord ouest de Delhi, dans l&#8217;état d&#8217;Uttaranchal, aux confins de la chaîne himalayenne. Moi, j&#8217;étais plus taciturne, comme à mon habitude. D&#8217;abord, il était beaucoup trop tôt le matin pour que je puisse esquisser la moindre expression de joie de vivre, ensuite je n&#8217;avais guère aimé la traversée au pas de course de la gare de New Delhi. Nous n&#8217;avions avec nous que deux petites valises, à roulette en plus, mais nous avions quand même loué les services d&#8217;un porteur, un petit vieillard barbu et souffreteux, afin qu&#8217;il nous conduise à travers ce dédale de couloirs, de salles et de quais où une foule incroyable de gens vivaient, dormaient, et sans doute aussi mouraient, le tout dans un chaos indescriptible. Mais ma petite Catherine, elle, semblait transportée par la perspective du voyage. Elle photographiait à peu près tout et n&#8217;importe quoi, à commencer par son grognon de mari et les enfants encore tout ensommeillés, mais aussi les petits détails amusants du train, comme ces petits plateaux repas que l&#8217;on nous amenait à intervalles réguliers (et auxquels nous ne touchions pas par mesure de précaution), les garçons qui nettoyaient la vaisselle dans une eau douteuse à l&#8217;arrière du wagon, et tous les petits marchands qui montaient dans le train à chaque arrêt en gare pour nous proposer journaux, magazines, romans à la mode, snacks et autres petits articles de voyages.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Cinq heures plus tard, nous arrivions en gare d&#8217;Haridwar. De là, une voiture devait nous attendre qui nous conduirait à notre lodge en plein cœur du parc national de Rajaji. Organisation parfaite, rien n&#8217;avait été laissé au hasard par notre agence préférée &#8221; Chérie voyage &#8221; à Delhi (publicité gratuite). A la descente du train, nous nous étions donc dirigés vers la sortie de la gare d&#8217;un pas décidé. Une meute de &#8220; <em>taxis wallah &#8220;</em> (conducteurs de taxis) s&#8217;étaient jetés sur nous comme des mouches sur une crotte fumante.</p>
<ul style="text-align:justify;">
<li>- «Taxi!» «Taxi!».</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">Mais je les avais écartés d&#8217;un geste auguste et apaisant. Nous avions notre voiture, nous étions attendus. Merci beaucoup les amis !</p>
<ul style="text-align:justify;">
<li>- « Ok, Sir, no problem! Where are you going ? Special price for you, Sir ! Only for you ! »</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">Bon, apparemment, ils ne m&#8217;avaient pas très bien compris. En parlant lentement et en articulant bien, je les avais donc remerciés, une nouvelle fois, de leur immense sollicitude, tout en insistant bien sur le fait que nous n&#8217;avions rien besoin, merci bien, et du vent s&#8217;il vous plait.</p>
<ul style="text-align:justify;">
<li>- « Yes, Sir! Ok, Sir! I can drive where you want! My car, very cheap, Sir! You say your price, no problem ! What do you want to pay ?»</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">AAARRR !  Là, je dois dire que j&#8217;avais un peu craqué nerveusement. « Mais tirez-vous donc, bandes de bois-sans-soif, négriers, sapajous, singes hurleurs, cercopithèques. Nous avons une voiture ! Capito ? »</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Voilà, j&#8217;avais dit tout cela, ou à peu près, genre le capitaine Haddock dans &#8221; Tintin et le crabe aux pinces d&#8217;or &#8221; quand il pique sa crise et qu&#8217;il fait fuir toute une armée de bédouins dans le Sahara par le seul fait par sa colère magistrale, avec encore quelques noms d&#8217;oiseaux supplémentaires auxquels Hergé n&#8217;avait même pas pensé. Mais ça y était enfin : ils étaient partis, ils avaient compris, ils nous avaient laissé seuls. Tous seuls &#8230; Car en fait, il n&#8217;y avait pas de voiture pour nous prendre. En tous cas, elle n&#8217;était pas là. Et m&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Nous nous étions donc retrouvés dans cette situation ridicule, où après avoir chassé vertement tous ceux qui étaient susceptibles de nous venir en aide,  nous attendions debout, tous les quatre, une voiture hypothétique à la sortie d&#8217;une gare pouilleuse &#8221; in the middle of nowhere &#8220;. Des centaines de paires d&#8217;yeux nous observaient. Aux voituriers avaient peu à peu succédé des mendiants qui s&#8217;accrochaient à nos vêtements, des petits marchands ambulants, des diseurs de bonne aventure qui voulaient nous lire l&#8217;avenir dans les mains et des tas de curieux qui nous observaient à distance. Nous étions retournés vers les quais pour y attendre la suite des événements. Mais pas de panique : renseignement pris par téléphone auprès de &#8221; Chérie voyage &#8221; tout allait bien, il ne fallait surtout pas s&#8217;inquiéter, la voiture allait arriver dans « cinq à dix minutes » (NB : expression indienne populaire qui signifie que la personne que vous attendez va bientôt se mettre en route). En réalité, la voiture était arrivée 55 minutes plus tard. Inutile de dire que votre serviteur fulminait. Bien sûr, l&#8217;excuse était connue d&#8217;avance : « Traffic jam ». Embouteillages ! Ben voyons ! Haridwar est connue mondialement pour ses embouteillages monumentaux, surtout un samedi matin vers 11 heures, n&#8217;est-ce pas ?</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<div id="attachment_539" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/en-route-pour-camp-king-elephant.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-539  " title="en-route-pour-camp-king-elephant" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/en-route-pour-camp-king-elephant.jpg?w=300&#038;h=168" alt="En route^pour Camp King Elephant" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">En route pour Camp King Elephant</p></div>
<p style="text-align:justify;">Bref ! On s&#8217;était donc mis en route, direction le « Camp King Elephant » notre complexe hôtelier situé en plein cœur du parc naturel de Rajaji, au-delà de Rishikesh. Deux bonnes heures de route et, pour y arriver, un trajet difficile. Heureusement, tout étant bien organisé, comme je le disais plus haut, un jeune commis de l&#8217;hôtel nous attendait en moto, à mi-chemin, pour nous servir de guide au moment où nous allions quitter la route asphaltée et commencer à suivre des chemins de terre sinueux. Catherine, toujours aussi optimiste, s&#8217;exaltait sur le pittoresque des charmants petits villages que nous traversions, alors que moi je me disais, in petto, que j&#8217;étais rudement content de ne pas y être né. Notre voiture, un minivan Toyota, éprouvait les pires difficultés à progresser sur ces chemins de campagne, nous étions ballottés comme des boules de Lotto un soir de tirage. Mais bientôt, la situation se corsa car il n&#8217;y eut plus de chemin du tout. Nous nous trouvions alors dans une espèce d&#8217;immense vallée entre flancs de collines, vallée dont le sol était constitué de pierrailles plates et tranchantes, un peu comme dans une carrière de pierres, sauf que de minuscules rivières nervuraient cette vallée comme les veines d&#8217;une main. Ce parcours aurait pu servir de «spéciale » à un rallye automobile, tant il était exigeant. Le petit gars en moto se débrouillait plutôt bien, il connaissait visiblement le terrain comme sa poche, par contre notre chauffeur fulminait et transpirait comme tout un régiment de lanciers du Bengale. C&#8217;était visiblement la première fois qu&#8217;il empruntait ce passage. Notre voiture, beaucoup trop basse, n&#8217;était pas du tout adaptée à un tel terrain; les bas de caisse et le pot d&#8217;échappement raclaient le sol quasi en permanence. Et je voyais venir le moment où les pierres tranchantes allaient lacérer les pneus du véhicule et les transformer en lambeaux.</p>
<p style="text-align:justify;">    </p>
<p style="text-align:justify;">Mais rien de tout cela n&#8217;était arrivé et nous avions finalement atteint notre but : le « Camp King elephant » de Rajaji. Mais tout de suite une impression bizarre nous avait envahis. Il n&#8217;y avait pas de portail d&#8217;entrée, une simple barre de bois coupé et ébranché barrait la route. Le gars était descendu de sa moto, l&#8217;avait retirée pour nous permettre de passer.  Quand au camp, il était constitué d&#8217;une demi-douzaine de lodges, en fait de simples bâtisses rudimentaires en briques rouges et toits de tôle ondulée. Tout avait l&#8217;air abandonné. Il n&#8217;y avait pas de voitures au parking, et pas d&#8217;autres clients dans le camp. Le jeune motard nous avait immédiatement conduits à notre logement, deux lodges contigus, à l&#8217;extrémité ouest. En fait, nous allions rapidement découvrir que le jeune motard en question était le manager de l&#8217;endroit, mais aussi le chef cuisiner, le guide ornithologique, le chef du service d&#8217;entretien, le responsable du service clientèle, de la sécurité, de la communication et du marketing, le comptable, le concierge et le caissier. Et sans doute bien d&#8217;autres choses encore. Véritable homme à tout faire, il était quand même assisté par deux jeunes « boys » qui se tenaient amicalement par le petit doigt et dont le sourire moqueur contrastait avec nos mines dépitées à cet instant.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<div id="attachment_541" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-018.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-541 " title="rishikesh-nov-2008-018" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-018.jpg?w=200&#038;h=355" alt="Araignée du matin ..." width="200" height="355" /></a><p class="wp-caption-text">Araignée du matin ...</p></div>
<p style="text-align:justify;">Près de la porte de notre lodge, une immense araignée jaune et noire avait tissé sa toile. Le motard-manager n&#8217;avait pas voulu y toucher, et nous non plus. On devait donc la contourner pour arriver chez nous. Catherine était allée installer les enfants dans leur maisonnette tandis que je découvrais la notre. C&#8217;était &#8230; comment dire ? Rustique. Très rustique. Et sombre. Vraiment très sombre ! Une maigre lumière blafarde transperçait le verre fumé des minuscules fenêtres de la pièce. Les murs en briques nues ruisselaient d&#8217;une étrange huile grasse, le sol était constitué d&#8217;une chape de ciment brut. Il y avait juste deux minuscules tapis râpés et élimés de part et d&#8217;autre du lit pour nous isoler du froid qui remontait par le sol. Le lit occupait la moitié de la pièce, il aurait pu abriter toute la famille tant il était spacieux. Le reste du mobilier était constitué d&#8217;une table basse et d&#8217;un fauteuil à ressort rongé par la vermine. Au fond de la pièce, une cheminée sommaire aurait pu apporter quelque espoir de chaleur, le soir venu, si elle n&#8217;avait été condamnée par une tôle métallique qui en barrait l&#8217;âtre. Pour accéder à la salle de bain attenante, il fallait presqu&#8217;enfoncer une porte vermoulue qui raclait le sol. Quant à la salle de bain en elle-même, elle était on ne peut plus simple : un évier, un WC et une douche de brousse que l&#8217;on actionnait en tirant sur une chaîne métallique. Notre salle de bain était séparée de celle des voisins (les enfants en l&#8217;occurrence) par un mur mitoyen qui s&#8217;arrêtait à mi hauteur, ce qui nous permettait de profiter en direct de leurs ablutions, leur tri-li-lis de pipis, ainsi que des bruits et odeur de prouts. Pas de baignoire, bien sûr. Mais de toute façon, il n&#8217;y avait pas d&#8217;eau chaude. Il n&#8217;y avait pas non plus d&#8217;électricité, si ce n&#8217;était une minuscule lampe à néon rechargeable, raccordée à un panneau solaire à l&#8217;extérieur. Voilà, voilà&#8230; L&#8217;inventaire des lieux avait été vite fait. J&#8217;étais retourné dans la chambrée et m&#8217;étais laissé tomber sur le lit (dur comme de la pierre, soit dit en passant).</p>
<div class="mceTemp"> </div>
<p style="text-align:justify;">Mon Dieu, qu&#8217;avais-je encore fait ? Comme un condamné résigné à l&#8217;heure du jugement, j&#8217;attendais le retour de Catherine et la sanction inévitable. Elle était entrée. Je m&#8217;étais levé, comme mu par un ressort, afin de la prendre dans mes bras et la réconforter. Mais contre toute attente, un sourire ravi éclairait son doux visage, son large sourire à la Meg Ryan que j&#8217;aime tant. « Tu as vu ? C&#8217;est génial ici ! » Elle avait dit « gé-nial » en appuyant bien sur chaque syllabe. Du coup, je m&#8217;étais rassis, attendant la suite, me demandant si c&#8217;était du lard ou du cochon. Mais elle avait l&#8217;air sérieuse, car elle avait empoigné notre valise et avait entrepris d&#8217;en extraire nos quelques petites affaires. Visiblement, elle s&#8217;installait. Nous allions rester.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<div id="attachment_544" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-0421.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-544 " title="rishikesh-nov-2008-0421" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-0421.jpg?w=250&#038;h=140" alt="Camp King elephant vu des collines environnantes" width="250" height="140" /></a><p class="wp-caption-text">Camp King elephant vu des collines environnantes</p></div>
<p style="text-align:justify;">Un peu plus tard, nous allions prendre notre premier repas dans le foyer central du complexe, une sorte de grand préau recouvert d&#8217;un toit de chaume, chichement meublé de quelques tables en bois brut (en fait des troncs d&#8217;arbres débités). Notre manager flanqué de ses deux boys toujours étroitement reliés par le petit doigt nous avaient amené notre frugal repas. Le « buffet à volonté » indiqué dans le prospectus publicitaire était en fait constitué d&#8217;un panier de chappattis, d&#8217;une casserole de riz basmati et de trois urnes en terre cuite dans lesquelles mijotaient des préparations assez peu ragoutantes. Cela ressemblait à de la nourriture de prisonniers. D&#8217;ailleurs, nous nous étions mis en file indienne (et oui &#8230;) et on nous avait servis à la louche. Le goût était conforme à l&#8217;apparence, mais, à ma grande surprise, Catherine s&#8217;était délectée de cette pitance végétarienne, et même les enfants avaient mangé de bon appétit. Moi, je m&#8217;étais contenté d&#8217;un bol de riz blanc, d&#8217;une chappattis et d&#8217;un morceau de chocolat à moitié fondu qui trainait dans mes poches depuis Delhi. Perdu dans mes pensées, je me demandais comment j&#8217;allais pouvoir tenir trois jours dans de telles conditions. L&#8217;espace d&#8217;un instant, un fol espoir m&#8217;avait envahi : j&#8217;avais pensé téléphoner à « Chérie Voyage » pour leur demander de nous envoyer un convoi de ravitaillement en vivres et boissons, mais j&#8217;avais dû rapidement déchanter. Pas de réseau pour mon GSM, et bien sûr pas de ligne de téléphone au camp &#8230; Nous étions faits comme des rats !</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Franchement dit, je ne me suis jamais habitué à la nourriture de «  Camp King elephant ». L&#8217;événement majeur arriva le troisième jour où nous eûmes droit à du poulet, ce qui nous changea quelque peu des bouillies végétariennes que l&#8217;on nous avait servies jusque là. Mais il était mou et spongieux, visiblement pas assez cuit. Nous achevions discrètement sa cuisson dans les flammes du feu de bois. Dans un pays composé à 85% de végétariens, trouver de la bonne viande est toujours un problème, surtout dans les campagnes. Et encore faut-il savoir la préparer &#8230; Heureusement, il y avait les petits déjeuners où l&#8217;on nous servait des œufs frits &#8220;sunny side up&#8221; avec des pates.  Je faisais bombance pour le reste de la journée.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<div id="attachment_547" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-0741.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-547 " title="rishikesh-nov-2008-0741" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/rishikesh-nov-2008-0741.jpg?w=250&#038;h=140" alt="Au Safari Park de Chilla" width="250" height="140" /></a><p class="wp-caption-text">Au Safari Park de Chilla</p></div>
<p style="text-align:justify;">A propos de manger de la viande, j&#8217;ai eu peur un moment que ce soit nous qui servions de snacks à des tigres carnassiers lors de notre visite du safari parc de Chilla <a href="http://chillanationalpark.com/">http://chillanationalpark.com/</a>¹ le deuxième jour. En effet, nous avions embarqué, pour la visite, sur la plateforme arrière d&#8217;un pick-up truck dépourvu de toute protection, nous étions donc à la merci du premier tigre venu. Mais, heureusement, nous n&#8217;en avions rencontré aucun, ce qui n&#8217;est pas très étonnant d&#8217;ailleurs: le dernier recensement (datant de 1976 et sans doute exagérément optimiste) en dénombrait 26 sur un parc de 820 km², les probabilités d&#8217;en rencontrer un étaient donc minces, il faut bien le reconnaître. Heureusement donc, pas de tigres, mais hélas pas non plus de panthères, d&#8217;éléphants, et pas grand-chose d&#8217;autre à dire vrai à nous mettre sous la dent en terme d&#8217;animaux sauvages, à l&#8217;exception de quelques antilopes, qui s&#8217;étaient tenues à distance très respectable, d&#8217;un cochon sauvage, d&#8217;une famille de singes langurs ainsi que de nombreuses vaches (mais peut-on vraiment appeler ces bestiaux des animaux sauvages ?) &#8230; Quelques beaux oiseaux, malgré tout, dont un couple de calaos bicornes. Heureusement que nous avions emmené avec nous notre motard- manager-guide naturaliste car, en réalité, c&#8217;était un garçon charmant et très instruit : PHD, docteur en sciences de l&#8217;université de Jaipur au Rajasthan, spécialiste des questions environnementales et de l&#8217;ornithologie. On peut dire qu&#8217;il aura sauvé notre safari.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est d&#8217;ailleurs aussi en sa compagnie et sous a guidance experte que nous avons effectué une jolie promenade sur les collines avoisinantes le premier jour.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;ai bien entendu râlé la majeure partie du temps que nous avons passé au « Camp King Elephant », mais néanmoins, je dois bien reconnaître que j&#8217;ai fini par me laisser gagner, moi aussi, par la quiétude de l&#8217;endroit et le charme inattendu de ce séjour proche de la nature. J&#8217;ai apprécié, par dessus tout, nos matinées de lecture paisible sur la terrasse du lodge, et nos soirées autour du feu de bois à contempler la voie lactée dans un ciel pur comme de l&#8217;eau cristalline. Ce fut aussi une expérience étonnante que de retrouver, si loin du pays de mon enfance, des sensations simples et presqu&#8217;oubliées, comme celle de se laver dans une bassine d&#8217;eau chaude que les boys nous apportaient le soir venu, ou s&#8217;endormir le nez plongé sous les couvertures et les pieds aux chaud grâce à la bouillote que nos petits amis nous déposaient dans le lit.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est donc finalement à regret que nous avons quitté le « camp King elephant », en route pour de nouvelles aventures, direction « Himalayan River Runners Camp », sur les berges du Gange, pour un après-midi sportif et une nuit sous la tente.</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">Mais j&#8217;arrête ici mon bavardage car je vois que j&#8217;ai déjà dépassé mon quota. Je vous raconterai la suite bientôt. Vous verrez, ce n&#8217;était pas triste non plus. Stay tuned !  </p>
<p style="text-align:center;"> <a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/camp-king-elephant-2.jpg"><img class="size-full wp-image-549 aligncenter" title="camp-king-elephant-2" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/camp-king-elephant-2.jpg?w=500&#038;h=281" alt="camp-king-elephant-2" width="500" height="281" /></a></p>
<hr size="1" />
<p style="text-align:justify;"> ¹ J&#8217;espère que vous aurez eu la curiosité de cliquer sur ce site. C&#8217;est en effet du plus haut intérêt : on y présente les animaux du parc : le lion en tête. Des lions, en Inde, vous vous rendez compte ? Incredible India !</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Pour visualiser nos meilleures photos de &#8220;Camp King elephant&#8221; et Rishikesh, cliquez sur le lien ci-dessous :</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157611376518291/">http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157611376518291/</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;"> <a name="pd_a_1410027"></a><div class="PDS_Poll" id="PDI_container1410027" style="display:inline-block;"></div><script type="text/javascript" language="javascript" charset="utf-8" src="http://static.polldaddy.com/p/1410027.js"></script>
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		<media:content url="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2009/02/train-shabadi-express.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">train-shabadi-express</media:title>
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			<media:title type="html">en-route-pour-camp-king-elephant</media:title>
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		<title>Luna : Je voudrais être blonde et avoir des poils</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Dec 2008 10:59:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[La tribune de Delhi]]></category>
		<category><![CDATA[Spécial Luna]]></category>

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		<description><![CDATA[A la demande générale, nous avons décidé de renouer avec une vieille habitude : l’interview des enfants, et dans le cas présent, de la benjamine de la famille : Luna. Surtout qu’elle a de grandes choses à nous raconter : elle était, en effet, parmi les 5 enfants qui ont eu l’immense honneur d’accueillir le roi Albert II et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=439&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/luna-16-nov-20082.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-479" title="luna-16-nov-2008" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/luna-16-nov-20082.jpg?w=200&#038;h=300" alt="luna-16-nov-2008" width="200" height="300" /></a>A la demande générale, nous avons décidé de renouer avec une vieille habitude : l’interview des enfants, et dans le cas présent, de la benjamine de la famille : Luna. Surtout qu’elle a de grandes choses à nous raconter : elle était, en effet, parmi les 5 enfants qui ont eu l’immense honneur d’accueillir le roi Albert II et la reine Paola à leur arrivée à l’Ambassade belge à New Delhi, le 5 novembre dernier. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"> <span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Alors, vite, ne boudons pas notre plaisir et, sans plus attendre, recueillons de notre chère petite Luna le témoignage de ces instants de pur bonheur et de grand honneur.</span></span></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;"><span id="more-439"></span></span></span><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Je m’approche d’elle. Elle a le nez plongé dans sa DS, son <em>game boy</em> nouvelle formule, un truc plutôt pour les garçons, mais Luna, justement, a un petit coté &#8220;Tom Boy&#8221; (garçon manqué). J’ai déjà toussé trois fois, mais elle n’a pas encore levé la tête dans ma direction.<span>  </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Dis, euh, Luna, si je te dérange, dis-le tout de suite ! »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna (s’apercevant de ma présence) : « Ah, salut P’pa ! »<span>  </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Alors, raconte-nous, ça c’est bien passé avec le roi ? »<span> </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « Roi ? Quel roi ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi (l’air ébahi) : « Comment ça, quel roi ? Le roi Albert et la reine Paola que tu as rencontrés l’autre soir à l’Ambassade de Belgique ! »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « Ah ouais, eux !»</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Qu’est-ce qu’il t’a dit le roi ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « Rien, il m’a juste fait tap ! Tap ! Tap ! » </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Elle a dit cela en tapant trois fois sur sa tête avec le plat de la main, toujours les yeux rivés sur sa DS.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi (déçu) : « Ah bon, c’est tout ? Et la reine ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/dsc_00373.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-487" title="dsc_00373" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/dsc_00373.jpg?w=300&#038;h=200" alt="dsc_00373" width="300" height="200" /></a>Luna (blasée) : « La reine, elle a parlé qu’aux garçons. Surtout à Romain, celui qui m’appelle toujours &#8220;Copine&#8221; <em>(NB : elle a dit « copine » avec l’accent liégeois, c&#8217;est très comique!</em>) et qui me court toujours après. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Mais tu es fière d’avoir accueilli le roi et la Reine de ton pays ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna (très blasée) : « Pfou ! Mon pays, c’est la Chine !»</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Elle dit  &#8221;Sine&#8221;, car elle a toujours gardé ce petit défaut de prononciation de sa prime enfance, elle prononce les &#8220;ch&#8221; &#8220;s&#8221;. Elle dit un &#8220;sien&#8221;, un &#8220;seval&#8221;, et un &#8220;sou de Bruxelles&#8221;. C’est trop mignon. Par contre, pour la visite royale à Delhi, je pense qu’on est de la revue. J’ai bien peur que nous n’en apprendrons pas plus de la bouche de Luna sur cet important événement. Tant pis ! Y’a plus qu’à regarder &#8220;Place royale&#8221; sur<span>  </span>RTL Télévision …</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Mais je ne me laisse pas démonter et j’enchaine avec mes questions. Entre temps, Luna a délaissé sa DS et tourne à présent autour de moi, à quatre pattes, en imitant un petit poney au trot.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Et tu es contente de vivre à Delhi ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « Mwouais, ça va ». Mais, il y a beaucoup de poubelles <em>(NB : je pense qu’elle veut dire des détritus car précisément, ça manque de poubelles&#8230;)</em> et plein de pauvres dans la rue. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Et les enfants qui mendient dans la rue, ça te rend triste ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « Oui, mais je préfère pas les regarder. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"> <span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Et oui, c’est une des tristes réalités de l’Inde … La crasse et la saleté omniprésente, et la mendicité. En ce qui nous concerne, Catherine et moi, nous nous efforçons de donner un peu de réconfort à ces enfants avec des biscuits et des bonbons, jamais d’argent, mais nos propres enfants semblent ne pas les voir. C’est sans doute une façon de se protéger… Cela fait un peu mal au cœur, on voudrait les sensibiliser, mais je ne veux pas les juger. Après tout, ils n’ont pas demandé à vivre en Inde … C’était notre choix, pas le-leur !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Et qu’est ce que tu aimes bien de l’Inde ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « J’aime bien notre maison, les éléphants dans la rue, les bijoux, les chameaux, Ganesh (le Dieu à tête d’éléphant) et l’équitation. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna s’est arrêtée de tourner en rond, ce qui m’arrange, car je commençais à avoir le tournis. Maintenant elle est face à moi, toujours à quatre pattes, la langue pendante, haletante comme un petit chien.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Et ton école, elle te plait ? »</span></span></p>
<div class="mceTemp" style="text-align:justify;">
<dl class="wp-caption alignright">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/anniversaire-luna.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-480   " title="anniversaire-luna" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/anniversaire-luna.jpg?w=200&#038;h=300" alt="Luna fête ses 9 ans à Delhi" width="200" height="300" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Luna fête ses 9 ans à Delhi</dd>
</dl>
</div>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Luna : « Oui. C’est super ! J’aime bien mon teacher, Mister G » (NB : son vrai nom, c’est Giangrosso, mais les enfants l’appellent « G », c’est plus facile.) et j’ai des bonnes copines : Emilia, So-Jung, Lizzie, Jasmine et Mira … J’adore mon école. Surtout les activités l’après midi. Je vais à la gymnastique et je vais bientôt commencer Tai-kwon-do. Youpie ! » </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Comme vous voyez, Luna est très « physique ». C’est une petite boule de nerf, hyperactive, qui vit à 100 à l’heure. Quand on la voit, on ne peut pas s’empêcher de se dire qu’elle rayonne de joie de vivre …. Quant à l’école américaine de Delhi, c’est vrai que c’est vraiment une très chouette école, très jolie, une bulle dans la ville, véritable microcosme où toutes les nationalités sont brassées, avec un excellent programme scolaire et des tas d’activités extrascolaires. Heureusement, car Delhi avec son transport chaotique et ses distances immenses n’offre que très peu de possibilités pour les enfants. Un dimanche, nous nous sommes aventurés dans le quartier pour tenter une petite balade à vélo. On a frôlé la crise de nerf ! <span> </span>Et nos vélos sont retournés dans la cave pour longtemps, je pense ! </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Mais reprenons le fil de nos questions …</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Et ça se passe bien à l’école ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « Ouais, j’ai rien que des A et des B. » (NB : Je confirme : elle est bonne élève. Elle semble avoir surpassé ses petits problèmes de math du début de ses primaires). « Mais j’aime pas les cours de français. Beurk ! » Et oui, il faut bien lui donner un peu de rattrapage en français, ce n’est jamais gai les cours après les cours …</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna s’est assise sur mes genoux. J’en profite pour passer à des questions plus graves : Moi : « Qu’est-ce qui te fait peur dans la vie, Luna ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Pour la première fois depuis le début de notre entretien, elle prête vraiment attention à moi. Sa réponse fuse :</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « J’ai peur que vous divorciez avec maman. Si une femme est amoureuse de toi, je vais la tuer avec une pomme empoisonnée ! »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Waouh ! En voilà des idées. Vous voilà prévenues, Mesdames, gardez vos distances de ma personne et surtout méfiez-vous si un jour Luna vous tendait une pomme. Des fois qu’elle vous jugerait trop entreprenante … Sa réponse m’a surpris et pour dire la vérité, un peu flatté ! Car Luna n’est pas vraiment du genre câline. Elle exprime peu ses sentiments. Comme une chatte, elle déteste la solitude, cherche systématiquement la compagnie, mais dispense ses câlins avec parcimonie et uniquement quand elle en a envie. Bref ! Elle vit sa vie … Les jours de grasse matinée, quand elle estime qu’on a assez dormi, et plutôt que de venir se lover dans notre lit comme le faisaient Julie et Tom, Luna vient nous secouer en nous demandant : «  Bon, alors, on mange ou quoi ? » </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Et qu’est-ce que tu aimes dans la vie ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « Manger ! Regarder le grand film du samedi soir (<em>NB : projection sur grand écran : une institution chez les Muller à laquelle Luna est effectivement très attachée</em>),ou quand tu me mets au lit. (<em>NB : je lui raconte des histoires d’une petite fée appelée Didinette. Je les ai mises sur CD, on en est déjà au sixième CD et Julie a commencé à illustrer les histoires. Dans quelques mois, on sera riches dès qu’on les aura publiées. Luna en est persuadée, en tous cas !)</em> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Et quoi encore ? » </span></span> </p>
<div class="mceTemp" style="text-align:justify;">
<dl class="wp-caption alignleft">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/luna-forestia.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-490   " title="luna-forestia" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/luna-forestia.jpg?w=200&#038;h=300" alt="Sur le parc d'aventures de Forestia" width="200" height="300" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Sur le parc d&#8217;aventures de Forestia</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « J’aime bien jouer à la Wii ou au computer, regarder la télévision, faire de la gym ou de l’équitation. » </span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : Alors, comme cela, tu aimes bien manger ? Et qu’est-ce que tu aimes le plus ?</span></span></span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">L</span></span></span></span><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">una : «  Mon plat préféré, c’est les spaghetti bolognaise. Yamie ! Et aussi les smoothies, les fruit rollups, le riz chinois, et une coque aux œufs le matin. » (NB : Luna veut dire des œufs à la coque).</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"> <span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Et qu’est-ce que tu feras plus tard ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « J’aurai un manège avec plein de chevaux, on aura un hôtel pour les clients et ce sera Julie la Manager et toi tu seras la banque. » Houlà ! J’ai l’impression que mes petites économies pour ma pension sont déjà convoitées par quelqu’un !!</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;"> </span></span><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Tu auras des enfants quand tu seras grande ? »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « Non, je n’aime pas les bébés. Ca fait pipi et caca tout le temps et ils crient quand tu veux faire la sieste. Et je ne veux pas de mari. Je n’aime pas embrasser. Beurk ! »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Moi : « Tu t’es bien amusée en vacances en Belgique, l’été dernier ? ».</span></span> </p>
<div class="mceTemp" style="text-align:justify;">
<dl class="wp-caption alignright">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/luna-et-le-radeau1.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-475 " title="luna-et-le-radeau1" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/luna-et-le-radeau1.jpg?w=300&#038;h=169" alt="Luna, les pieds dans l'eau à Malmédy" width="300" height="169" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Luna, les pieds dans l&#8217;eau à Malmédy</dd>
</dl>
</div>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Luna : « Ouais, on a été à la mer, j’ai fait de l’équitation, on a vu des chateaux de sable immenses et j’ai tenu une tarentule dans mes mains. Et puis, on avait loué une petite maison à la compagne (sic !), et tous les matins, on allait chercher des murtilles (re-sic !) dans les bois et on allait nourrir des chevaux. On a fabriqué des radeaux et puis on a fait des courses avec dans la rivière. J’avais le droit d’aller dans l’eau avec mes bottes. C’était trop gai ! Et puis, on est allés à Plopsa à Coo,.. J’aimais trop bien le rollercoaster. Et après, on a été au Parc d’aventures de Forestia. C’était comme à Fort Boyard. Mais j’étais trop petite alors je pouvais seulement faire le circuit écureuil. C’est injuste ! Je voulais aller sur le grand circuit avec Tom et Julie ! » Là, elle se met à ronchonner avec sa petite bouche en rond et ses sourcils froncés, ce qui lui fait une petite trogne si mignonne que je ne résiste pas à l’embrasser.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE"><span style="font-size:small;">Je la prends dans mes bras et je lui souffle dans l’oreille : « Tu sais que tu es la plus belle petite fille du monde ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR-BE">Elle minaude et me répond : « C’est pas vrai, je ne suis pas </span><span style="font-family:Arial;" lang="FR">belle. J’aime bien mes yeux et mes cheveux, mais je voudrais être blonde, et je voudrais avoir la peau blanche comme Julie et avoir des poils. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Sur ce, elle a rallumé sa DS. C’est sa façon à elle de me montrer que l’entretien est terminé. Je reste un peu sur ma faim, mais après tout, je me dis que cette petite heure qu&#8217;elle m&#8217;a consacrée, c&#8217;est déjà pas mal !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Je l&#8217;embrasse encore et jette un rapide coup d&#8217;oeil sur son petit écran. C&#8217;est un jeu avec des chevaux, bien sûr… Je l&#8217;aurais parié! <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' /> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/luna-et-le-cheval.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-499 aligncenter" title="luna-et-le-cheval" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/luna-et-le-cheval.jpg?w=500&#038;h=281" alt="luna-et-le-cheval" width="500" height="281" /></a></span></span></p>
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		<title>Terreur à Bombay</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Dec 2008 10:53:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[La tribune de Delhi]]></category>

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Lorsque j&#8217;avais posté sur ce blog, quelques semaines plus tôt, la chronique humoristique de mes tribulations dans la capitale économique indienne, j&#8217;étais bien loin d&#8217;imaginer que les lieux que j&#8217;y décrivais allaient devenir le théâtre sanglant de l&#8217;un des épisodes les plus dramatiques de l&#8217;histoire indienne post indépendance. En effet, en ce 26 novembre 2008 [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=436&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-441" style="margin-left:10px;margin-right:10px;" title="hotel-taj-palace-en-feu" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/12/hotel-taj-palace-en-feu.jpg?w=200&#038;h=120" alt="hotel-taj-palace-en-feu" width="200" height="120" />
<p style="text-align:justify;">Lorsque j&#8217;avais posté sur ce blog, quelques semaines plus tôt, la chronique humoristique de mes tribulations dans la capitale économique indienne, j&#8217;étais bien loin d&#8217;imaginer que les lieux que j&#8217;y décrivais allaient devenir le théâtre sanglant de l&#8217;un des épisodes les plus dramatiques de l&#8217;histoire indienne post indépendance. En effet, en ce 26 novembre 2008 le Taj Mahal, hôtel mythique s&#8217;il en est, ainsi qu&#8217;une demi douzaine d&#8217;autre lieux symboliques de Bombay était pris d&#8217;assaut par un groupe d&#8217;une dizaine de « fous de dieu » résolus à y  perpétrer un carnage démentiel au prix de leur vie. Venus par la mer, ils avaient débarqués quelques minutes plus tôt à bord de canots à moteurs à la « Porte des Indes », la fameuse Gateway of India, celle la-même que j&#8217;avais retenue comme symbole pour ma précédente chronique (cf. la photo ci-dessous). Durant trois jours, cette poignée de fanatiques ont tenu les forces de l&#8217;ordre en échec et semé la terreur et la désolation le long de leur mortelle randonnée.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-436"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Nous avons appris la nouvelle de ces terribles événements dans le train qui nous ramenait de Rishikesh, à cinq heures au de Delhi. Nous y avions passé trois jours calmes et paisibles, dans un cottage du parc naturel de Rajaji et ensuite sous la tente, sur les berges du Gange, quasiment coupés du reste du monde, sans téléphone ni électricité. Ce fut un terrible choc pour nous et un brusque retour à la « civilisation ».</p>
<p style="text-align:justify;"> Un mois plus tard, les hôtels Trident Oberoi et Taj Mahal viennent de rouvrir leur porte dans le faste digne des productions bollywoodiennes, comme si on voulait conjurer le mauvais sort et chasser à jamais ces terribles souvenirs pour les ranger au rayon des vilains cauchemars.</p>
<p style="text-align:justify;"> Pourtant, le traumatisme est grand. le bilan de ces tragiques journées est catastrophique aussi bien pour les quelque 200 innocentes victimes des terroristes et leurs familles endeuillées que pour l&#8217;image internationale de l&#8217;Inde.</p>
<p style="text-align:justify;">La population indienne veut qu&#8217;on lui désigne des coupables. Des têtes tombent, les unes après les autres au niveau des autorités politiques indiennes et des forces de l&#8217;ordre, et la tension est remontée de plusieurs crans avec le voisin pakistanais accusé d&#8217;avoir favorisé en son sein l&#8217;éclosion de viviers pour terroristes fanatiques. Du coup, les bruits de bottes se sont réveillés à la frontière entre les deux pays et la tension est palpable.</p>
<p style="text-align:justify;">Est-ce la fin du grand rêve indien de décollage économique ? C&#8217;est bien trop tôt pour le dire. Mais les inquiétudes sont énormes ; Cette crise arrive au plus mal, puisqu&#8217;elle vient s&#8217;ajouter à la débâcle financière globale. Conséquence : « l&#8217;Incredible India ! » en a pris un sérieux coup et perdu de sa superbe. L&#8217;Inde « fascinante et envoutante » ne fait plus guère recette. Les réservations d&#8217;hôtel par les hommes d&#8217;affaires et les voyagistes marquent le pas. L&#8217;année 2009  se termine sur note très sombre pour « l&#8217;éléphant tranquille ».  La folie des hommes n&#8217;a décidément pas de limite &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
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			<media:title type="html">Jean-Pierre Muller</media:title>
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		<title>Fast Pass in Mumbai</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Nov 2008 06:13:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[La tribune de Delhi]]></category>
		<category><![CDATA[Bombay]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[massala]]></category>
		<category><![CDATA[Mumbai]]></category>
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		<description><![CDATA[ Quand j’étais jeune, je rêvais d’aller un jour à Bombay. Un peu à l’étroit dans ma petite Belgique, je voyageais par personne interposée au travers des aventures de mes héros d’enfance et d’adolescence : Tintin, Bob Morane, Indiana Jones, San Antonio et bien d’autres encore. Je rêvais d’exotisme, d’aventures, de jeunes filles au teint hâlé, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=413&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/11/gateway2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-425" style="margin:5px 10px;" title="gateway2" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/11/gateway2.jpg?w=200&#038;h=159" alt="gateway2" width="200" height="159" /> </a>Quand j’étais jeune, je rêvais d’aller un jour à Bombay. Un peu à l’étroit dans ma petite Belgique, je voyageais par personne interposée au travers des aventures de mes héros d’enfance et d’adolescence : Tintin, Bob Morane, Indiana Jones, San Antonio et bien d’autres encore. Je rêvais d’exotisme, d’aventures, de jeunes filles au teint hâlé, de senteurs d’orients et de parfums poivrés …. Hong Kong, Bangkok, Singapour, Shanghai, Tokyo. La seule évocation de ces noms me transportait instantanément dans le monde du rêve. Bombay y figurait aussi en bonne place. Peut-être à cause du « Bombay Dry Gin », dont j’avais fait l’une de mes boissons favorites au temps de mes guindailles estudiantines… Sans doute aussi à cause des frasques, du clinquant et des paillettes de Bollywood.<span id="more-413"></span> <strong></strong></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Et voilà, mon rêve de jeunesse allait se réaliser. Ce matin du 8 mars 2008, je tenais en main mon billet pour la capitale indienne du « Bling Bling » … Cela aurait dû me combler de bonheur. Mais beaucoup de choses ont changé depuis mes rêves d’adolescents. Ma soif d’aventures exotiques s’est quelque peu tarie (Je me surprends parfois à rêver de vacances en pantoufles au coin d’un feu de bois, un gros chat roux sur les genoux, une tasse de chocolat fumante à mes côtés) et j’ai quelque peu revisité ma conception de l’inde « envoutante et fascinante ». Et puis, suite à un mouvement d’indianisation des noms de certaines villes, Bombay est devenue « Mumbai », ce que je trouve nettement moins exotique. Et dans la salle d’embarquement de l’aéroport Indira Gandhi de New Delhi, j’étais en train de lire le classement annuel de l’agence Mercer <a href="http://www.forbes.com/2008/02/26/pollution-baku-oil-biz-logistics-cx_tl_0226dirtycities.html">[1]</a> sur les villes les plus polluées du monde, dans lequel Mumbai arrivait en bonne 7<sup>ème</sup> place. Bref ! Tout cela pour vous dire que je n’étais pas extraordinairement débridé à l’idée d’embarquer dans cet avion de Kingfisher Airlines. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Et j&#8217;étais surtout à cent lieues d’imaginer que j’allais en quelque sorte visiter la ville le cul nu sur ses WC, pas toujours en position assise d’ailleurs car dans de nombreux cas, soit les lunettes des WC faisaient défaut, soit leur aspect peu accueillant et ma bonne éducation (ou mon goût du luxe, à vous de juger) m’avaient dissuadé d’y poser mon séant.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Tout avait commencé, je pense, le soir de mon arrivée dans mon petit hôtel de Nariman point, dans le quartier des affaires, au Sud de la ville. J’avais eu la malencontreuse idée de commander au room service quelques <em>gambas tandoori</em>, marinées et grillées au four à bois. Des « Prawn tandoori massala », pour être précis (<em>massala</em> signifiant « épices » en hindi), c’est à dire accompagnées d’une sauce épicée. Elles étaient délicieuses, et apparemment saines, car je les avais copieusement reniflées avant de les avaler, fidèle à mon habitude, mais je pense que le problème venait essentiellement de la sauce qui les accompagnait. Elle avait dû être constituée avec de l’eau contaminée ou bien avait séjourné pendant des heures en dehors du frigo. Bref, ma nuit avait été agitée et entrecoupée de nombreuses allées et venues aux toilettes. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Le lendemain, au petit déjeuner en compagnie d’un homme d’affaires belge de l’endroit, je n’étais pas des plus fringuant. Je ne l’écoutais que d’une oreille distraite, prêtant plus d’attention à mes gargouillis intestinaux qu’à son bavardage. Pour tout vous dire, je n’ai pas gardé de souvenirs précis de notre conversation. Pire, je ne me souviens absolument plus de la tête qu’il avait. Il faut dire que je l’ai relativement peu vu, si on prend en compte nos allées et venues au buffet du petit déjeuner, et mes passages récurrents aux toilettes du restaurant. Je me serais cru dans la peau de Robin William dans Madame Doubtfire, la scène du restaurant où il doit se dédoubler en passant d&#8217;une table à l&#8217;autre après changements de costume, et finit par se mélanger les pinceaux dans les personnages et les conversations, et je serais à peine surpris s’il m’était arrivé, moi aussi, ce matin-là de m’assoir par inadvertance à la table d’un quelconque quidam, et d&#8217;avoir continué avec lui la conversation sans me rendre compte de la méprise.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">J’avais une journée chargée devant moi : rendez-vous au Consulat Général pour y discuter des préparatifs d’installation d’un bureau wallon à Mumbai, déjeuner à la résidence du Consul Général puis visite de bureaux à louer en sa compagnie en vue d‘un probable déménagement de la chancellerie. Le déjeuner s’était bien passé dans l’ensemble, j’avais mangé peu et bu sobrement en repoussant vaillamment les assauts du sbire de service qui s’obstinait à vouloir remplir mon verre ou mon assiette après chaque gorgée ou chaque bouchée. Mais l’après-midi, lors des visites des bureaux, mes intestins avaient contre-attaqué. Dans chacun des bureaux à louer que nous avions visités, je m’étais trouvé dans la situation délicate de devoir m’excuser une minute pour satisfaire un besoin naturel. Je pense que l’agent immobilier avait dû prendre cela pour une coutume belge dans l’art de visiter des bureaux, une façon somme toute originale de tester les lieux. En tous cas, lors du dernier emplacement visité, il m’avait immédiatement conduit à l’endroit « ad hoc » puis s’était retiré avec une grande noblesse. C’était assez gênant, car la plupart de ces endroits étaient encore en construction ou en rénovation et non pourvus de chasse d’eau. Les ouvriers qui y travaillaient ont dû penser à moi longtemps encore après ma visite furtive en ces lieux.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Le soir, en dépit de mon état, j’avais décidé d’aller me pointer à<span>  </span>la « Gateway of India », la Porte des Indes, histoire de payer tribu à ce symbole colonial majeur érigé en l’honneur du roi George V et de la reine Mary, arche majestueuse qui avait vu défiler toute l’armée britannique des Indes et d’où le dernier bateau colonial britannique avait levé l’encre, emportant Lord Mountbatten, dernier vice-roi des Inde, après son discours pathétique et solennel du 14 aout 1947 dans lequel il annonçait officiellement l’indépendance de deux pays : l’inde et le Pakistan.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:small;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR">J’avais pris des risques. Pas de taxi disponible à l’hôtel, j’avais donc décidé de déambuler dans les rues et d’en héler un le long de la route. Mais, pas de chance, à sept heures du soir, ils étaient tous en course, ou n’avait cure de mes appels du geste désespérés. Finalement je m’étais rabattu sur un rickshaw (tricycle motorisé). Mal m’en avait pris. C’était un fou furieux. Il avait apparemment décidé de battre le record du monde du kilomètre départ arrêté en rickshaw (il y avait moins d’un kilomètre à parcourir depuis mon hôtel jusqu’à la Gateway of India). Il zigzaguait dans le trafic frôlant d’un cheveu chaque véhicule qui venait en sens inverse, grimpait sur les trottoirs <span> </span>ou les bas-côtés lorsque les feux étaient au rouge pour nous afin de continuer sa course folle. A l’arrière du tricycle, j’étais aussi secoué et aussi terrifié que dans un train fantôme à la foire du Midi. Je m’accrochais avec l&#8217;énergie du désespoir au siège du chauffeur devant moi comme un skippeur à sa barre par gros temps. Les bâches du rickshaw étaient relevées des deux cotés ce qui m’exposait au regard intrigué et moqueur des curieux qui me lorgnaient d’un air ébahi et, en même temps, me garantissait une exposition maximale aux gaz d’échappements des voitures. Et soudain, un coup de frein sec, un crissement de pneu strident, l’arrière du rickshaw qui se soulève, je m’écrase le nez contre le dos du conducteur et m’affale sur le trottoir comme un fruit mur déchargé d’une benne dans un marché de gros. </span><span style="color:black;font-family:Arial;">« Here you are, Sahib ! » </span><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR">En effet, devant moi, la Gateway of India s’étalait dans toute sa splendeur. Sauf qu’elle était en grande partie bâchée et masquée derrière des échafaudages qui en défiguraient le charme (NB : la photo qui illustre cet article n’est pas de moi, je l’ai piquée honteusement sur le net).<span>  </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">La promenade en rickshaw m’avait sérieusement secoué et avait réveillé mes crampes d’estomacs. J’avais donc fait le tour du site en quatrième vitesse, photographiant les textes en gros plans, en me promettant de les lire un jour de temps calme, quand je n’aurais rien d’autre à faire. Pas de toilettes publiques en vue, mais bien l’hôtel Taj Mahal, palace entre tous les palaces, dont les marches avaient été gravies par tous les grands de ce monde depuis les 150 dernières années, par tout ce que la terre comptait de Rois, de Princes, de Présidents et de Ministres, par les magnats les plus prospères, les maharadjahs les plus extravagants, les stars de Bollywood les plus sexy. Ainsi que par votre serviteur, en ce 9 mars 2008. Je n’avais pas eu l&#8217;ombre d’une hésitation, j’avais poussé la porte et j’étais entré. Pousser la porte, c’est une façon de parler bien sûr, car il y avait une demi douzaine de portiers en kurta, plus quelques jeunes indiennes le nombril à l’air dans leur sari coloré, et le front garni d’un bindi en faux diamant, qui l’avaient poussée pour moi, la porte, et me saluaient à l’indienne les paumes jointes à hauteur de la poitrine, et je m’étais dit <em>in petto</em> que tout ce petit monde aurait été moins empressé s’ils avaient su pourquoi j’étais là. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Mauvaise surprise dans les toilettes : il y avait un larbin qui y officiait, le genre qui vous ouvre les robinets et vous tend les serviettes pour vous essuyer les paluches, et en profite aussi pour vous passer la brosse dans le dos pendant que vous urinez ce qui, moi, me coupe tous mes effets et bloque tout espoir de miction. Je n’en avais plus vu depuis les palaces de Shanghai, et je croyais que l’espèce était en voie d’extinction, mais pas du tout. De toute façon, je ne venais pas pour uriner, comme vous vous en doutez, mais un bref instant, j’avais craint que le gars ne m’accompagne aussi à l’intérieur du cabinet. Mais non, il s’était contenté de refermer la porte derrière moi. Lorsque j’en étais ressorti, il était sorti aussi (des toilettes), ce qui m’arrangeait bien car les effluves étaient insupportables. J’imagine d’ailleurs que cela expliquait son absence. Des clients étaient entrés dans les toilettes et donnaient libre cours à leur contrariété avec des grimaces et des gestes désapprobateurs. Pour donner le change, je les accompagnais moi-même d’une moue dégoutée en m’éventant de la main gauche. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"><span>   </span><span> </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:small;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR">Le retour vers mon hôtel avait été très mouvementé également. Pourtant j’avais emprunté un taxi à la sortie du Taj Mahal. Le contraste entre les splendeurs des palaces indiens, et la vétusté des taxis dans lesquels on y embarque me surprendra toujours. Dans le mien, les sièges étaient recouverts de peau de tigre synthétique, et je m’y enfonçais comme dans un matelas à eaux. Le tableau de bord était du plus grand kitch, et je regrette bien de ne pas l’avoir photographié. Parmi d’autres objets, je me souviens notamment d’un Ganesh fluo (le dieu à tête d’éléphant), d’un globe à neige représentant Sathya Sai Baba, le dieu vivant à rasta de Bangalore, d’un Shiva couleur bleu pétant monté sur ressort et dont le troisième œil, celui situé au milieu du front et qui représente la sagesse, était composé d’une diode rouge luminescente, et enfin d’une poupée Barbie à 4 bras en sari, assise sur une feuille de Lotus, ornée d’une auréole qui s’allumait à chaque fois que le véhicule klaxonnait, assez souvent donc. (En fait il y avait gourance et j’appris plus tard que ce n’était pas Barbie, mais bien Lakshmi, la déesse de la prospérité).</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Sur le chemin de retour, nous étions passés par la Marinade (Marina drive), la promenade le long de la plage, avec ses immeubles grandioses à l’architecture victorienne et ses rangées de gratte-ciels dont les appartements, propriétés des stars de Bollywood, valent parait-il plusieurs millions de dollars. A chaque feu rouge, pourtant, le taxi était envahi de mendiants, lépreux et estropiés, plus effrayants les uns que les autres. On se serait cru à la cour des miracles. Et<span>  </span>je ne pouvais m’empêcher de penser à l’étrangeté de la situation dans cette ville étonnante, où deux mondes extrêmes, l’un opulent l’autre misérable, coexistent dans une juxtaposition omniprésente et apparemment paisible. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Ensuite les choses s&#8217;étaient gâtées. J’avais commis l’erreur de demander au chauffeur de me déposer un instant, sur la route du retour, à un magasin de liqueurs. La nuit précédente avait été épouvantable et je voulais m’assommer d’un bon scotch avant de fermer l’œil. Je pense que mon chauffeur devait faire partie de la ligue antialcoolique indienne et qu’il avait voulu me punir de mon vice. Pour me punir, il avait « crisscrossé » Bombay du Nord au sud et d’est en ouest. A notre arrivée à l’hôtel, une bonne heure plus tard, le compteur marquait 320 roupies, une fortune pour les standards indiens. Entre temps, il y avait eu un arrêt à la sauvette dans une boutique sombre et sordide qui vendait du whisky indien de contrebande et quelques bouteilles de vin importées à prix d’or, et surtout un arrêt inoubliable et indispensable dans les toilettes publiques d’un quartier malpropre de la ville. Toilette est un bien grand mot. Trois marches à franchir, un zig zag composé de planches vermoulues, des odeurs pestilentielles, et puis le trou, ou plutôt une succession de trous, et au-dessus de chacun d’eux une file indienne (c’est le cas de le dire) de pèlerins en train de se soulager. Parmi eux, votre serviteur, mal dans sa peau, mal dans ses tripes, objet de toutes les attentions, qui tentait tant bien que mal de tenir la position accroupie de rigueur, la main droite cachant son sexe à la vue des curieux, l’autre s’efforçant d’empêcher le bas de son pantalon de racler le sol luisant d’urine et d’autres liquides indéfinissables mais probablement d’origine humaine.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">A l’arrivée à l’hôtel, je m’étais rué hors du taxi, direction la salle de bain de ma chambre pour m’y soulager à nouveau et surtout me laver de cette impression de crasse et de souillure qui m’avait enveloppée. Tous les ascenseurs étaient occupés, j’avais donc englouti les six étages à la vitesse de l’éclair. Les concierges de l’hôtel en parlent encore. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Le lendemain avait été copie conforme du jour précédent. Une journée sur le trône du consulat et dans d’autres endroits moins glorieux, entrecoupée de quelques réunions de travail. La soirée s’était terminée par un diner chez un collègue. J’avais du passer pour un goujat car j’avais à peine touché à l’énorme pavé de saumon qui m’avait été servi. Et toute la soirée, je m’étais efforcé de couvrir de toussotements et de raclements de gorges les borborygmes bruyants de mes boyaux.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"><span> </span><span> </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Le troisième et le quatrième jour, la situation s’était singulièrement compliquée. C’était la foire médicale « HospiMedica », raison majeure de ma venue à Mumbai et j’étais supposé y tenir le stand belge avec l’aide d’une assistante locale. Les foires, les stands, debout toute la journée à distribuer des prospectus et des cartes de visite, cela n’a jamais été ma tasse de thé. Je le fais quand il faut bien, mais jamais de grand cœur. Cette fois-là, ce fut pire que jamais. Le premier jour de la foire, surtout. A intervalles régulier, je devais m’absenter du stand pour une commission urgente. Je n’avais pas eu le courage d’expliquer mes malheurs à ma collègue, à la place j’avais inventé mille et un prétextes pour justifier mes absences subites et répétées : besoin impérieux et urgent d’aller soudainement visiter tel stand concurrent, préalablement repéré sur le catalogue des exposants, une petite soif subite, ou une mauvais réception de mon GSM et un coup de fil urgent à donner, et j’en passe … Au retour d’une de mes escapades, j’avais surpris ma collègue au téléphone en train d’expliquer à son interlocuteur au bout du fil que j’étais un fameux tire-au-flan qui trouvait toutes les excuses possibles pour aller se promener. Tire-au-flan, moi, vous vous rendez compte ? Comme quoi, on est mal payé, hein ! Quant aux toilettes du hall de foires, ce n’était pas le Pérou, si je puis dire. Bien sûr, rien à voir avec celles du trou perdu dans la nuit de Bombay, mais quand même loin des toilettes ronflantes du Taj Palace. Il y avait la file parfois, heureusement pas souvent, mais à chaque fois, je suis passé devant tout le monde. Je ne me serais pas cru capable d’un tel acte, mais là, y avait urgence. Fast pass ! Comme à Disney World pour les petits veinards qui disposent de laisser-passer afin d’éviter les longues files d’attente. Mon <strong><em>fast pass</em></strong> à moi, c’était ma main sur l’estomac, le torse plié en deux et le visage outrageusement défiguré (j’en remettais un peu !). Personne n’avait jamais opposé la moindre résistance. Et pourtant, il y avait parfois des Teutons de 2 mètres de haut dans la file (grosse participation allemande aux foires en Inde !) qui auraient pu m’envoyer valdinguer d’une chiquenaude, mais non au contraire, ils me faisaient systématiquement signe de passer d’un geste compatissant. La solidarité masculine internationale face aux malaises intestinaux, ce n’est pas un vain mot.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Et voilà, ma semaine à Mumbai ! Je m’en souviendrai. Si mon derrière pouvait parler, il vous dirait sans doute que les toilettes du Taj Mahal hotel constituèrent son heure de gloire. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="color:black;font-family:Arial;" lang="FR"><span style="font-size:small;">Ceux qui espèrent quelques commentaires sur l’état des toilettes de l’aéroport de Bombay, flambant neuf soi dit en passant, en seront pour leurs frais. Mes diarrhées carabinées se sont mystérieusement arrêtées lorsque j’ai franchi la porte de l’aéroport, comme si la ville me souhait bonne m… et bon voyage, après m’avoir joué une bonne farce. J’en ris encore. D’autant plus que je me suis payé une solide constipation à mon retour à New Delhi. <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' /> </span></span></p>
<div id="ftn1">
<p class="MsoFootnoteText" style="margin:0;"><a name="_ftn1" href="http://houstonbayous.wordpress.com/wp-admin/#_ftnref1"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:10pt;font-family:&quot;">[1]</span></span></span></span></a><span style="font-size:x-small;font-family:Times New Roman;"> </span><a href="http://www.forbes.com/2008/02/26/pollution-baku-oil-biz-logistics-cx_tl_0226dirtycities.html"><span style="font-size:x-small;font-family:Times New Roman;">http://www.forbes.com/2008/02/26/pollution-baku-oil-biz-logistics-cx_tl_0226dirtycities.html</span></a><span style="font-size:x-small;font-family:Times New Roman;"> </span></p>
</div>
<hr size="1" />
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		<title>Ensemble, c&#8217;est tout &#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Oct 2008 13:38:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales de vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Spécial Julie]]></category>
		<category><![CDATA[Spécial Tom]]></category>

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Julie est assise en tailleur sur le divan lit de notre petit chalet de vacances à Malmédy. Je l’observe en silence depuis la cuisine. Elle est occupée à trier des timbres, les glisse minutieusement et précautionneusement dans des pochettes répertoriées par pays. Elle doit en avoir plusieurs milliers à présent. Comme elle les classe non [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=386&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;">
<div class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/10/vacances-08-055.jpg"><img class="size-medium wp-image-391 alignleft" style="margin-left:10px;margin-right:10px;border:0;" title="vacances-08-055" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/10/vacances-08-055.jpg?w=200&#038;h=140" alt="" width="200" height="140" /></a><span style="font-family:Arial;"></span></span></span></div>
<p><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;">Julie est assise en tailleur sur le divan lit de notre petit chalet de vacances à Malmédy. Je l’observe en silence depuis la cuisine. Elle est occupée à trier des timbres, les glisse minutieusement et précautionneusement dans des pochettes répertoriées par pays. Elle doit en avoir plusieurs milliers à présent. Comme elle les classe non seulement par pays, mais aussi par genre et par année, cela n’en finit jamais. C’est un éternel recommencement. Cela me rendrait fou. Mais pas elle, au contraire. Il se dégage d’elle un calme intense et une profonde sérénité, elle fait penser à un yogi en pleine séance de méditation. Elle est toute appliquée à ce qu’elle fait, mais je sais qu’en même temps son esprit est libre. La télévision est allumée, elle la regarde furtivement sans pour autant que sa concentration sur son ouvrage n’en souffre le moins du monde. Et je sais qu’en ce moment ses pensées vagabondent quelque part entre ciel et terre …<span id="more-386"></span></p>
<div></div>
<p></span></span></span><span style="font-family:Arial;"></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"> </p>
<p> </p>
<p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Quelque jours plus tôt, elle a quitté définitivement son petit appartement douillet de Liège, apparemment sans l’ombre d’un regret. Pour elle, une page s’est tournée, un point c’est tout. Une mauvaise histoire, à oublier au plus vite.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"><span> </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Je m’approche sur la pointe des pieds. Elle a pris conscience de ma présence et me sourit. « Coucou, Papounet ! » me lance-t-elle gaiement !<span>   </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">« Qu’est-ce que tu fais ? », je lui demande. Question idiote évidemment. La réponse fuse. « Ben, tu vois bien, je classe mes timbres ! Mais je pense aussi … » Ah ! Ah ! J’en étais sûr. Ma question n’était pas si idiote, après tout. Elle poursuit. « Je pensais au jour où je suis venue de retrouver à Noel à Delhi, juste avant que Maman n’arrive de Houston avec les deux petits. » Elle dit toujours &#8220;les petits&#8221; quand elle parle de Tom et Luna. Ce n’est pas moqueur, plutôt affectueux, je pense. « On avait dormi ensemble dans le grand lit (NB Je venais d’emménager, nous avions juste quelques meubles loués à ce moment, dont un grand lit, avec une planche en guise de sommier, dur comme de la pierre… souvenirs !)<span>  </span>« Cette nuit là, je n’ai presque pas dormi en fait. Mais je pensais et je me disais que c’était comme si j’avais eu un mauvais rêve et que c’était fini, que tout allait redevenir comme avant. Puis deux jours plus tard, maman est arrivée. Elle était claquée par le voyage et vous vous étiez reposés sur le lit l’après-midi. Vous vous étiez endormis tous les deux et moi j’étais venue me glisser entre vous deux et je me sentais si bien, j’aurais voulu que cela ne finisse jamais. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Elle poursuit intarissable. « Ah, tu ne sais pas comme je me réjouis de retourner à Delhi. A chaque fois, c’est la fête. Les deux dernières fois, j’étais tellement heureuse en prenant l’avion, que tous les gens me parlaient, ils me demandaient si j’allais vraiment à Delhi, et ça leur semblait tellement bizarre que j’avais l’air si contente. Mais cette fois-ci, c’est encore mieux, car j’ai encore deux mois de vacances. Et<span>  </span>j’adore ce pays. Mmh ! La bonne bouffe, en Inde. Je sens que je vais encore m’en mettre jusque là ! » <span> </span>Elle fait un geste hautement significatif !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Je me suis assis à côté d’elle. Tandis qu’on bavarde, on regarde distraitement une émission télé sur les gens qui ont tout plaqué pour changer de vie. Justement, il est question de l’Inde, d’un couple de retraités qui ont quitté la France pour tenter leur chance à Bangalore, la ville High Tech de l’Inde. Mais eux, ils ont décidé de se lancer <span> </span>dans l’importation de fromages français… C’est la galère, surtout qu’ils ne parlent même pas anglais !</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie : « Oh, moi, je n’aurais jamais le courage de tout quitter comme cela pour changer de vie ». </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Je la regarde, étonné de sa remarque : « Mais c’est pourtant ce que tu vas faire, ma Puce, en octobre : tu vas aller étudier en France, c’est une toute nouvelle vie qui commence pour toi. Une nouvelle aventure, mais aussi un sacré défi ! »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">A son tour, elle me regarde interloquée. « Oui, c’est vrai ! Si on me disait que je devais passer toute ma vie à la même place, ou dans la même ville, je crois que je ne pourrais pas. J’ai trop besoin de bouger, de voir d’autres pays, d’autres gens. Mais, en même temps, j’ai besoin de racines fortes : vous, ma famille, les objets auxquels je tiens. Je suis perdue, sinon. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Tom est arrivé. Il s’assied parmi nous avec ses airs blasés. Julie le prend gentiment à partie : « Ah Tom ! Tu ne sais pas la chance que tu as. Moi, je ferais n’importe quoi pour revenir en arrière, retrouver la vie qu’on avait à Kingwood. En fait, peu importe si c’est à <span> </span>Kingwood, à Delhi ou ailleurs. Simplement être avec vous, vivre toutes les petites choses toutes simples, comme manger ensemble, par exemple. » </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Tom grogne : « Moi, c’est l’inverse, je déteste manger ensemble. J’ai pas envie de rester à table quand j’ai fini ». </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie : « Mais c’est génial de partager tes moments de la journée, tes impressions, tout quoi ! »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Tom : « J’ai rien à partager. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie : « Tu dis ça, mais tu verras, après tu le regretteras. Moi, j’adorais mes copines à l’école à Kingwood, et la vie là-bas, mais c’est la seule chose que je n’arrivais pas à comprendre chez elles : tout le monde mangeait séparément, il n’y avait pas vraiment de repas de famille ; c’est triste, je trouve ». </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Elle regarde Tom, puis fait mine de le gronder. « Dis, tu vas travailler un peu plus, hein, j’espère ! Parce que tu vas rentrer en High School, et à partir de maintenant tout compte. Pour Vatel et les 4 universités où j’avais envoyé ma candidature, j’ai dû à chaque fois donner mes transcripts depuis la 9<sup>ème</sup> année. Tout compte, tu comprends. Tu ne peux plus manquer de tests ou oublier de rentrer des devoirs. Tu entends ? » Elle a coincé le visage de son frère entre ses deux mains pour l’obliger à la regarder. Il se dégage et s’en sort d’une pirouette sarcastique : «  T’inquiète pas, Ju, je vais soudoyer les profs »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie : « T’es vraiment trop bête ! En plus, quand je vois l’école que tu as, c’est trop génial, avec toutes les activités qu’ils proposent.<span>  </span>Cela me rappelle SCIS à Shanghai, mais c’est encore mieux. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Tom : « C’est nul, les activités ! Moi, je ne veux pas rester dans cette école une minute de plus après que les cours se terminent. »</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie. « Ah, t’es têtu, hein. Le vrai fils de Jean-Pierre Muller ! De toute façon, je serai là les deux premiers mois, et je te ferai travailler moi ! » </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Tom : « T&#8217;inquiète pas, j’ai décidé de faire un PHD. Donc, j’ai intérêt à m’y mettre. Mais j’hésite entre la création de jeux vidéo et l’herptéologie. En tous cas, va falloir que je bosse ». Soupir ! </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Je suis resté silencieux pendant tout ce dialogue, ravi que Julie prenne un peu le relais pour sermonner son nigaud de frère, si doué, mais si nonchalant et paresseux en même temps … Soudain, comme s’il avait deviné mes pensées, il me sourit, me regarde droit dans les yeux avec son air frondeur, et me demande ce que je fais avec son accent américain « ebonix » (celui des noirs américains) : « Dad, wat u doin’ ? ». Il ne lui manque que la casquette de base ball retournée et les pantalons baggy … Vingt ou trente kilos aussi, car il est un peu fluet. Pourtant, je le trouve beau. Et j’adore son humour. Dommage que je ne comprenne pas toutes ses feintes, je m’y perds souvent dans son charabia américain branché … A quatorze ans, il est à l’âge où l’on s’affirme. Il lui reste encore des petits bouts d’enfance, qui reprennent le dessus certains jours, comme durant ces vacances d’été, mais déjà l’ado rebelle a tendance à prendre le dessus. Il est comme un serpent en train de changer de peau. Est-ce que l’on peut conserver l’affection de son fils dans ces moments là, est-ce que l’on peut rester son idole ? Pour le moment, ça va encore. Je suis encore &#8220;son pote&#8221;, son copain de jeu, sa référence même dans beaucoup de cas. Mais parfois son humeur bascule et alors là, moi aussi je bascule, du piédestal sur lequel il m’a placé, et je me retrouve dans la peau du père, de l’autorité honnie, du rival. Ou pire, la honte ! Celui avec qui on ne veut pas s’afficher. Je savais que ce moment viendrait. C’est normal, je ne me formalise pas. En plus, il me le dit avec sa gentillesse à lui, façon Tom, quand je lui propose de le conduire à l’école le premier jour d‘école : « P’pa, j’aimerais bien que tu viennes avec, mais pour les copains, ce serait trop la honte &#8220;le p’tit qui vient avec son père&#8221;, tu comprends ? » </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">« Bien sûr, que je comprends, sonny boy … » </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Mais j’’ai dû lui répondre avec un brin de tristesse dans la voix, car le voilà soudain qui me prend dans ses bras, m’étreint et me console avec de grandes tapes dans le dos. « Oh Daddy-oh, huggy-huggy ! ». </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-family:Arial;"><span style="font-size:small;">Julie observe la scène d’un air amusé. Aussitôt après, elle se replonge dans ses timbres. Un grand sourire éclaire son visage. Je crois qu’elle est heureuse.</span></span></p>
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			<media:title type="html">Jean-Pierre Muller</media:title>
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		<title>Une larme sur la joue du temps</title>
		<link>http://houstonbayous.wordpress.com/2008/08/10/agra-taj-mahal/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 Aug 2008 07:16:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
				<category><![CDATA[La tribune de Delhi]]></category>
		<category><![CDATA[Agra]]></category>
		<category><![CDATA[Taj mahal]]></category>

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		<description><![CDATA[Je restais silencieux, assis à l’avant de la voiture, à côté du chauffeur, perdu dans mes pensées. Je me régalais d’avance du bonheur qui nous attendait au bout des trois heures de route qui séparaient Delhi d’Agra : au bout, il y avait le Taj Mahal, la huitième merveille du monde, le mausolée le plus célèbre [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=371&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/08/302.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-378" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/08/302.jpg?w=200&#038;h=300" alt="" width="200" height="300" /></a>Je restais silencieux, assis à l’avant de la voiture, à côté du chauffeur, perdu dans mes pensées. Je me régalais d’avance du bonheur qui nous attendait au bout des trois heures de route qui séparaient Delhi d’Agra : au bout, il y avait le Taj Mahal, la huitième merveille du monde, le mausolée le plus célèbre de notre bonne vieille terre. Mon guide touristique fourmillait de détails et de statistiques les plus incroyables sur cette construction phénoménale : les travaux avaient duré pendant<span>  </span>22 ans et il avait fallu pas moins de 20.000 ouvriers et maîtres artisans venus de Perse, de l’Empire Ottoman et même d’Europe pour le réaliser. Deux mille tonnes de marbre blanc transportés à dos d’éléphants et 465 kilos d’or pur avaient été nécessaires à sa construction …<span id="more-371"></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et je connaissais déjà par cœur l’histoire de la jolie vendeuse de soie sur les petits marchés de Delhi, <strong>Mumtaz Mahal</strong>, dont était tombé follement amoureux le prince Moghol <strong>Shah Jehan</strong>, et qui était morte en couche alors qu’elle accompagnait son fougueux mari, devenu empereur, jusque sur le champ de bataille. Drôle d’idée quand même, quand on est enceinte… J’imagine qu’elle avait dû se dire que pour le quatorzième enfant, cela glisserait tout seul, que ce serait du gâteau ! Mais voilà, le quatorzième fut celui de trop … Et l’empereur, fou de tristesse, qui lui avait bâti cette tombe si parfaite, si magistrale, si extravagante qu’on la dirait sortie tout droit d’un conte des milles et une nuits, un véritable joyau d’architecture moghole, incrusté dans un écrin de verdure, un jardin paysager aux larges allées agrémentées de multiples étangs, inspiré des fameux jardins d’éden, les jardins du paradis. La belle Mumtaz<span>  </span>avait eu juste le temps de lui arracher quatre promesses avant de pousser son dernier soupir : que son mari lui construise une sépulture digne de sa beauté, qu’il prenne soin de leur nombreuse progéniture, qu’il ne se remarie pas et qu’il se rende sur sa tombe chaque année le jour anniversaire de sa mort. On peut dire qu’il avait tenu parole pour la première promesse. Vous parlez d’une sépulture ! Pour le reste, je n’en sais trop rien, mon guide se contentait en effet de raconter que leur dernier fils Aurangzeb, celui-là même par lequel le drame était arrivé, n’avait même pas attendu l’âge de sa majorité pour renverser son père, s’emparer du pouvoir et l’enfermer dans les geôles du Fort d’Agra, avec vue imprenable sur le Taj Mahal. Voilà ce qu’on appelle de l’ingratitude. C’est à vous dégoutter de faire des mômes … Toujours est-il que le pauvre Shah Jehan était mort comme un gueux dans sa prison, et que c’était râpé pour aller fleurir la tombe de la belle Mumtaz …</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Voilà donc les pensées qui m’habitaient à ce moment. A l’arrière de la voiture, Julie était intarissable. Nous l’avions retrouvée pour quelques jours, le temps des vacances de noël, et elle était pareille à elle-même, volubile, gaie, enjouée et bavarde … Je ne l’écoutais que d’une oreille discourir avec Catherine. De temps en temps, je m’arrachais à ma rêverie pour reconnecter à ses histoires. Tout à l’arrière du minivan, Tom et Luna se livraient à leur occupation favorite : se chamailler comme chiens et chats. Bref, tout était normal, tout allait bien.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Il était finalement passé seize heures quand nous étions arrivés sur place. L’inde est un pays surpeuplé où toutes les tâches sont compartimentées, où tout est prétexte à donner du travail aux nécessiteux. Ainsi, les aires de stationnement étaient-elles situées très loin du site, ce qui obligeait les visiteurs soit à marcher une bonne heure pour y parvenir, soit à recourir aux innombrables petits moyens de transport proposés à prix d’or : cyclopousses, scooters, chars à bœufs ou à chevaux et j&#8217;en passe. Nous avions opté pour le moyen le plus majestueux, le seul, selon nous, digne de la majesté de l’endroit : le chameau. Et c’était donc au rythme chaloupé d’une carriole bariolée, trainée langoureusement par l’un de ses bestiaux dolents que nous étions arrivés devant l’entrée du site. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et là, une succession de désillusions nous attendaient. Premièrement, la huitième merveille du monde était logée dans un environnement sordide. Le sol constitué de sable gras était encombrés de détritus en tous genres. Pas un brin d’herbe en vue, mais bien une enfilade de boutiques de souvenirs aux allures de bunkers avec leurs murs de ciment nu et leurs toits de plastique ou de tôle ondulée. Plus loin, on apercevait des taudis devant lesquels des gens en haillon ou à moitié nus étaient affalés sur des charpois (lits de cordes tressées). L’endroit baignait dans une poussière accablante et une odeur nauséabonde, composée d’un mélange de gaz d’échappements, de détritus, d’effluves de bois de santal et de bouse de vaches calcinée, de transpiration humaine et d’urine. Deuxièmement : le prix d’entrée était exorbitant : 25 roupies pour les Indiens mais 25 dollars pour les touristes étrangers, à payer en roupies, s’il vous plait, mais à un taux de change calculé sur celui de l’Euro, c’est à dire à multiplier par soixante. Troisièmement, les files étaient interminables. Pas celles pour acheter les tickets, mais bien celles pour passer les portiques de sécurité. Dans un premier temps, nous avions cru jouer au plus fin, car il y avait deux files : une courte et une longue. Evidemment, nous nous étions placés dans la courte. Mais il n’avait pas fallu longtemps pour nous rendre compte qu’il y avait un problème. Personne n’avait rien dit, mais tout le monde nous regardait de travers. Et c’était Catherine qui avait pigé la première : on était dans la file des femmes … Et oui, la mixité n’est pas encore très répandue en Inde, tout y est séparé, même les files d’attente. En maugréant, Tom et moi avions donc dû rebrousser chemin, loin, loin, loin à la queue des hommes (si j’ose dire). Et quatrièmement, au moment de passer enfin sous le portique de sécurité et de se faire palper vigoureusement les couilles par un gros moustachu en uniforme, on m’avait énergiquement prié d’aller déposer mon sac à la consigne, y compris mon guide touristique, ce qui nous avait privé du moment que nous apprécions le plus en vacances : lorsqu’au milieu d’un site touristique nous nous asseyons autour de Catherine qui nous lit les petites anecdotes de l’endroit. Comme si un guide « Lonely Planet » pouvait receler une bombe ? Mais, après coup je me suis dit que cela aussi participait sans doute à l’effort mis en place par l’Inde pour donner du boulot à sa population, car sur le site officient des centaines de guides improvisés, plus ou moins bien documentés …</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Enfin bref, mon moral était bien bas quand Tom et moi avions enfin pu rejoindre les filles qui poireautaient depuis belle lurette. Et pourtant le pire était encore à venir. Le pire, c’était quand nous avions traversé la cours de grès rouge et franchi le portail qui marque la véritable entrée du site et qu’on avait enfin aperçu le Taj Mahal. Ou plutôt, je devrais dire qu’on avait deviné le Taj Mahal, tout là-bas au bout des jardins, derrière un écran constitué par la foule, la cohue, la marée humaine qui nous en barrait l’accès…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-indent:-36pt;text-align:justify;margin:0 0 0 36pt;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/08/31-bis2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-380" src="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/08/31-bis2.jpg?w=200&#038;h=300" alt="" width="200" height="300" /></a>Mais on n’était pas venus jusque là pour se laisser abattre par l’adversité. A force de pousser, jouer des coudes, bousculer, donner des coups de genoux et écraser moult doigts de pieds, nous étions finalement parvenus à nous placer nous aussi dans l’axe du Taj Mahal, quelques secondes à peine, avant d’être délogés à notre tour, juste le temps d’immortaliser l’instant dans notre petit boite kodak, ce qui nous vaut la magnifique photo ci-contre qui illustre tout notre bonheur du moment. Vous noterez sur cette photo combien je respire la béatitude et la félicité, comme j’étais resté zen, tout imprégné jusqu’au plus profond de moi-même de la spiritualité si caractéristique de l’Inde.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Ensuite, comme le site allait fermer dans moins d’une heure, nous avions traversé les jardins et enjambé les petits ponts au-dessus des fontaines au pas de charge, tout en repoussant vaillamment les assauts des nombreux guides touristiques qui fondaient sur nous comme des mouches sur un caca bien frais. Notre course contre la montre pour atteindre le mausolée avant la fermeture n’avait pas freiné l’ardeur d’un jeune Indien qui avait eu le coup de foudre pour Julie et, tout en trottinant à ses côtés, lui avait déclaré sa flamme, que je pourrais résumer en ces termes : elle était la plus belle fille qu’il avait jamais vue et est-ce qu’elle ne voudrait pas l’épouser, s’il vous plait ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Julie l’avait éconduit avec le tact qu’on lui connaît et, sur ses entrefaites, nous étions arrivés au pied du saint des saints, le mausolée avec sa rotonde centrale flanqué de ses quatre minarets de 40 mètres de hauteur. Et quand je dis au pied, c’était le cas de le dire. Car l’accès au dôme central se faisait par une esplanade. Pour y arriver, il fallait tout d’abord se déchausser. Et là, je sais que vous ne me croirez pas, mais pourtant c’est vrai : bien que nous fussions en plein air et que l’endroit était ventilé par une brise légère, cela empestait l’odeur de pied. Une véritable infection. C’est bête à dire, mais quand on voit les photos idylliques du Taj Mahal, on fait rarement une association avec les odeurs de pied. Moi, si, depuis ce jour-là. <span> </span>Et Julie était très inquiète de devoir abandonner ses <em>Converse</em> à la populace et menaçait de ne pas nous accompagner jusqu’au dôme. On avait finalement trouvé une solution au problème grâce à de petits sacs de plastique bleu avec lesquelles elle avait emballé ses chaussures, ce qui lui avait permis de les conserver aux pieds. <span> </span>Autre problème : pour accéder à l’esplanade, il n’y avait qu’un seul accès, par un petit escalier très étroit et une nouvelle file interminable s’y pressait. Ras-le bol des files ! On avait donc suivi un groupe de petits futés qui tentaient de monter par l’escalier que les gens empruntaient pour redescendre, provoquant ainsi une mini-émeute, et là je dois dire que je ne suis pas fier de moi. Nous étions en train de foutre le bordel, si vous me permettez l’expression. Car l’escalier était étroit comme tout, les marches de marbre étaient glissantes comme si on les avait enduites de savonnette, surtout pour ceux qui étaient en chaussettes. Et quand on était arrivés au sommet des marches, luttant à contre courant, un monstrueux policier en uniforme nous attendait, vociférant des insultes en hindi que je préfère ne pas reproduire ici. Son long bâton était levé, menaçant à tout moment de s’abattre sur nos têtes, et finalement je ne sais s&#8217;il ne l’avait pas abattu sur nous par égard pour la couleur persil de notre peau (il subsiste incontestablement une certaine appréhension de molester des Blancs en Inde) où si c’était uniquement pour ne pas déclencher le mouvement de panique qui couvait.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Bref, on était enfin arrivé devant le dôme, véritable cœur du mausolée. Mais pour y pénétrer, pour accéder à la salle centrale où reposent les cercueils des amants éternels, il fallait encore se taper une nouvelle file interminable et là, de commun accord, nous avions renoncé. D’ailleurs, la majesté de l’endroit suffisait à notre bonheur. Le soleil était déjà très bas et le crépuscule donnait au dôme des reflets rosâtres. De l’esplanade, la vue des jardins était splendide, et celle de la foule bariolée et criarde était à couper le souffle. A l’arrière de l’esplanade, la vue sur le fort d’Agra au soleil couchant, au delà de la rivière Yamuna, était enivrante elle-aussi. Et face à nous, le dôme s’offrait dans toute sa splendeur. Nous pouvions à loisir admirer les milliers d’incrustations de pierres précieuses et semi précieuses, des turquoises, des améthystes et bien d’autres dont j’ignore le nom, qui ornaient les parois de marbre, de même que les bas reliefs aux motifs floraux et les innombrables arches sculptées dans le marbre aussi finement que des dentelles de Bruges, symbolisant le voile qui couvre le visage des femmes musulmanes. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">En quelques minutes, notre humeur avait changé du tout au tout, comme si un voile mystérieux et invisible nous avait soudain enveloppés. Le Taj Mahal nous avait emprisonnés de son étreinte magique et ensorcelante. Le monument à l’amour éternel, que le poète indien Tagore décrivit comme « une larme sur la joue du temps » nous avait enfin conquis … </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et c’est finalement à regret que nous le quittâmes, à la nuit tombante, le cœur léger et l’esprit serein, comme habités des esprits de Shah Jehan et de Mumtaz Mahal. <img src='http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </span></p>
<p> </p>
<blockquote><p>Pour visualiser toutes nos photos du Taj Mahal, cliquez sur la photo ci-dessous, puis sur l&#8217;onglet &#8220;Agra Taj mahal set&#8221;</p></blockquote>
<div class="flickr-frame"><a title="photo sharing" href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/2170663861/"><img class="flickr-photo" src="http://farm3.static.flickr.com/2076/2170663861_735118f042.jpg" alt="" /></a></div>
<p><span class="flickr-caption"><a href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/2170663861/">Agra Taj Mahal</a>, originally uploaded by <a href="http://www.flickr.com/people/jpmuller/">Jean-Pierre Muller</a>.</span></p>
<p class="flickr-yourcomment"> </p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/houstonbayous.wordpress.com/371/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/houstonbayous.wordpress.com/371/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/houstonbayous.wordpress.com/371/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/houstonbayous.wordpress.com/371/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/houstonbayous.wordpress.com/371/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/houstonbayous.wordpress.com/371/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/houstonbayous.wordpress.com/371/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/houstonbayous.wordpress.com/371/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/houstonbayous.wordpress.com/371/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/houstonbayous.wordpress.com/371/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/houstonbayous.wordpress.com/371/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/houstonbayous.wordpress.com/371/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=houstonbayous.wordpress.com&blog=189801&post=371&subd=houstonbayous&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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